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a study in wheelchair (fallon) :: Mer 28 Fév 2018 - 15:34


Grosse merde n°47 sur 568345 d’un appartement pas adapté au fauteuil roulant : les placards. Non vraiment. C’est super chiant. Encore, ceux qui sont assez bas, non, eux, ça peut aller, je les avais pas vraiment en ligne de mire. Moi, ceux dont je parle, ce sont ceux étant “à taille humaine”. Ceux censés se trouver juste devant ta tronche ou un tout petit peu plus haut quand t’es un adulte de taille à peu près normale et que tu te poses pas tellement de questions et te contente d’ouvrir le placard, prendre ce que tu veux et le fermer sans trop réfléchir. Ca me manque, ce genre de truc, et ça me fait presque regretter de pas y avoir plus profité tant que je le pouvais. Un peu de la même manière que quand t’es enrhumé et que tu regrettes de pas avoir plus respiré quand tu le pouvais. C’est totalement con quand on y pense, parce que comme on ne va pas tellement respirer plus que… que nécessaire, quand t’as aucun problème dans ta vie, y’a aucun moyen en tant que grande personne saine d’esprit de… Soudainement apprécier ouvrir et fermer un placard. Je veux dire… c’est juste un placard. Seulement, même ça, quand t’es en fauteuil, ça devient une épreuve. Une épreuve vraiment barbante parce que ça rentre trop dans les choses censées ne pas te faire poser de questions. Du coup, combien de fois, il m’est arrivé d’entrer dans une pièce un peu au pif, me diriger vers un placard et puis ne réaliser le piège dans lequel je me suis fourré qu’au dernier moment, quand je fais face à un Himalaya pas tellement prévu au plein milieu de mon appart. C’est vraiment énervant parce que je suis du coup toujours obligé de rebrousser chemin jusqu’à trouver où se cache ma canne, la prendre, retourner dans la pièce en question et faire l’effort de me lever avec la canne, tout ça pour attraper simplement un putain de cookie ou autre pièce de vaisselle ou je ne sais quoi. Et a chaque fois, je me dis la même chose : putain, Nick. Achète une canne par pièce. Ca sera moins chiant. Et a chaque fois, je me note ça quelque part dans mon esprit pour au final n’y repenser que lorsque je me retrouve de nouveau face au même problème, encore et encore, comme un super cercle vicieux qui ne compte apparemment me suivre jusqu’aux tréfonds des enfers. Non parce que bordel, déjà que c’est super fatiguant d’être en fauteuil et de toujours se porter par les bras pour avancer, si en plus il faut en plus que je me lève à chaque fois que je veux attraper un truc, alors qu’en plus d’être éreintant, ça, c’est aussi bien douloureux… Bonjour le joli quotidien de merde ! Ca me ferait presque envie de rechercher un ou un coloc, mais de deux choses l’une : pauvre personne qui n’a certainement pas envie de signer pour s’occuper d’un éclopé grincheux, de deux, je serais un éclopé grincheux parce que j’ai pas non plus envie de dépendre de quelqu’un pour vivre ! Aaaaah, que de dilemmes que de dilemmes, et des biens pourris, en plus de ça. Enfin bon, moi, avec tout ça, j’me retrouve de nouveau face à une montagne parce que j’ai encore oublié que j’allais pas pouvoir atteindre ce merveilleux placard en rentrant dans ma cuisine, et je venais tout juste de lâcher un sublime soupir exprimant toute mon allégresse face à la situation lorsqu’on a toqué à la porte. Ah bah tiens. Qu’est-ce qu’on peut bien me vouloir. Je fais demi-tour jusqu’à la porte d’entrée, et puis que le judas est également quelque chose d'inaccessible - grosse merde N°162 sur 568345 - je suis bien obligé d’ouvrir directement, et sans chaîne de sécurité puisque ça non plus ça me sert un peu à rien maintenant - n°163 sur 568435 -. Du coup, j’ouvre la porte, et je me retrouve face - enfin, en levant la tête, hein - à une femme dont le visage m’est un peu beaucoup familier. « Bonjour... » Je la dévisage une petite seconde, intrigué, avant que d’un seul coup, je la remette en place dans mon esprit « Ah, vous êtes... » je l’avais rencontrée une fois, il y a dans les dix ans, à la maison familiale alors qu’elle travaillait avec mon père sur je ne sais quelle enquête. J’avais été à l’époque super excité de cette rencontre parce qu’encore à l’école de police, découvrant tout cet univers avec un certain émerveillement. Dix ans, quand même. Mais je n’ai eu le temps de me demander ce qu’elle pouvait bien faire là, au pas de ma porte, qu’une seule petite seconde, avant que la réalité vienne me frapper d’un seul coup : elle était là pour mon père, évidemment. Pris d’un très léger ricanement jaune, acerbe, je murmure plus pour moi-même que pour elle un petit « oui, évidemment » les yeux un peu dans le vague. Il fallait m’en douter. Mon père avait été le big boss de la police pendant plus de 30 ans, évidemment, que ceux qui allaient s’occuper de toute cette affaire allaient être de ses connaissances, voire même de ses amis. Autrement dit, des personnes en qui je ne peux avoir confiance, même si elles m’avaient semblées sympathiques dix ans auparavant. Après tout, qu’est-ce qu’il me dit qu’elle n’est pas ripoux, elle non plus ? « entrez, je vous en prie » je lâche dans un soupir un peu las, sans chercher à cacher ma certaine lassitude. Je nous pousse, ma chaise et moi, pour la laisser passer avant de fermer la porte en la poussant jusqu’à ce qu’elle claque. La regardant pénétrer dans mon appart, je ne peux retenir un petit sourire caustique en la voyant observer le désordre autour d’elle : tonnes de livres, documents, cartons de papiers débordaient de part et d’autre de l’appart qui aurait pu sérieusement rivaliser avec un sous-sol d’archives à l’abandon. « ouais, c’est le bordel, vous m’excuserez de pas m’en excuser. En toute honnêteté, même si j’avais su que vous alliez passer, j’suis pas sûr que j’aurais ne serait-ce qu’envisager de ranger un peu. » j’ai toujours été bordélique, alors c’est certainement pas maintenant que j’suis coincé dans cette chaise que je vais me mettre au rangement. C’est pas comme si l’appart était sale ou dégueu. Il est juste mal rangé. « et puis de toute façon, vous allez survivre, non ? » Ah ça, le p’tit gamin surexcité, plein de joie de vivre et heureux de te voir, il est loin, hein ?
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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Mer 14 Mar 2018 - 22:36


Elle avait eu du mal à quitter l'appartement. Comme une mère ayant du mal à laisser son enfant à une nourrice. C'était presque pareil. Toujours chargée de la protection de la petite princesse d'un pays indien, Fallon craignait toujours pour sa sécurité. Et elle savait qu'elle avait raison, même si Ayati pensait et gueulait le contraire. Comme un oeuf, Fallon la couvait. Elle avait toutes les raisons de le faire, elle n'était pas en tord, parce qu'elle savait de sources sûres qu'elle était recherché. Du coup, sous le regard assassin de la princesse, elle l'avait confié à un autre agent du groupe, quelqu'un en qui elle avait confiance, afin de mener à un bien cette nouvelle mission. Celle-ci n'était que secondaire par rapport à celle qu'elle faisait, mais tout aussi importante. Une histoire de corruption, une histoire de drogue, de morts et de faux-coupables. Une histoire bien intrigante. Une histoire digne d'un film ou une série à succès, celle qui aujourd'hui excitée la population de Cambridge. En tant que grande absente du pays pendant, on lui avait présenté la recherche comme étant la sienne. Elle était la meilleure pour éclaircir tout ça, bien loin de la corruption. Il allait falloir démêler le vrai du faux. Une mission bien difficile dans ce genre de monde... Trois mouvements du poing contre la porte, elle avait patienté ensuite, le regard vers le judas. Elle se méfiait toujours de ces merdes, pouvant comporter bien des choses dangereuses, viseurs ou bien d'autres armes dangereuses. Mais elle n'avait pas à s'inquiéter, n'est-ce pas ? Si ? Après tout, la Rosenwald ne savait pas encore réellement s'il l'avait fait ou pas. Inventer toute cette histoire juste pour tuer son père. Ou quelque chose comme ça. Alors que la porte s'ouvrait, elle s'était -elle, attendu à voir apparaître l'homme blond à bouclettes face à elle. Enfin, au niveau de sa tête quoi. Et ne pas à avoir à baisser la tête. Merde, il était encore en fauteuil celui-là ? C'était pas marqué dans le dossier. Un moment, ils se dévisagent puis elle finit par sortir sa plaque. "Agent Rosenwald." Fit-elle pour terminer sa phrase en faisant un mouvement de la tête comme pour confirmer ce qu'il pensait. Oui, ils s'étaient déjà rencontrés par le passé. Alors qu'elle venait de réellement débuter dans le service. Alors que lui était autant novice dans le sien, encore à l'école à priori, si elle se souvenait bien de ce qu'avait dit le défunt homme. Elle le détaille alors que son regard à lui partit légèrement dans le vague. L'homme avait changé, le temps avait transformé ses traits, les masculisants. Mais ceux si paraissaient bien fatigués, sans aucun doute lié à l'histoire du moment. Elle rangeait sa carte dans la poche arrière de son pantalon alors qu'elle passait l'encadrement de sa porte lorsqu'il l'eut invité dans un soupir lasse. Evidemment, elle l'entend, évidemment, elle l'analyse alors que ses yeux à elle découvre l'état de l'appartement. Littéralement sans dessus-dessous. L'homme parla dans son dos et un sourire naquit sur les lèvres de la jeune femme face à ton de l'homme. Pas désolé pour deux sous, un brin bien honnête, elle reconnaissait bien là celui qu'elle avait croisé dans le salon du père. "Ah oui, on ne vous a pas prévenu ? " Fit-elle le regard toujours sur le désordre, analysant déjà les choses et réajustant en même temps ses dossiers qu'elle tenait contre elle. "C'est normal, j'aime surprendre les gens." Continua-t-elle en poussant du pied un tas de livres à ses pieds pour circuler librement. Elle tourna finalement son visage vers l'homme sarcastique en fauteuil. "J'ai vu bien pire." Commenta-t-elle dans sa direction avant de s'avancer vers le canapé encombré qu'elle débarrassa légèrement avant de poser ses fesses, sans attendre l'invitation du Hamilton. "Vous en avez encore pour combien de temps ? " Question demandait sans un regard vers lui alors qu'elle évoquait sa condition et qu'elle écartait maintenant les encombrants de la table basse pour pouvoir s'installer à ses aises. Elle envoyait valser deux trois trucs à terre.

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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Dim 18 Mar 2018 - 1:18


Bien sur, je savais que tout ces interrogatoires, toute cette enquête allait bien finir par me tomber dessus. Après tout, ne suis-je pas le principal suspect dans tout ce grand pataquès ? Du coup, en soit, ouais, nan, c’est pas tellement une surprise, mais… bon, déjà, ça l’est quand même un peu parce qu’elle débarque un peu chez moi comme ça, sans prévenir, mais surtout, bah… si c’est pas la première fois que je me retrouve dans ce genre de situation… me retrouver de l’autre côté du miroir, en ça c’est une grande première. D’ordinaire, c’est moi, qui pose les questions, moi qui prend les décisions. En ça, dès que j’ai su qu’il allait y avoir une enquête sur mon cas, j’ai sû que ça me ferait chier. Bien sûr, je comprends la démarche et je me rend bien compte que c’est la chose la plus juste à faire vu comment, bonne intentions ou non, j’ai tout de même vachement merdé et bien mérité d’être là où je suis actuellement. Mais ça n’empêche en rien le fait que c’est vraiment très honnêtement bien soulant d’être au plein coeur d’un tel bordel. D’autant plus que moi, aujourd’hui, j’avais quand même prévu une p’tite journée pépère. Après tout, c’est à peine si je rentre de la rééduc, j’suis crevé, déprimé parce qu’encore une fois, j’me suis bien cassé la gueule une  bonne dizaine de fois, et comme il fait un temps de merde dehors, c’était pour moi l’excuse parfaite pour juste troquer le fauteuil roulant inconfortable contre bon bon vieux canap’ et voguer des livres à la télé, le tout en bouffant comme un gros sac. Ouaip. P’tite journée bien cool en perspective, et voilà que d’un coup d’un seul paf, tiens donc que j’te balance en pleine gueule l'enquête qui est en train d’être mené sur ta tronche, c’est gratuit ça fait plaisir. En plus bordel, le fait que ça soit quelqu’un qui, c’est un fait, a bossé avec mon père par le passé, ça a quand même plutôt tendance à me refroidir. J’aurais été plus à l’aise avec quelqu’un qui n’a aucun lien avec la police de Cambridge, il me semble quand même que comme ça, on aurait été bien sûr de l’impartialité du verdict. Non pas qu’elle soit forcément ripoux, mais… j’en sais rien, c’est bien ça me problème, quoi. Du coup, c’est un peu amère que je la laisse entrer chez moi, et bien évidemment je ne me gène absolument pas pour montrer à quel point sa visite me fait plaisir -ah, douce ironie-. Après tout, j’ai toujours été connu pour ma franchise et mon franc-parlé, c’est pas maintenant que ça va changer. Et d’ailleurs, ma franchise et mon franc parlé, ils mettent pas très longtemps à faire surface quand je la vois inspecter le bordel qui règne dans mon appart, lui indiquant concrètement que ça ne me faisait ni chaud ni froid de lui imposer mon désordre. Dos à moi, je l’entends feindre l’innocence et s’étonner du fait que l’on ne m’ait pas prévenu. Bah oui, tiens, t’as raison, c’est pas comme si j’étais du métier, après tout. « comme c’est étonnant, n’est-ce pas ? » je lache dans un léger reniflement cynique. Elle confirme que c’est normal, et qu’elle aime surprendre les gens et tout en la regardant se dépatouiller avec mon foutoir je réponds non sans un petit sourire acide « ouais, bah vous avez eu de la chance. A 30 minutes près, y’aurait eu personne à surprendre. » puisque je rentre à peine de ma rééducation. Ca aurait été vachement con, ça. Pour elle, en tout cas. D’ailleurs, peut-être même que ça lui ait déjà arrivé, de venir toquer à ma porte alors que j’suis pas là et j’le sais même pas. C’est pas comme si j’avais un secrétaire personnelle qui pouvait répertorier tous les passages, après tout. Elle affirme finalement dans ma direction qu’elle a pu voir bien pire que mon appart et son super rangement, et honnêtement, ça ne m’étonne pas. « ça j’veux bien vous croire » C’est qu’on en voit, de ces perles, parfois. Enfin bon, on arrive finalement au salon - le chemin était pas très long, en même temps - et je la laisse s’installer toute seule comme une grande tandis que pour ma part, je suis allé chercher ma canne qui traînait sur une étagère. Et tandis que je reviens, canne calée sur les genoux, elle me demande pour combien de temps j’suis condamné au fauteuil et moi, je hausse les épaules, à la fois las et désinvolte « Dix semaines, dix mois, dix ans… y’a pas tellement de date. Tout ce que qu’on a bien voulu me dire, c’est que ça se fera pas en trois jours. Je suppose que tout dépend de moi, de la rééduc. » Autrement dit, j’suis pas dans la merde, vu comment j’ai sans cesse l’impression de stagner. Enfin bon. Je cale ma chaise roulante à côté de mon gros fauteuil, enclenche les freins histoire d’être sûr de pas me péter la tronche, et à l’aide de la canne, je parviens assez difficilement à déménager mes fesses d’une assise à l’autre, ne pouvant retenir un soupire d’aise lorsque j’arrive à destination. Nan parce que j’vous jure, les fauteuils roulant, y’a pas que métaphoriquement que ça fait mal au cul ! Enfin bon, quoi qu’il en soit, je pose mon regard sur elle, sans sourciller une seconde, silencieux. Je la scrute, comme si de cette manière, j’allais pouvoir réussir à déterminer si elle faisait partie du réseau du paternel ou non. Chose ne marchant absolument pas, bien évidemment. Du coup, comme à ma petite habitude, je préfère jouer la carte du “rentre dedans”, tout en prenant bien soin d’analyser la moindre de ses réactions. Méthode beaucoup plus efficace à mon sens. « Vous avez bossé avec lui. Avec mon père. Alors pourquoi vous ? Pourquoi ne pas avoir mis quelqu’un de totalement étranger pour cette affaire ? Ca aurait pourtant été la chose la plus logique à faire. » ou bien vivrais-je encore sur l’île aux enfants, de m’imaginer que lorsqu’on enquête sur une affaire, il nous incombe de n’avoir aucun lien de près ou de loin avec ses principaux protagoniste ? Ou bien peut-être cela allait-il couter trop cher à la ville de Cambridge de faire venir des agents d’autres provinces. « Parce que sauf votre respect, là, j’ai rien qui me prouve que vous ne soyez pas un membre de son p’tit clan venu venger son boss. » Alors ouais, j’suis p’t’être trop méfiant, mais quand tu découvre que la personne en qui tu avais le plus confiance dans ce monde était en fait un pourris, bah, bizarrement, après, t’as du mal à voir le bien de partout. Je fais de mon mieux d’ailleurs pour ne pas laisser transparaître à quel point j’suis blessé par cette affaire, au cas où mes doutes sont fondés, mais putain, comme à chaque fois que je repense à cette trahison, c’est assez dur. « mais tout comme rien ne prouve à vos yeux que ma version des faits est la bonne, dans le cas où vous êtes clean, j’imagine » je laisse échapper, désabusé, dans un soupire, tout en laissant tomber mon dos contre l’assise du fauteuil. Dire que je suis d’ores et déjà fatigué par ce qui n’a même pas encore réellement commencé. Un super moment en perspective, en somme.


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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Mer 28 Mar 2018 - 23:55


Tu pénètres dans l'antre de l'homme autant détesté qu'aimer. Traite aux yeux de nombreux compères de son défaut père, tu savais que discrètement, le renseignement le surveillait. Non pas contre lui mais pour lui. Le renseignement avait pas envie de perdre l'homme en question. Qu'il mente ou pas. Tu savais pas trop le positionnement du renseignement en fin de compte. Tu savais pas le Hamilton était un souci pour eux. Dans ce monde de corrompu, tu ne serais surprise de rien. Mais ton oncle étant l'une des têtes du groupe, tu le saurais si le blondinet frisé était sur la touche, non ? Et d'un autre côté, l'homme était aimé, vu comme un héros, celui qui avait ouvert une brèche dans la lutte contre la corruption. Il était vu comme un héros qui bravait même son propre père. Sur ce, tu ne savais pas encore de quel côté de placer. C'était surtout parce que tu venais d'arriver. Mais bien plus encore, parce que c'était pas dans tes habitudes de te ranger d'un côté sans avoir étudié l'affaire. T'étais plutôt suspicieuse, à cause de ton côté plutôt solitaire et débrouillarde. Le Hamilton ne t'avait pas laissé une mauvaise impression à l'époque. Et habituellement, t'étais plutôt forte pour comprendre l'autre rapidement, tant t'aimer étudier le comportement d'en face. Voilà pourquoi tu ne peux t'empêcher de détailler son appartement du regard, tant le gros bordel te sautait à l'oeil. Mais c'était pas réellement ça que tu regardais. C'était plutôt les indices, les signes de personnalité de l'éclopé derrière toi. Et tu te mets à sourire de ton sourire énigmatique quand tu l'entends avec sa douce ironie. "Oh, je ne serais pas venue trente minutes plus tôt." Lui réponds-tu, le laissant parfaitement comprendre que d'une certaine manière elle connaissait bien ses faits et gestes. Ou enfin, qu'il comprenne ce qu'il voulait. Tu savais pas s'il était fute-fute après tout. Enfin bon, pour démanteler un réseau, fallait avoir un peu de jugeote non ? Tu t'installes sur son fauteuil, ne te gênant pas pour dégager ses petites affaires sans aucune douceur. Quelques trucs tombent à terre. Tu l'observais avec sa canne de canard boiteux revenir vers toi, tu ne peux pas t'empêcher de lui demander pour combien de temps il en a encore. Tu sens comme une fatalité dans sa réponse et bizarrement tu t'en sens désoler pour lui. Pauvre biquet. Tu as dû mal à t'imaginer à sa place. "Visez les trois jours alors." Tu lui réponds avec sincérité. C'est une façon de parler, bien entendu. Juste un truc qui renvoi à sa façon de penser. Toujours persévéré. Toujours faire en sorte d'obtenir les choses le plus rapidement possible. Ne jamais repousser à une éventuelle date antérieure. Mais c'était aussi pour défier ces médecins. L'homme te sort de tes pensées quand il évoque ta collaboration avec son défunt père. Question légitime. Tu avais posé la même à ton oncle. Pourquoi toi ? T'as pas perdu ton sourire et d'ailleurs il s'intensifie quand tu lui réponds, quand tu trouves le sous-entendu derrière ses questions. "Vous pensez que je suis de l'autre côté, n'est-ce pas ?" Ca t'amuses. Ca te réconfortes même qu'il puisse se poser la question. Ton éclopé n'est pas si fou que ça. Ouais, tu l'aimes bien le bordélique. Il est pas trop con, il réfléchit. "A vous de me prouver que votre version des faits est la bonne. Et je suis sûre que fera de bonnes choses. " Tu rétorques alors qu'il se laisse retomber contre le dossier de son fauteuil dans un soupir. T'es bien persuadée de cette perspective. "Vu qu'on va travailler ensemble et que je veux la vérité, je vais te donner la mienne. De pourquoi moi et pas un autre gugusse de perpette les bains. " Tu fais claquer l'élastique de ta chemise en carton après l'avoir attrapé sur la table basse. T'es comme la psy, on t'a dit de prendre des notes au début. "J'ai passé presque vingt ans à plus de 7 000km d'ici, je connais pratiquement rien de ta ville de corrompus. On m'a donné l'enquête parce que t'as buté dans le nid de fourmis. Et j'adore les histoires familiales avec du drama. T'es mon homme. " Même regard, même sourire pour lui, t'as hâte de commencer.

@nicholas hamilton
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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Jeu 29 Mar 2018 - 13:46


Certains auraient très probablement été mal à l’aise de faire rentrer quelqu’un d’aussi important pour sa carrière professionnelle dans un appart en complet bordel, mais… pas moi. Ca va p’t’être sembler bizarre, mais franchement, j’ai jamais trouvé ça honteux ou quoi d’être bordélique. Au poste, mon bureau aussi était un complet foutoir. Ca ne m’empêchait pas pour autant d’être clair et carré dans mes dossiers à rendre, ni dans aucune autre tâche qu’on me demandait… et au moins, comme ça, j’étais sûr que personne allait fouiller dans mes affaires puisque j’étais le seul qui s’y retrouvait. Toutes les demandes passaient directement par moi et ça, ça n’a pas de prix. Et mon bordel personnel, c’est un peu pareil, dans le sens ou sauf exception ou demande vraiment trop précise, je sais que je pourrais te retrouver n’importe quoi en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “ouf”. Bon, maintenant que j’suis plus tellement aussi fonctionnel qu’avant, il faudrait en dire quelques-uns, des “ouf”, avant que j’puisse trouver la chose, mais le principe est le même. Et puis, j’vois pas en quoi des livres et des documents dérangent. En plus, c’est pas tellement ma faute, en plus, j’ai assez de bouquins pour remplir une bibliothèque municipale entière à devoir parquer dans ce 45m². On fait comme on peut ! Enfin bon, je ne retiens pas un petit reniflement ironique quand elle laisse sous-entendre qu’elle savait parfaitement quand venir toquer à ma porte, c’est vrai que c’est pas tellement étonnant, quand on y pense. « j’vois qu’on fait bien son travail... » même si pour le coup, ça me donne un peu la mauvaise impression d’être un vrai papy, si c’est aussi facile de prédire quand est-ce que je suis chez moi et quand est-ce que je ne le suis pas… Meh. Mettons ça sur le compte du handicap. Handicap sur lequel elle ne tarde pas à m’interroger, bien sûr. Je dis “bien sûr” parce que c’est un peu le sujet à questions qui revient le plus pour moi ces derniers temps. Forcément, ça intrigue, ça fait s’interroger, et ça me dérange pas, c’est normal. C’est néanmoins avec un peu de lassitude que je réponds à sa question - sans doute ai-je encore au travers de la gorge toutes les chutes que j’ai pu faire ce matin à l’hôpital - et ne cache pas un petit sourire n’ayant cette fois rien de pince-sans-rire lorsqu’elle me préconise de viser ces trois jours. Je vois parfaitement où est son sous-entendu, vu que c’est exactement le genre de chose que je me suis dit à l’annonce de l’état de ma jambe. « Plutôt les deux » je rajoute avec un brin de malice calme. C’est vrai, après tout. Même si en ce moment ça commence à me porter de plus en plus sur le haricot - merci mon impatience pour ça - faut pas non plus que ça me fasse péter un plomb, histoire de pas oublier l’objectif principal. Mais bon, tout ça mis à part, après m’être plus confortablement installé, et après quelques secondes à tenter de déterminer de quel côté de l’histoire elle est, je finis par en venir à une méthode beaucoup plus parlante pour moi : la questionner franchement. Bien sûr, j’me doute que si elle faut partie du réseau, elle va pas me le dire, mais au moins, avec ses réponses et réaction, j’aurais un peu plus de quoi l’analyser que juste en la regardant sans rien dire. Du coup, je la questionne, et ça a plutôt l’air de l’amuser. Elle suppose, sourire aux lèvres, que je la pense corrompue et je lui réponds tout aussi calmement, en lui rendant son sourire « Oh, mais, je ne pense rien. Du moins, rien pour l’instant. J’envisage, voilà tout. » Ce qui est on ne peut plus vrai, au final. J’suis pas tellement du genre à juger sans connaître. Mais du coup, ça vaut pour les deux sens : je ne la pense pas de leur côté, mais je ne la pense pas non plus du mien… Dans un soupir, j’admets néanmoins que nous nous trouvons, d’une certaine manière, un peu dans la même situation, à devoir juger des faits de l’autre, et j’avoue, sa réponse me décrocherait presque un léger rire jaune. « si je pouvais juste retrouver mon boulot, pour commencer... » enfin, j’dis ça, mais je suis pas naïf pour autant… j’me doute bien qu’après une histoire pareille, y’a de fortes chances que, même réintégré, j’me retrouve dans le collimateur de certains hauts gradés et que je risque fort de passer un bon moment collé à la paperasse… brrr, rien que d’y penser, j’en ai des frissons : véritable cauchemar pour moi qui a toujours été un amoureux du terrain. Mais bon, a un moment donné, faut bien que je bosse… Puis là, elle commence à me parler de sa vérité, qui serait la réponse à ma question sur sa présence actuelle à elle dans mon salon et pas celle d’un autre guignol. Je reste silencieux le temps de son petit silence dramatique, attendant patiemment la suite un sourcil haussé, avant qu’elle ne révèle finalement la chose : elle était bien trop loin des faits pendant bien trop longtemps pour avoir quelque chose à voir la dedans… et adore les drames familiaux. Ben voyons. « c’est plutôt psy, qu’il fallait faire, dans ce cas, pas flic » je laisse échapper dans un reniflement moqueur. Quoi qu’il en soit, j’ai pas eu à réfléchir longtemps sur “où est-ce que ça amène, 7000km”, étant donné que je me suis vite rappelé avoir effectivement entendu parler, il y a quelques années de ça, de l’agent qui aurait envoyé pour protéger la Princesse Ayati. Et je l’ai moi-même constaté il y a quelques mois de ça, Ayati est maintenant ici, à Cambridge, et elle m’avait dit ne pas être venue seule. Du coup, son histoire pourrait effectivement tenir la route. D’autant plus que même sur la touche, ça serait une info facilement vérifiable pour moi, donc pas tellement de raison de mentir de ce côté-là. Après, quant à savoir si d’être si loin lui a effectivement enlevé toute possibilité d’être en contact avec des agents corrompus… est-ce que ça serait chercher la petite bête ? « Mais okay, dans ce cas, allons-y. » de toute manière, c’est la seule façon qu’on a de faire avancer les choses, de là où on est, donc bon. « Comment on procède ? Vous avez des questions, ou j’vous raconte directement comment je m’y suis pris pour me retrouver dans ce pétrin ? » j’en sais rien après tout, de sa manière de fonctionner. Si ça se trouve, elle est déjà allée étudier ma vie au peigne fin auprès de tous mes proches et autres collègues avant de venir me voir. Même si je suppose que si ça avait été le cas, j’en aurais eu vent d’une manière ou d’une autre... « par contre autant que je prévienne tout de suite, ça remonte à assez loin, tout ça, ça va en faire, de la parlotte » ouais, parce que, étonnamment, réapprendre à marcher c’est pas la seule chose qui ne se fasse pas en trois jours. Démanteler des réseaux internes aussi, font partie de la liste. « même si je suppose que vous avez tout votre temps... » et que je suppose qu’elle sait également parfaitement que je n’avais rien sur mon programme d’aujourd’hui...

@Fallon Rosenwald
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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Jeu 5 Avr 2018 - 22:15


Sa réponse te plaisait. Deux. C'était même mieux que trois. Tu lui souhaitais. Ca n'allait pas être marrant pour lui. Ca n'était d'ailleurs pas marrant pour lui déjà. Bizarrement, t'espérais qu'il avait tout le soutien qu'il lui fallait. T'avais déjà eu vent que c'était tendu avec sa sœur. Cette information venait pas de toi, c'était du secteur écoute. T'avais juste monté quelques pièces, noté quelques informations avant d'arriver là. Avant de débarquer dans sa vie. "Et c'est totalement légitime." t'ajoutes lorsqu'il te confie envisager que tu sois du mauvais côté, que tu sois toi aussi corrompue. A sa place, t'aurais fait pareil que lui. A sa place, tu te serais posée les mêmes questions. Sans doute en pire. Toi qui avais dû mal à faire confiance aux autres. Tu aurais eu du mal à faire confiance à quelqu'un qui venait d'interroger. A quelqu'un qui pouvait rendre jugement de ton sort auprès des autorités. A quelqu'un que tu avais vu avec la personne qui semblait à la tête de l'organisation que t'avais démantelé. Tu l'observes après ta fameuse explication, en rajoutant une couche. Une seconde, puis deux, puis plusieurs. Il tombe dedans, oses te dire que tu t'es trompé de métier. Tu l'aimes bien celui là. T'aimes ses petits affronts, sa manière je-m’en-foutiste et rentre dedans. Il avait bien changé le gamin d'il y a dix ans. Mais tu ne savais pas si c'était de la bonne façon pour lui. Ou c'était à cause de cette épreuve, cette affaire avec son père et la drogue, qui l'avait rendu ainsi. Tu t'interrogeais réellement. Le gamin de cette époque t'avais paru plein de vie, curieux de tout, amusant. Là, c'était bien différent. Serait-il lassé de tout à vie ? Se comporterait-il de cette manière pour toi ? Tu ne l'espérais pas. Pour lui, tu ne l'espérais pas. Tu savais qu'un bordel comme celui-ci pouvait changer une personne. C'était l'épreuve. Celle qui te faisait basculer ou pas. T'étais un peu comme lui, tu faisais partie du même type de personne après l'assassinat de tes parents. C'était y a vingt-ans. Et même si jeune, à dix ans, t'avais changé pour celle que tu étais. Solitaire. Mystérieuse. Presque trop moqueuse. Silencieuse. Observatrice.. Ton sourire énigmatique pour l'homme, tu finis par secouer la tête avec lenteur de gauche à droite, comme si t'étais désolée pour lui. Tu l'étais. "J'en ai rien à foutre des histoires dramatiques. Je suis là parce qu'on m'a collé là." Tu précisais, tu rectifiais pour être sûr qu'il comprenne bien, que t'avais blagué. Tu ne savais pas si tu devais prendre cette information de la bonne manière ou pas. D'accord, c'est vrai que t'étais plutôt difficile à comprendre. On te le disait souvent que c'était parfois difficile de savoir si tu te foutais de la personne ou pas. Si tu plaisantais ou si tu étais sérieuse. "Et je suis pas vraiment flic." Tu rectifiais une nouvelle fois alors que tu frappais ton carnet de ton stylot de manière constante. Tu l'entendais qu'il pouvait considérer comme ton retour comme plausible, plausible que t'étais pas en lien avec son père. De toute façon, ce mec, tu l'avais vu qu'une ou deux fois dans ta vie. Seulement au tout début de ta carrière, on t'avait envoyé chercher des documents chez les Hamilton. Tu l'avais recroisé dans vos locaux et c'était terminé. Tu t'étais envolé pour l'Inde. "Tout à fait. Je t'écoute. Où tout ça à commencer ? Qu'est-ce qui t'a mis sur cette piste ?" T'approuves en le montrant de ton stylo pour lui confirmer, qu'effectivement, t'avais tout ton temps. T'avais tout le reste de la journée, tu pouvais même passer la soirée ici et revenir encore et encore. En attendant sa réponse, tu continues à observer les lieux. Sait-on jamais. A la recherche, non pas d'indice, mais de choses contre vous, contre lui. T'analyses de loin les possibles cachettes de micros ou de caméras.

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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Ven 6 Avr 2018 - 16:53


J’sais pas quoi penser de cette nana. Dans une autre situation, dans un autre registre, je sais que je les aurais bien aimées, elle et son caractère cinglant. Mais là… j’arrive pas à me décider. Parce que depuis quand une personne nous étant sympathique nous veut forcément du bien ? Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’un ne va pas forcément avec l’autre. Moi aussi, pourtant, avant, je pensais ça. Avant de me trouver face à mon père, dans cet hangar. Avant qu’il n’abandonne son foutu sourire quand il a compris que ses p’tites techniques de manipulation ne marcheraient plus. Avant qu’il ne pointe une arme sur moi. Et que la fusillade commence. Mine de rien, ce genre de choses ont tout de suite tendant à vous rendre beaucoup plus méfiant qu’à l’ordinaire. Et là, face à cette femme, cette femme de qui j’avais pourtant eu bon souvenir, j’me retrouve dans un nouveau flou. Parce que rien ne me dit qu’elle ne cache pas son flingue dans sa poche. Rien ne me dis que ce qu’elle va noter va être la vérité. Mais d’un autre côté, elle pourrait tout aussi bien être clean. Être honnête. A ne pas être contre moi, et simplement chercher à démêler le vrai du faux. C’est ce qu’elle prétend, en tout cas, mais comment pourrait-elle prétendre autre chose ? Ouais, y’a pas à dire, c’est vraiment la merde. Et alors qu’elle pointe son stylo vers moi, qu’elle me confirme tout vouloir savoir de comment les choses ont commencés, moi, j’suis toujours pas sorti de ce dilemme. Silencieux, je l’observe quelques secondes, avant d’être pris d’un soupir. Okay. Dans la mesure où rien ne m’indique qu’elle soit honnête ou non. Ouais, dommage pour moi, au final, que je lui fasse confiance ou non, ça ne change rien. Soit elle est du côté de mon père, soit elle est du côté de la justice. Soit elle m'entourloupe, soit elle m’écoute. Soit je gagne, soit je perds… dans tous les cas, c’est avec elle que je vais devoir traiter. Alors autant tenter un coup de poker. Je vais être honnête. Ne rien cacher. Parce que de toute façon, si je donne pas les informations nécessaires par méfiance, et qu’au final, elle était nette… c’est pas bon pour moi non plus. Du coup, je vais foncer tête baissée, et voir ce que ça donne. « c’était… il y a huit, neuf mois. J'étais depuis quelque temps déjà en mission sous couverture dans un réseau de proxénétisme. » moeurs obligent, voilà bien le genre d’affaires sur lesquelles on me foutait. Mine de rien, d’avoir un lieutenant si jeune, ça les arrangent bien, en haut : ils ont le candidat parfait pour les infiltrations. « Un gros coup. Ça avançait pas mal. Les gars avaient confiance en moi, j’étais à leur yeux vraiment devenu l’un des leurs. Du coup, un soir, pour la première fois, j’ai été… “choisi" par le chef pour l’accompagner à une sorte de réunion d'affaires avec un gros gang de la ville. » cet honneur. J’aurais presque pu en verser ma p’tite larme si on parlait pas d’ordures de la pire espèce. « la réunion se passait pour eux ma foi pas trop mal, mais, à un moment, les gars de ce gang ont commencé à parler d’une future affaire de passe de drogue… vraiment énorme. Du coup, même si j’étais censé me la fermer, j’ai pas su résister : j’lui ai demandé comment il comptait gérer les flics dans son truc. » non parce que mine de rien, ça paraissait vachement gros, comme histoire. C’est pas comme si Cambridge était une ville assez grande pour se permettre ce genre de truc sans prévoir quelque chose pour calmer les flics. J’en sais quelque chose. « c’est pas le chef qui m’a répondu, mais un gars qu’était avec lui. Il m’a regardé. Il a souri d’une manière… j’sais pas, entre la fierté et l’arrogance, et la, il m’a juste dit : “t’en fais pas gamin. Ils diront rien.” » et j’me souviens encore de son regard plein de fierté, presque sardonique, comme s’il avait le meilleur plan de sa carrière d’ordure derrière le crâne... « ça peut paraître con ou parano, mais ça m’a tout de suite alarmé. J’me suis direct dit “okay. Soit il a des flics dans sa poche… soit il compte les faire taire lui-meme”. Dans tous les cas, c’était pas quelque chose que je pouvais garder secret. » n’était-ce après tout pas ce pour quoi on m’avait envoyé là-bas ? Certes, ça concernait pas le proxénétisme, mais une info importante reste une info importante, et toute info doit être communiquée, c’est comme ça. « mais c’était délicat. Dans l’hypothèse où c'était bel et bien la première solution, qu’il ait des flics de son côté, je pouvais pas raconter ça à n’importe qui. Parce que qui sait qui auraient pu être ces ripoux ? » ça se trouve, ça aurait pu être mes coéquipiers, mes supérieurs directs, ou même ceux à mes ordres. Et prendre le risque d’en informer un corrompu, c’est prendre le risque de foutre tout le truc en l’air. « alors… j’ai décidé d’en parler à la seule personne en qui j’avais confiance : mon père » là, c’est plus fort que moi : je lâche un gros reniflement bien jaune, le tout en secouant la tête. « cette ironie de merde… » ça, c’est peu dire. Moi qui voulais faire gaffe à ne pas en informer un ripoux. Moi qui pensais m'adresser à la seule personne en qui je pouvais croire l’innocence. « donc je lui en ai parlé et... Il m'a dit… qu'il allait s’en charger. De ne pas m'inquiéter, ni d’y repenser, pour rester focus sur ma mission. Et moi j’me suis dis… “okay” ! “Il va s’en charger” ! Sur le coup, sa réaction m’a pas semblé suspecte du tout, j’me suis pas du tout méfié… il a juste eu l’air un peu surpris quand je lui ai dis de quel gang il s’agissait, mais, bah, j’ai pas trop prêté attention... » aaaah, la douce époque de l’innocence, où je ne cherchais pas systématiquement à analyser quatre fois tout ce qu’on peut me sortir pour être sûr que la personne en face de moi me dise la vérité. Ca pourrait presque me manquer. « c’est qu’après-coup, bien sûr, que j’ai compris que même là, j’aurais pu me rendre compte d’un changement dans son comportement. Lui qui, au travail, prenait toujours a coeur de me traiter avec autant de dureté et de rigueur que n’importe quel autre flic, d’un seul coup, s’était mis à me parler de son ton paternel et sécurisant... » comme a chaque fois que j’ai voulu lui faire avouer sa merde… ça m’fout la rage, d’avoir été manipulé comme ça. Parce que c’est clairement ce que c’était, il cherchait à m’éloigner de ses affaires en prenant son ton de père aimant pour m’amadouer, et moi, j’suis tombé dans le panneau la tête la première. Bordel de merde. « bref, les semaines passent, puis là, un soir, il me demande un truc que j’ai vraiment trouvé bizarre… il me demande si le réseau dans lequel je suis comptait garder contact avec le gang en question. Ca peut sembler anodin, comme demande, vu la situation, mais… j’sais pas. j’ai trouvé ça bizarre, trop sorti de nul part et sans raison. » après tout, qu’est-ce que ça pouvait bien faire, que le réseau soit encore en contact avec eux ou non, puisqu’il m’avait expressément demandé de ne pas m’en occuper, de cette histoire de drogue. Ca aurait rien apporté. Et puis, c’était pas son genre, de poser des questions comme ça, surtout en dehors du boulot. « Alors j’lui ai menti. J’lui ai dis que non, qu’ils s’en foutaient d’eux et qu’ils en parlaient déjà plus. » en vérité, le boss du réseau dans lequel j’étais avait tellement adoré le franc parlé et l’ambition du chef de gang, qu’il comptait le suivre de près, se renseigner sur eux. Mais c’était un secret. Il voulait pas que le gang soit au courant, question de fierté. Du coup, le gang en avait aucune idée, et ça tombait bien pour moi. « il a eu l’air satisfait de la réponse... » encore quelque chose qui m’a semblé bizarre. Même pas besoin de lui préciser, je pense que ça se voit rien qu’à ma tête. Nan, mais c’est vrai, quoi, pourquoi sembler satisfait de cette info ? Qu’est-ce que ça pouvait bien lui foutre ? « et quelques jours plus tard, dans le réseau, on apprend que le gars qui m’avait fait ce sous-entendu s’est fait descendre. » je reste silencieux une seconde ou deux. Parce que c’est à ce moment là où la première fissure de ce qui s’est cassé en moi avec cette affaire à pointé le bout de son nez. Parce que même s’il avait pu me paraître bizarre avec ses questions, au final, j’étais bien loin de m’imaginer la raison. Je l’imaginais pas pourri. Ca me semblait juste bizarre. Sans explication. Mais là… là, la coïncidence était trop grande pour que cette idée ne me traverse pas l’esprit… « J’ai rien dit. » je ne pouvais pas, puisque j’avais prétendu qu’on avait plus de contact. Puis, je pouvais décemment pas parler de ça, de mes soupçons à quelqu’un. En parler, ça aurait comme été de les rendre réellement envisagés. Et je pouvais pas… je pouvais pas me dire ça. « Et quand mon père m’a demandé dans toute son innocence si le réseau n’avait pas rapporté de décès dans ses contacts, j’ai joué les surpris, et lui ai dis que non. » et j’avais aussitôt eu une immense nausée qu’il m’avait été bien difficile de dissimuler. « là aussi, il a eu l’air satisfait. Et à la fin de mon rapport, alors que je m'apprêtais à sortir de son bureau, le voilà qui m’arrête. » j’me souviens encore comme mon coeur a battu la chamade à ce moment-là. Comme j’ai prié, prié si fort qu’il me donne une explication logique. Une explication rationnelle qui prouverait à quel point j’me foutais le doigt dans l’oeil, à quel point j’étais juste parano... « de nouveau, il reprend son ton paternel, puis ‘y m’fait : “Au fait, Nicky. Ton histoire de drogue. J’me suis renseigné, et, t’en fais pas. C’était juste du bluff.” » Deuxième petit blanc. J’ai vraiment eu du mal à prononcé ces mots, du mal à le paraphraser. Tout comme j’ai vraiment du mal à reprendre la suite. « J’ai fait comme si j’me contentais de sa réponse. Comme si la nouvelle me soulageait. » Parce que c’était la seule chose à faire. Devant lui, tout du moins. C’était à mon tour, de l’écarter de tout soupçon. Aussi douloureux que ça pouvait être. « mais en vrai, à ce moment-là, j’ai compris… j’ai compris qui devait effectivement se tramer un truc... et qu’il avait très probablement quelque chose à voir dedans. » Et, au passage, c’est également à ce moment-là que la fissure s’est agrandie en une vraie brisure.

@Fallon Rosenwald ce pavé rire
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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Lun 23 Avr 2018 - 15:32


Doucement, comme sous un tempo silencieux, tu frappais ton stylo contre le carnet que tu tenais dans tes mains. T'avais attendu qu'il commence alors que tu venais de lui assurer que t'étais pas dans le camp de son défunt père. Ou du moins, tu venais de lui faire comprendre. T'espérais qu'il te crois oui et non. En réalité, par rapport à toi, t'en avais rien à faire que ce soit oui. Mais par rapport à l'enquête, par rapport au temps que vous alliez passez ensemble, c'était préférable que ce soit oui. Oui, qu'il te croit. Oui, qu'il ne te pense pas dans l'autre camp. D'ailleurs, tu n'étais pour personne. T'étais la Suisse ici. T'étais ni dans le camp des méchants, ni dans le camp des gentils. Si d'ailleurs tu savais qui était qui. T'étais pratiquement sûre de toi, que l'homme qui se trouvait assis presque en face de toi n'était pas le grand méchant de l'histoire. Mais comment en être aussi sûre. Comment ne pas se tromper ? Les grands criminels n'avaient pas tous les mêmes caractéristiques, c'est-à-dire, le regard noir ou fou, la balafre en travers du visage et le comportement étrange mais révélateur. Non, l'homme qui se trouvait devant toi n'y ressemblait pas. Mais ces hommes étaient tous manipulateurs, capables de créer des histoires de toute pièce. De bons acteurs, ils pouvaient jouer le jeu, ils pouvaient être capables de tenir un grand rôle au cinéma. Passant par de multiples visages, l'homme pouvait aussi bien paraître milieux devant toi, façon de parler car il se comportait plus comme un j'en foutiste, et derrière ton dos, se frottait les mains avec une voix diabolique. Oui, cette voix de grand méchant des dessins animés. En l'observant, tu l'imaginais. Lui, ses bouclettes blondes dérangées et son rire faussement diabolique. Tu manquais de rire alors qu'il avait commencé son explication. Tu te reprenais en te redressant et en te remettant dans le truc. Tu l'écoutais te parler de cette histoire avec son père, de tout l'enchaînement jusqu'à l'événement fatidique, jusqu'au grand capharnaüm, jusqu'à l'événement qui vous avez conduit tous les deux à être là, assis face à face, des années après votre première rencontre. Vous aviez tous les deux vieillis, vous aviez tous les deux pris de l'âge, vécus des choses différentes. Et tu pouvais dire que lui aussi avait vécu des choses dangereuse, surtout en l'entendant. Lui avait une cicatrice en plus, un coeur presque en miette de découvrir la vraie nature de son père. Toi, par rapport à la dernière fois, presque rien n'avait changé. Peut-être ta coupe de cheveux. Tu l'écoutais mais tu notais rien. Tu ne savais pas pourquoi tu continuais à faire ce genre de chose. Prendre un carnet, prendre un stylo. Jamais tu t'en servais. Ca donnait plusieurs impression, soit que tu t'en foutais, soit que t'arrivais à tout assimiler, à retenir l'essentiel. C'était surtout le deuxième cas, évidemment. T'allais pas te donner un genre, celui des psychiatres, dessiner des trucs pour faire genre que tu écrivais des trucs. T'avais pas besoin de ce carnet, tout simplement parce que t'avais activé l'enregistrement, celui que tu posais au cours de son monologue sur la petite table devant toi. T'étais presque fascinée par cette manière qu'il avait de raconter la chose. Tu l'observais renifler, dire certaines choses avec désinvoltures tandis qu'à d'autres moments, il te paraissait blesser, notamment quand il évoquait son père. Tu le regardais secouer la tête à droite, à gauche, lever les yeux au ciel. Tu regardais son regard, celui qui revenait dans le passé, celui qui cherchait ses souvenirs dans les six, sept mois qui venaient de se succéder. Tu l'observais marquer des silences, comme s'il maintenait un suspens, comme si certains passages pouvaient être plus durs que d'autres à réaliser, comme ces passages où encore une fois il évoquait son père. Comment aurait-il pu penser ça de son père ? Une nouvelle fois, t'étais presque pareil que lui. T'avais ressenti cette même chose il y a des années en arrière. Toi, ton père, n'avait pas été enrôlé dans ce genre d'histoire. Ce n'était pas lui le méchant ou de ce que tu en savais, parce que toi-même tu savais que les renseignements n'étaient pas toujours blanc comme neige. Mais comme lui, t'avais appris que ton père n'était pas réellement ce père, cet homme que tu pensais. C'était carrément toute l'histoire de ta famille qui n'était qu'une illusion. Tout un tas de mensonges pour vous couvrir. Pour les couvrir, ta mère et lui. Tu savais que c'était aussi pour vous protéger mais c'était dur. Dur car depuis que tu es petite fille, t'avais l'impression que tous tes souvenirs d'enfance, de l'époque où tes parents étaient encore en vie, c'était que du bluff. Tu savais que y avait vraiment de l'amour, que y avait des trucs vrais mais ça restait là. Et ça resterait toujours là aussi pour le Hamilton face à toi. Son père, s'il avait pu être un bon père, un bon homme par le passé, restait ce type qu'il était devenu avant sa mort. Celui d'un escroc, celui d'un homme et flic corrompu, celui d'un homme qui s'était servi de son fils, qui lui avait menti avec un regard droit dans le sien, avec une tape sur l'épaule. "Et ensuite ?" Tu demandes après un petit silence, après qu'il s'est tu, après qu'il ait expliqué qu'il avait compris que quelque chose se tramait. Tu l'encourages à continuer. "Qu'est-ce que vous avez fait ? Vous avez gardé vos nouveaux doutes pour vous ? " Tu renchéris en décroisant tes jambes. "Et votre soeur dans tout ça ? Vous pensez à son implication ? " Tu le regardes, évalues ses réactions, surtout à l'évocation de sa petite sœur. Tu sais qu'ils sont pas tellement en bons termes depuis cette histoire.
c'est un gros parpaing que tu m'as fait là rire @nicholas hamilton ptit coeur
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Re: a study in wheelchair (fallon) :: Sam 28 Avr 2018 - 0:15


J’m’étais un peu arrêté dans mon monologue, trop pris par mes pensées, trop renvoyé dans le passé, revivant des scènes bien difficiles en en reparlant un peu pour la première fois. Mais Fallon me sort rapidement de mon brouillard en réclamant la suite. J’relève simplement le regard sur elle tandis qu’elle enchaîne avec ses questions, et autant dire que quand parle d’Elizabeth, j’dois faire un gros effort sur moi-même pour pas me braquer instantanément. « comme si j’allais pas y penser... » je souffle, dans un reniflement. J’me doute bien qu’elle aborde ce sujet là exprès, qu’elle doit savoir que Liz m’en veut, mais ça m’énerve. Le simple fait qu’on me parle de Liz quand on me parle de cette affaire m’énerve. Parce qu’on devrait la laisser tranquille. Mais que personne le fait. A cause de moi, elle n’est jamais tranquille. « j’sais bien qu’elle et ma mère pâtissent aussi de toute cette histoire… » j’suis pas le dernier des égoïstes à ne voir que son propre malheur, après tout… j’sais bien que j’suis pas la seule victime. Tant bien même, j’aurais bien voulu l’être. « Et c’est justement la raison pour laquelle j’vous demanderai de bien vouloir ne pas vous éparpiller. Ni Elizabeth ni ma mère n’ont à voir dans cette conversation. Vous êtes là pour m’entendre sur mon enquête. Pas sur ma famille. Ni sur les conséquences qu’ont pu avoir toute cette merde sur ma vie privée, et encore moins sur les leurs. Alors laissez-les tranquilles. » Comme si le fait que j’ai une petite sœur avait quelque chose à voir là-dedans, allait l’aider à savoir si je mens ou non ! Après tout, je vois pas en quoi sa rancœur envers moi pourra l’aider à savoir si je suis apte ou non à reprendre mon travail. Les commérages des médias sur nos relations familiales sont à mille lieues d’avoir leur place dans son enquête et surtout, à mille lieues d’avoir leur rôle. Donc, certes, j’me montre peut-être dur avec elle, mais ce n’est que justice. J’en ai assez de les voir subir des dommages collatéraux qu’elles n’ont jamais mérité exposées à qui le veut. Enfin bon. Après un soupir pour balayer mon énervement, je reprends d’un ton plus calme « Quant à ce que j’ai pu faire après avoir compris la possibilité de corruption... j’ai commencé à tenter de recueillir des infos. Sans rien dire à personne, bien sûr. Bien trop risqué pour tout le monde. » et bien trop risqué pour l’enquête en elle-même. En parler à d’autres gens, c’était prendre le risque de faire savoir à mon père que je soupçonnais quelque chose, et donc, pas tellement la meilleure idée. Mais ce n’est pas tout... « puis d’un côté… tant que je gardais ça pour moi, ça gardait les choses au stade de simples soupçons. » j’avoue dans un soupir, d’une voix presque soufflée. Après tout, j’avais beau l’avoir plus où moins coincé dans ses mensonges évidents, il n’en restait pas moins l’homme que j’admirais le plus au monde… je pouvais pas m’empêcher de tout de même garder l’espoir de son innocence. « Au départ, dans le commencement d’mon enquête, c’était plus des preuves pour le discréditer, que je cherchais. Même si j’me rendais compte de… que… enfin… je pouvais pas… j’étais incapable de me croire moi-même. De me dire qu’il avait basculé. Même malgré l’évidence, j’avais besoin d’me donner tort, j’avais besoin d’avoir de quoi reculer. Mais plus je fouillais dans les affaires de drogues sur lesquelles il s’était mis… plus j’fouillais dans ses papiers persos… plus j’interrogeais les gens autour de moi... plus j’me rendais à l’évidence... » Je lâche un soupir. Je secoue doucement la tête, comme si je vivais une seconde fois ce dépit, cette résignation qui avait pu grandir de preuves en preuves, il y a quelques mois de ça, quand j’étais en plein dans l’enquête. « des affaires de drogues aux perquisitions incohérentes, des rapports bâclés, brouillons, qui ne reflètent au final même pas la réalité des choses, des fiches de paye bizarres, des prisonniers et criminels qui mentent à vue d’œil quand je leur pose des questions sur lui ou bien carrément qui me mettent en garde sur ce dans quoi j’suis en train d’me fourrer... » Nouveau soupir. Pas de doute, ça puait, cette affaire, et il me devenait de plus en plus difficile de me convaincre que j’avais tort. De me raccrocher à ces miettes d’espoirs sur son innocence. Parce qu’il n’était pas innocent. Je ne pouvais plus le nier. Je ne pouvais plus me mentir. « enfin bon… tout ça… éplucher ses papiers, ses affaires, les reprendre pour les comparer à ses rapports, interroger ceux dont j’soupçonnais l’implication… le tout en plus de mon boulot, en dehors de mes heures pour pas me faire griller… ça a duré pas mal de temps. » Forcément, faire une tonne de choses en cachette, toujours dans un temps assez limité - parce qu’il paraît qu’il faut dormir et manger pour vivre - bah ça prend facilement tout son temps libre pendant des mois et des mois durant. « et pendant ce laps de temps, plusieurs fois, parce que j’étais à bout de cette surcharge de travail, j’ai tenté de le faire avouer. Quand on était seuls, rien que tous les deux. J’tentais. Au départ, j’essayais d’me la jouer fine. A lui poser les bonnes questions pour le coincer, sans qu’il se doute de mes réelles intentions. Mais il avait toujours réponse à tout. » comme s’il avait préparé ses réponses depuis le début. Toujours avec ses sourires et ses manières de père. Quelque part, ça me donnait toujours l’impression de ne pas être pris sérieusement. Pour mon enquête, ça aurait du me convenir… pourtant, ça me frustrais. « Alors j’ai fini par être un peu plus cash dans mes sous-entendus. Mais, bon, pareil. Jamais de résultats concrets. Il jouait les choqués et basta. » je souffle dans un geste désinvolte de la main, las. Puis, après une ou deux secondes de silence, je reprends, plus sombre. « au départ, j’pensais qu’il se rendait pas compte à quel point j’étais déjà proche de la vérité, quand je le questionnais. A quel point j’avais enquêté avant. A quel point s’en devenait presque ridicule de me mentir comme ça. j’me disais que s’il avait su, j’en aurais forcément déjà subi les conséquences » du moins, ça aurait été là mes yeux ogique. « mais en fait... » j’me trompais lourdement. J’ai été naïf. « j’ai aucune preuve de tout ça, et j’me rends bien compte que c’est horrible de penser qu’un père ait pu faire ça à son fils... » presque aussi horrible que d’avoir à reparler de tout ça... « Mais ce soir là, au hangar ? J’pense qu’il m’y avait attiré. J’pense qu’il s’est dit “soit y’m’rejoins, soit j’le descends”. » Après tout, lui qui nous a manipulé pendant si longtemps, lui qui a réussi à devenir ce héros de la nation en dépit de tout ce qu’il réussissait à nous cacher… comme s’il n’allait pas griller ce gamin qu’il a fait qu’il a elevé, qu’il a vu grandir, lorsque celui-ci a commencé à se méfier de lui ? J’ai été naïf de penser pouvoir mener à bien tout ça sans qu’il s’en aperçoive. « Un jour, un gars que filait pas mal, dont le nom revenait souvent dans cette affaire, est allé passer un coup de fil dans un cybercafé. » un cybercafé. Alors que j’étais en train de le filer. Comme s’il pouvait pas juste prendre son téléphone portable, envoyer un mail, un sms, un snap, enfin, j’sais pas, tout sauf quelque chose d’aussi cliché ! « en surveillant sa conversation, d’un peu loin, j’capte qu’il parle d’un hangar et d’une date. » histoire d’en rajouter dans le cliché. Comme si n’importe quelle personne un tant soit peu censée allait parler d’un mystérieux rendez vous dans de telles conditions. « ça m’a de suite semblé bizarre, mais j’voulais pas faire de conclusion hâtive. En premier lieu, j’me suis contenté de vérifier qui il avait appelé. Une fois qu’il se soit cassé, j’suis allé voir qui est-ce qu’il était allé appeler. » même si j’me doutais bien que ça allait pas être sa grand-mère ou le barbier du coin. « sans surprise, bien sûr, j’reconnais le numéro de mon père. » parce que bien évidemment, il l’a appelé sur son portable personnel. Histoire de bien rendre les choses encore plus évidentes. « Ca m’a de suite paru suspect. Parce que c’était facile. Trop facile. Des infos qui tombent comme ça sans qu’on ait à lever le p’tit doigt, avec date et lieux... » ça arrive au hasard que dans les films, ou par un bleu. Et il n’était pas un bleu. « ça sentait le traquenard à plein nez. J’m’en rendais bien compte. » j’ai beau être une tête brûlée, j’sais quand même me servir de ce qu’elle contient. Évidemment que c’était suspect. Évidemment, qu’il se savait très certainement suivi. Évidemment qu’il avait très probablement bien en tête qui était en train de le suivre. J’savais bien, tout ça. Je l’ai jamais perdu de vue. « mais en même temps… c’était l’occasion d’enfin avoir le fin mot de l’histoire ! D’avoir des réponses, de pouvoir… pouvoir voir de mes propres yeux ! » ça aussi, je ne pouvais pas le perdre de vue… qui dit piège tendu, dit piégeurs. Et qui que seraient ses piégeurs, quelles que soient leurs intentions… on me donnait enfin l’occasion d’avoir des réponses. D’avoir la vérité. Le fin mot de l’histoire. « j’ai… beaucoup hésité a y aller. J’me doutais que c’était plonger dans la gueule du loup. mais… » après être resté en suspens une p’tite seconde, je finis par soupirer. « après des mois d’enquêtes, des mois très durs, autant professionnellement que personnellement parce que bien sûr, c’est toute ma vie privée qu’en a pris un coup durant cette période-là... » bien sûr, j’me garde bien de lui dire que mon irritabilité, ma mauvaise humeur et mes mystérieuses absences inexpliquées - tout ça dû a mon enquête secrète - ont tout bonnement valu d’me faire larguer comme une merde. Parce que bien sûr, gentil Nicky qui veut protéger tout le monde, ne donnait de réponses à personne et forcément… arrive le moment où ça casse. Pour tout le monde, et de toutes les façons. « j’avais besoin de savoir. Je pouvais pas rester sans rien faire alors que j’étais à ça de tout éclaircir, alors que j’avais enfin l’occasion d’avoir des réponses ! » ça m’en devenait si impossible, qu’au final, j’en oublais de plus en plus l’aspect “piège évident” de la chose. Après tout, ça m’a jamais vraiment effrayé de me jeter dans la gueule du loup. Et si on me surnomme Simba au poste, c’est pas qu’à cause de mon père, ni de mes bouclettes. « Alors, le soir-même, un peu sur un coup de tête, j’me décide enfin : j’y vais. » et dire que c’était un coup de tête n’était vraiment pas exagéré. J’étais vraiment dans l’indécision la plus total avant ça, et à la seconde où j’me suis dit “et puis merde”, j’étais déjà partis, seul avec mes vêtements noirs, ma radio talkie walkie et mon arme. « on devait être aux alentours des minuit/une heure, quand j’suis arrivé. Il étaient tous tellement pris dans leurs affaires, j’ai pas eu tellement de mal à me faufiler discrètement pour les espionner, et c’est là que j’me suis rendu compte à quel point leur affaire était une véritable usine. C’était… Carrément énorme. J’ai directement appelé du renfort. Mais ça a fait du bruit, et quelqu’un m’a repéré. » merci les ondes radios pas tellement contrôlables, à la seconde où mes hommes ont répondu à mon appel, j’ai su que ça allait être sympa pour moi. Et effectivement, ça l’a plutôt été. « Jme suis retrouvé avec une dizaine de personne pointant des armes sur moi… et moi, avec mon pauvre neuf millimètre, j’savais bien que j’étais mal barré. » c’est peu dire… seul avec un p’tit pistolet quand t’as en face de toi une brouette de gars armés jusqu’aux dents… honnêtement, à ce moment précis, j’étais plus tellement certain de m’en sortir vivant… ou même de m’en sortir tout court. « C’est à ce moment là, que mon père est sorti de sa cachette. Il était pas dans cette salle, mais une autre à côté. » qui sait ce qu’elle cachait derrière. ...enfin, beaucoup de monde le sait, maintenant, je suppose, mais étant donné mon état et mon implication quand tout ça fut terminé, j’ai pour ma part pas tellement eu l’occasion de faire un p’tit tour du propriétaire... « Il avait même pas l’air surpris, en me voyant. Aucun de nous deux n’était surpris de voir l’autre, en fait. » comme si tout ça était un rendez-vous arrangé. Et en quelques sortes, je pense qu’on peut dire que ça l’était pas mal. Parce que je savais qu’il serait là. Et lui savait très probablement que j’allais être là. En tout cas, s’il était surpris, il l’a très bien caché. « même son comportement, au final… quelle blague » je crache ça avec dédain, tout en secouant la tête dans le même temps. Parce que vraiment. C’était à voir. « son fils est là, seul face à ses hommes, avec tellement d’armes pointées sur lui que lui-même ne sait même plus sur qui pointer la sienne... » Autrement dit : pas tellement le genre de situation où on est censé être tranquille, pépère, détente... « et lui, il est là, grand sourire à m’accueillir presque à bras ouvert, comme si on était à la maison » et bien sûr, j’me garde de le préciser parce que ça paraît évident… mais ce même ton, cette même attitude de papa aimant, comme si, vraiment, ces retrouvailles n’avaient rien de particulier. « il m’attendait. Il m’attendait clairement. » qu’on ne me dise pas le contraire. Qu’on me dise pas que tout ça n’était pas un piège. Qu’il n’avait pas de mauvaises intentions en me faisant venir dans ce traquenard. « et il a essayé de me faire comprendre a quel point… le monde est cruel, le monde est méchant, et à quel point aujourd’hui, la seule véritable manière de faire le bien, c’est de passer par le mal, parce que la justice n’est plus juste, parce qu’on est jamais mieux servis que par soit même, blablablablabla... » j’prends même pas la peine de répéter tout ce qu’il a pu me dire, me contentant de montrer mon mépris par ma désinvolture, mes yeux levés au ciel, mes gestes du poignet en le paraphrasant et mon reniflement désabusé que je lâche tout en soufflant un petit « conneries... » avant de finalement reprendre après une petite seconde. « et quand il a finit par comprendre que ses p’tites manipulations et ses grands discours ne marchaient plus... son sourire a instantanément… disparu... » je marque une pause. J’ai l’impression de revivre la scène. Et d’une voix blanche, je lâche finalement « et il a lui aussi pointé son arme sur moi » nouvelle pause. Je le revois encore perdre son sourire, puis... C’est assez horrible. Et aucun enfant ne devrait avoir à vivre ça. « J’savais plus comment réagir » c’est peu dire... « avoir son père qui… son arme… sur soi… c’est... » me rendant compte que j’suis incapable de trouver les mots, je souffle, pour prendre une petite pause dans mon récit. Posant mon coude sur l’accoudoir, je viens comme masser mes yeux de ma main pour me calmer, me re-concentrer, et surtout sortir de ces flashs-back. J’reste comme ça quelques secondes, avant de reprendre doucement. « par réflexe, et aussi un peu par panique, je suppose, j’ai aussi tourné la mienne sur lui » j’me doute bien que c’était peut-être pas la meilleure des réactions à avoir, mais, étrangement… quand votre père pointe une arme sur vous en tirant une telle tronche, vous êtes plus vraiment capable de réfléchir. Et si lui, ma réaction a eu l’air de l’amuser, ce fut pas le cas de tout le monde... « j’comptais pas tirer, mais le simple fait d’avoir leur chef dans mon viseur, ça a pas tellement plu aux gars autours. » ah c’est sur, les p’tits toutous étaient fidèles au maître, et a la seconde où j’ai pu l’avoir dans mon viseur, voilà qu’ils ont d’un seul coup tous été mille fois plus sur le qui-vive, à scruter le moindre de mes mouvements avec méfiance. « mon père a tenté d’me faire baisser mon arme, mais… comme si j’allais le faire, dans une situation pareille, alors qu’aucun d’eux ne baissait les leurs... » et puis quoi, encore. Okay, j’comptais pas tirer, mais quand même ; baisser mon arme ! Me rendre ! Il avait beau être mon père, ça n’empêchait en rien le fait qu’il agissait mal. Finalement, mes souvenirs étant assez confus sur le début des coups vu le merdier, je lâche dans un soupir « ‘fin bon, de là, j’saurais pas tellement dire… tout est allé très vite. Le premier coup de feu est parti, et comme personne savait vraiment d’où il venait, ça a un peu chauffé tout le monde, et la fusillade est partie. » Sûrement, ont-ils cru que j’étais pas seul. Que j’étais venu avec un coéquipier qui gardait mes arrières ou que la cavalerie avait eu le temps d’arriver. Mais c’était pas le cas. En vérité, comme je sais que j’étais bel et bien seul, je suppose que c’est l’un des leurs qu’à eu ce coup de feu. Après, qu’il ait été intentionnel ou non, ça, j’en sais rien... « j’ai réussi à me planquer un peu au dernier moment, et j’me r’trouvais là, seul, à me demander c’que foutaient les renforts. » Alors, ouais, bon, j’me doute bien qu’ils avaient pas de téléporteur à disposition et que le temps de rallier les gars et de faire la route, ils allaient certainement pas être là en deux minutes. Mais quand même. Quand t’es au milieu d’un tel bordel, t’as pas tellement la tête a avoir les idées claires. « enfin bon, j’tenais quand même un peu le coup… mais forcément, arrive le moment où j’ai plus de munition. » parce que forcément, j’pouvais pas ramener une armurerie entière si je voulais me la jouer discret, malheureusement pour moi. « Par chance, j’étais pas trop loin de quelques armes qu’ils avaient l’air de stocker derrière une sorte de bar, alors j’me suis lancé un peu tête baissé pour aller les récupérer... mais sortir de sa planque alors qu’une dizaine de gars vous ont en joue… même pour trois secondes, on aura vu meilleure idée » bien qu’en soit, je pense pas qu’il y avait d’autres alternatives s’offrant à moi en cet instant… à part me rendre ou mourir, mais, étrangement, aucune de ces solutions ne faisaient partie de mes plans. « et alors que je saute rapidement par-dessus le comptoir, bah... » je soupire, et je pose une main sur ma jambe amochée. « une balle m’atteint. J’me pète la gueule. Je pisse le sang. Et j’ai putain de mal. » c’est peu dire. Si j’avais pas tellement senti l’impact en lui-même… bordel ce que j’ai pu le sentir passer, après coup ! « mais bon, j’ignore la douleur, j’ignore ma jambe - c’est pas comme si j’avais le choix, de toute façon. J’attrape une arme au pif et planqué par le comptoir, j’commence à tirer. » C’est pratique, n’empêche, les comptoirs, pour se permettre de tirer et d’avoir une bonne vue sur le truc. J’ai pu voir à quel point c’était le bordel, un véritable bordel, et ça m’a confirmé dans l’idée qu’ils s’imaginaient sûrement que je n’étais pas seul. « J’voulais pas… j’voulais pas atteindre mon père. J’avais déjà compris que lui n’aurait aucun remords à me descendre, j’avais déjà compris que ça serait très certainement lui ou moi, mais… j’voulais pas. J’avais un peu le cerveau et le coeur en guerre, parce que j’savais qu’il fallait que je l’arrête, je savais qu’il trouverait toujours un moyen de tourner la situation à son avantage, même auprès de mes renforts… mais je voulais pas. Tout criminel qu’il était… ça restait mon père ! » je m’arrête. Je soupire. Ma main vient soutenir mon front. C’est vraiment dur de parler de ça. Et franchement, heureusement pour moi que j’ai déjà très certainement asséché mon corps de toutes les larmes qu’il pouvait contenir, parce que j’ai pas tellement à cœur de chialer devant une inconnue. Puis finalement, dans un soupir oscillant entre tristesse et lassitude, je reprends doucement « mais, bon… au final, le dilemme a pas duré très longtemps. Après tout, dans pareille situation, c’est pas comme si on avait vraiment l’occasion de choisir avec exactitude la portée de nos coups. Et pris dans le feu de l’action, arrive un moment, où... » je lâche un soupire. Ca me fait chier. Ca me fait chier parce que j’me rends compte que c’était totalement ma faute. « il se retrouve touché » je lâche d’une voix faible, presque honteuse. Et aujourd’hui encore, parfois, j’me demande “pourquoi a-t-il fallu qu’il bouge” ? Il pouvait pas rester derrière sa planque et ses gorilles ? Qu’est-ce qu’il comptait faire ? Ca se trouve, il allait arrêter tout ça. Ca se trouve, il allait tenter de me tirer d’affaire. Après tout, qui sait ? Il peut y avoir un million de raisons qui font qu’il ait décidé de se bouger. Mais ça restera toujours sans réponses. Par ma faute. « les renforts sont arrivés peu de temps après - une affaire de minutes - et tout le monde a rapidement été maîtrisé. » Parce que, très certainement alertés par les coups de feu, ils avaient tout bouclés avant de se ramener. Ils ont été pris au piège. « mon premier réflexe, a été de vouloir voir mon père. J’étais salement amoché, pourtant et on avait beaucoup de questions à me poser… mais je pensais plus qu’à lui. » le reste avait plus aucune importance. J’m’en foutais tellement. J’avais plus que lui en tête. Lui… et le coup que j’avais tiré. « je voulais absolument aller a son chevet » ah ça, j’ai tanné les gars qui m’aidaient à marcher pour aller jusqu’à son corps. Même si, franchement, s’il fallait que je rampe jusqu’à lui pour l’atteindre, je l’aurais très certainement fait. « j’ai espéré si fort qu’il soit simplement blessé… Simplement inconscient… qu’il y ait encore un espoir, qu’on puisse encore le sauver ! » encore une fois, je soupire. Mais cette fois, c’est un soupir qui fait mal, vraiment mal. Je reste silencieux un instant, histoire de souffler un peu de tous ces souvenirs douloureux. Puis je reprends d’une voix sombre « mais il avait déjà perdu trop de sang » nouveau silence. Nouveau soupire. « il était déjà mort » je lâche, morose, avant de me taire une bonne fois pour toute. Je la regarde même plus. Yeux froncés, fixés sur un point imaginaire, je tente de reprendre un peu mes esprits. Je tente de m’dire que mes choix n’étaient peut-être pas tous mauvais. J’me berce d’illusions, ça j’m’en doute, mais… parfois, les illusions sont assez utiles, pour pas sombrer.

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