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It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Mer 28 Nov - 17:36



Edan (Ange) Miller
❁ I am who I am and I'm sorry for that❁



carte d'identité
PRÉNOM(S) NOM : Edan Ange Miller

ÂGE : J'ai vingt-trois ans.

NAISSANCE ET ORIGINE : Je suis né un certain premier février mille neuf cent quatre-vingt quinze. Dans un hôpital ? Non, soyons sérieux. Je suis né dans la capitale de l’Irlande : Dublin. Je suis donc Irlandais.

ETUDES ET/OU MÉTIER : Je suis hôte de téléphone rose. C’est un petit job comme un autre et ça fonctionne bien pour moi de cette façon. Je suis également étudiant en troisième année en Littérature et Philosophie.

ORIENTATION SEXUELLE : Je suis homosexuel et je n’en ai pas honte bien que je ne sois pas non plus du genre à aller le crier sur tout les toits ou à l’avouer à la première personne venue.  Enfin, pour tout vous avouer, il est fort possible que je sois bi en vérité...

STATUT CIVIL : Célibataire et c’est ce que je mérite sans doute. 

SITUATION FINANCIÈRE : Beaucoup trop riche sans doute. Vive la célébrité.

À CAMBRIDGE DEPUIS ? : 2012.

TRAITS DE CARACTÈRE :  Discret + Invisible pour les autres + Dans mon monde + Peur de souffrir + Solitaire + Renfermé + Silencieux + Méfiant, sceptique + Mal à accorder ma confiance + Naïf + Innocent + Complexé + Pudique + Comportement autodestructeur + Vulnérable + Passif + Émotif + Dépendant + Timide + Curieux + Maladroit + Gamin perdu + Perfectionniste + Travailleur + Déterminé + Rêveur + Instable. Mais, derrière mon téléphone ou mon ordinateur : bavard + éloquent + intuitif + faire perdre la tête aux autres + pouvoir + pas d’inhibitions.

AVATAR : Niall Horan

PL, SCENARIO, PI : Personnage inventé.

CRÉDITS : tumblr (icons), moi-même (avatar)

portrait chinois Si tu étais un cocktail : C'est impossible, la bière détrône tous les cocktails.

Si tu étais un super-héros : Le Docteur Strange pour pouvoir faire de la magie.

Si tu étais une chanson : Kanye's In My Head par Boy Epic car après tout je ne suis pas seul dans ma tête.

Tes préférencesTu préfères avoir pour seule musique toute ta vie : une cover de junior bourré chantant la bo du titanic -ou- un remake allemand de la danse des canards by lexa : Je vais voter pour la cover de junior bourré chantant la bo du titanic, avec un peu de chance il pourrait chanter ça bien.

Tu préfères être enfermé(e) tout les jours dans une boite pendant cinq minutes avec pornina qui se prend pour Castafiore jusqu'à la fin de ta vie - ou - lécher les orteils sales de six mois de regulus et être tranquille après : Je choisi d'être enfermé tout les jours dans une boite pendant cinq minutes avec pornina qui se prend pour Castafiore jusqu'à la fin de ma vie, une torture que je mérite sûrement.

être millionnaire en vendant des crottes de chiens ou gagner ta vie normalement en vendant des voitures de luxe ? : Je suis déja millionnaire alors je pencherai plus pour gagner ma vie normalement en vendant des voitures de luxe.

utiliser la brosse à dents d’un inconnu ou porter ses sous-vêtements sales ? : Erk, erk, erk... Je préfère puer de la bouche et rester à poil. Quoi ? Je dois à tout prix en choisir un ? Bien, dans ce cas, va pour la brosse à dent.

être bloqué(e) dans un ascenseur avec 100 personnes malades ou 10 bébés qui pleurent ? : Ne pas me retrouver dans un ascenseur serait mieux, mais je vote pour les 100 personnes malade. Avec un peu de chance, je finirai malade et bloqué chez moi.

en savoir plus sur toitrois objets indispensables sur une île déserte : Un pack de bière, mon journal intime avec son stylo et un lot de livres.

trois choses à faire avant de mourir (bucket list) : Reformer l'Irish Band pour de vrai, vaincre la dysmorphophobie et être capable de ne pas tout foutre en l'air.

un de tes secrets : Mon job d'hôte de téléphone rose en est un.

phobie(s) : Oulà, la liste est longue... J'ai peur de moi-même, des autres, de la vie, de mon apparence, du vide, des ascenseurs, des aiguilles, des douleurs, de certains insectes, qu'on découvre mon job, des contacts avec les autres.

la dernière personne à qui tu as envoyé un message : Aucune idée... C'était peut-être à Félix.

ta playlist5 Seconds of Summer, Amnesia
Dua Lipa, IDGAF
Fall Out Boy, Thnks Fr Th Mmrs

ta soirée tvLa Belle et la Bête
Coco
Riverdale
once upon a time
01. Born this way
1995 – Naissance et passé – Dublin

« L’avocate britannique Natasa Miller-Raos a accouché cette nuit au sein d’un hôpital privé à Dublin. Mariée avec le ministre de la justice et de l’égalité irlandaise Seán Miller depuis trois ans, il s’agit là de leur premier enfant et sans doute du seul. En effet, selon une source proche, Natasa a vécu une grossesse à risque et ne pourra pas avoir d’autres enfants. Rassurez-vous chers lecteurs, d’après nos informations, la mère et l’enfant se portent bien. Cependant, nous ne sommes pas en mesure de vous informer du sexe ni même du prénom de l’enfant. Il semblerait que notre cher ministre préfère placer son premier – et unique – enfant dans un cercle inconnu des médias pour assurer sa protection – et peut-être une meilleure enfance ou une plus mauvaise ? Soyons patients et attendons de voir ce que ce que cet enfant pourra donner dans le futur avec des parents si exemplaires. »

C’étaient des mots dans un journal, dans des magazines. Des fichus mots qui tournaient sur certaines chaînes de télévisions. Des mots qui avaient finalement annoncé ma naissance au monde entier alors que je n’en avais pas réellement conscience. J’étais juste un bébé qui venait au monde comme tant d’autres avaient dû naître le même jour dans le monde entier. Mais, juste à cause des mes parents, de qui ils étaient, les yeux du monde s’étaient posés sur moi, sur ma naissance et ils ne me lâcheraient sans doute jamais. Sur l’instant, je m’en fichais – bah ouais, j’étais qu’un gamin qui venait de naître. Je voulais juste boire du lait et pioncer. J’étais entouré de mes parents, de leur amour et c’était suffisant.

Ne soyons pas égoïste et avant de vous parler de moi, je vais vous conter une jolie petite histoire : celle de mes parents. Cette histoire qui était déjà écrite depuis quelques années.

Papa avait trente-cinq ans le jour de ma naissance alors que maman, elle, était beaucoup plus jeune puisqu’elle n’avait que vingt-cinq ans. Allez faites le compte… Rapidement… Dix ans d’écart ouais. Oh, je me doute déjà de vos réactions et de vos remarques. Que faisaient-ils ensemble ? Tous les deux ? Ma mère était-elle le genre de personne à avoir un gosse avec quelqu’un juste pour l’argent ou le succès ? À vrai dire, j’avais longtemps pensé que non, mais je crois que je me trompais simplement. Et, ouais, peut-être que maman n’était là que pour ça. Mais, je n’en saurais sans doute rien. Le monde ne le découvrirait jamais réellement. Après tout, je ne pensais pas qu’on puisse réellement expliquer tout cela. L’amour pouvait-il être expliqué ? Y avait-il réellement des théories scientifiques pour toutes ces conneries dégoulinantes de sentiments ? Ouais, peut-être. Je n’en savais rien. Je m’en fichais à vrai dire sans doute. Papa et Maman étaient ensembles et c’était tout ce qui comptait non ? Ils s’aimaient et j’étais leur premier enfant. Cela devait être suffisant pour une vie merveilleuse, pour un joli conte de fée moderne. Conte de fée illusoire, ouais. 

Mon père avait passé toute sa vie en Irlande. Toute sa vie à Dublin. Oh, il avait voyagé quelques fois quand il était enfant ou pour le boulot, mais ce n’était jamais réellement quelque chose à marquer d’une pierre blanche. Ouais, peut-être qu’en vérité il n’avait jamais eu l’occasion ou l’envie de découvrir au-delà des barrières de Dublin. Après tout, ses parents étaient ce genre de personne très strict qui privilégiait l’éducation face à tout le reste. Papa avait grandi dans cette idée où travailler et se faire punir sont la normalité. Il avait vécu dans ce monde où il n’y avait pas réellement de choix si on voulait devenir quelqu’un et réussir sa vie. Travailler dans la musique ou dans n’importe quels arts, il en était hors de question. C’était presque une bonne raison pour déshériter son fils. La littérature demeurait acceptable, mais certainement pas pour faire carrière dedans. Non, le père de mon père voulait que papa fasse quelque chose de concret, quelque chose d’acceptable. Alors, quand il avait dit qu’il voulait que papa fasse du droit, papa avait fait du droit. Avait-il été forcé ?  Je n’en savais rien. Avait-il aimé ça ? Aujourd’hui, je vous dirais oui sans hésiter et il vous dirait sans doute la même chose parce qu’après tout sa position était plutôt envieuse. Il avait étudié comme un dingue ne se lançant pas une seule fois dans la vie débauchée d’étudiant. Il avait passé son temps comme un intello, sans doute un peu trop seul, un peu trop travailleur. Mais, quelle importance ? Il avait fait des petits boulots au plus près du gouvernement grâce à son père. Et, une fois son diplôme en poche à vingt-trois ans, il entrait au gouvernement. Il avait fait plusieurs jobs là-bas et, je ne saurais tout vous citer. Alors, contentons-nous de savoir qu’au moment de ma naissance, il était ministre de la justice et de l’égalité irlandaise et cela depuis quatre ans.

Ma mère était née en Croatie et elle y avait passé une partie de sa vie. Elle avait vécu dans une famille nombreuse qui adorait les voyages et l’art sous n’importe quelle forme. Elle avait vécu dans une famille au sein de laquelle elle s’était sentie comme une paria parce qu’elle préférait étudier des choses concrètes au lieu de rêver stupidement. Ses frères, ses sœurs, ses parents… Eux, ils préféraient l’abstrait au scientifique, les actions aux réflexions. Sa famille se fichait plus ou moins de l’éducation. Ouais, bien sûr, il fallait avoir de bonnes notes, mais l’excellence n’était guère obligatoire du moment qu’on obtenait les diplômes. Et, plus important encore, tout allait bien du moment qu’on faisait ce qu’on désirait faire le plus au monde. Maman était ambitieuse, elle rêvait de plus que ce que la Croatie pouvait lui offrir. Elle rêvait d’une carrière que ses parents ne comprenaient pas. Elle rêvait de choses trop concrètes, trop réelles et beaucoup trop puissantes. Alors, finalement, la mère de ma mère avait donné une occasion à maman avant qu’elle n’entre au secondaire. Elle lui avait proposé de rejoindre une de ses tantes à Wicklow – à cinquante kilomètre au sud de Dublin – pour poursuivre ses études. Maman n’avait pas hésité et elle avait été là-bas pour commencer une nouvelle vie, pour continuer ses études. Je ne saurais vous dire grand-chose sur la famille de maman. Elle n’en parlait jamais, je ne les avais jamais vus. Pas même en photo. De toute façon, je ne partageais pas vraiment grand-chose avec maman. Arrivée à Wicklow, maman avait sauté des classes. Âgée de vingt-deux ans, elle commençait un stage dans un cabinet d’avocat. Un stage qui se terminait un an plus tard par un emploi au plus bas de l’échelle – mais quelle importance, il fallait commencer en bas pour atteindre le sommet – et qui conduisait maman à Dublin.

Ma mère et mon père s’étaient rencontrés à ce moment-là et ce n’était pas une histoire aussi banale qu’on pourrait le penser – bien que je vous avoue que cela reste cliché. Non, leur rencontre n’était pas le coup d’un café renversé ou d’une bousculade comme dans tous ces teenages movies qui font ravages. Ils s’étaient rencontrés un peu à la Christian Grey et Anastasia Steele – Fifty Shades Of Grey pour ceux qui vivent dans une grotte et ne savent pas d’où ça sort. Je vous rassure tout de suite leur histoire ne fut pas du même genre érotico gnian-gnian. Non. Ma mère n’était pas une vierge prude et effarouchée. Mon père n’était pas un manique du contrôle sado-maso et dominateur. Papa était dans son bureau pour une affaire et maman avait simplement accompagnée une avocate qui se rendait à ce bureau pour s’entretenir avec lui. Durant tout l’échange, ils ne s’étaient pas lâchés du regard et étaient tombés sous le charme l’un de l’autre je suppose. Comme un coup de foudre ? Ouais, je vous avoue, ça fait romance pour Hollywood, mais bon…

Quoiqu’il en soit, je vais vous la faire en accéléré maintenant. Ils étaient allés boire un café en sortant de ce rendez-vous se fichant d’avoir dix ans d’écart ou de tout le reste. Et, les cafés étaient devenus habituels. Puis, ils avaient été remplacés par des dîners et des soirées films. Les films avaient laissés leur place à l’histoire d’amour. Ils avaient emménagé ensemble et tout se passait pour le mieux. La famille de papa était morte alors accepter cette relation n’était pas une question à leur poser. La famille de maman n’avait rien à dire sur cette union puisqu’ils ne faisaient plus partis de sa vie depuis trop longtemps. Maman eut vingt-deux ans et un poste d’avocate. Papa eut trente-deux ans et devint ministre de l’égalité et de la justice en Irlande. La suite vint naturellement et mes parents s’étaient mariés. Pas vraiment en discrétion. Les journaux avaient parlé de ce mariage parce que c’était important, parce que ça alimentait les ragots. L’histoire de papa et maman était belle, parfaite. Pendant trois ans, ils avaient mêlé vie sentimentale et vie professionnelle sans soucis. Pendant trois ans, maman nageait dans son monde d’avocate et se plaisait à jouer à sa futile célébrité. Pendant trois ans, papa tombait toujours plus amoureux et tout roulait pour lui. Pour eux. Bien sûr, il y avait quelques disputes parfois et tout n’était pas rose. Mais, leur bateau du bonheur continuait de voguer malgré les vagues qui voulaient l’écraser. 

Puis, maman tomba enceinte et papa recevait des menaces de mort à cause d’une énième décision en tant que ministre. C’était habituel, mais cette fois, les menaces avaient plus d’ampleur. La maison avait été vandalisée, la voiture avait été taguée. Et ça sentait mauvais. Ce n’était pas un bon contexte pour donner vie à un enfant même s’il n’arrivait que neuf mois après. Ce n’était pas le bon moment pour afficher un bonheur alors que la mort était à nos trousses. Et, la mort l’était encore plus parce qu’on annonça rapidement à maman que sa grossesse était à risque. On lui disait bien vite que les choses pouvaient mal tourner et qu’elle ne pourrait plus avoir d’enfant après moi. On lui avouait que je pouvais mourir… Ou, pire aux yeux de maman, qu’elle pouvait mourir. Le conte de fée chuta à l’eau pour l’histoire d’amour en tout cas. Papa et maman ne cessaient jamais de se disputer à ce moment-là. Maman voulait avorter pendant qu’elle le pouvait encore. Elle prétendait qu’ils pouvaient vivre heureux et sans enfants. Je crois que, dans le fond, elle voulait juste ne pas s’attacher encore plus à papa et qu’elle voulait profiter du confort et de la célébrité sans risquer sa vie. Papa, lui, voulait garder cet enfant. Il voulait me garder. Il voulait un héritier, il voulait le fruit de leur amour, malgré les ennuis qu’il traversait au boulot actuellement – ou peut-être justement à cause de ces ennuis. Il désirait que cet enfant vive même s’il devait l’enfermer dans une tour d’ivoire en attendant que les choses se calment. Et, là où on aurait cru que papa céderait à maman, ce fut l’inverse. Un accord ? Un échange ? Un deal ? J’ignorais vraiment comment papa avait réussi à acheter maman. Mais, voilà, je pointais le bout de mon nez en ce premier février mille neuf cent quatre-vingt quinze dans une clinique privée à Dublin. Je venais bouleverser leur quotidien. Je ne naissais sans doute pas au bon moment. 

Je poussais mes premiers cris à l’hôpital comme n’importe quel nouveau né entouré de ses parents et d’un amour sans doute trop bancal. Un amour déjà trop ébréché qui finirait par sombrer trop vite. Dans le fond, j’étais un bébé comme un autre… Ou peut-être pas tellement. Dans tout les cas, l’aventure commençait en ce jour pour moi. Ce n’était que le début. C’était là que ma vie commençait. Un conte de fée ? Non, sans doute pas. La mort était à mes trousses avant ma naissance. Le feu de l’enfer ne pouvait pas partir bien loin de moi.

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PRÉNOM/PSEUDO : Jessy.ÂGE : Vingt-sept ans.VILLE : Quelque part dans la campagne. COMMENT AS-TU CONNU GTP ? : Il me semble que c'était sur un top-site il y a pas mal de temps déjà. TON AVIS SUR GTP : Ce renouveau est magnifique. Le forum est splendide et tout plein de bonnes idées. FRÉQUENCE DE CONNEXION : Normalement tous les jours. LE MOT DE LA FIN : Je vous aime et j'ai hâte de rejouer mon bébé Edan avec vous. CODE BOTTIN

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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Mer 28 Nov - 17:57



My Story
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02. Fairytale
1995-2006 – de ma naissance à mes 11 ans – Dublin

J’avais passé quelques jours à l’hôpital comme n’importe quel bébé ou peut-être plus longtemps qu’un bébé en parfaite santé. Après tout, maman avait eu une grossesse à risque alors ils préféraient nous garder quelques jours de plus – et tant pis si maman râlait – juste pour être certains que tout allait parfaitement bien pour moi, pour elle, pour nous. Ouais, ils préféraient me faire passer d’autres examens et s’assurer de la santé de maman avant de nous laisser rejoindre la maison. C’était sans doute préférable, pour tout le monde. Maman et papa avaient longuement discuté après ma naissance – déjà pour se mettre d’accord sur mon prénom, mais surtout pour apaiser les tensions dans leur couple. Papa avait acheté une autre maison, un château un peu plus reculé à Dublin qui nous garantissait une sécurité, qui me garantissait une sécurité. Maman pourrait retravailler vite, dès qu’elle le voudrait puisque papa avait pris tous les arrangements pour cela comme elle le lui avait demandé. Les choses semblaient alors moins tendues. Tout semblait plus certain comme si un avenir pouvait réellement se tracer pour nous. Comme si nous pouvions réellement former une famille, une vraie famille unie. Comme si nous pouvions avoir notre Ohana comme dans Lilo et Stitch. Mais, l’amour entre maman et papa commençait déjà à faner. Lentement. Sûrement. Comme une fleur. Et, un jour, il faudrait bien s’en débarrasser… Un jour, il n’y aurait pas d’autres choix que de la jeter aux ordures…

Une question doit bien vous tarauder depuis que j’ai osé vous dire que mes parents avaient dû se mettre d’accord sur mon prénom. Mon nom de famille n’était pas un nom à rallonge malgré le milieu dans lequel j’allais me retrouver. Je n’héritais que de ce Miller qui me coinçait déjà comme étant le fils de quelqu’un de trop connu. Papa n’avait pas voulu que le second nom de famille de maman soit présent et elle l’avait accepté comme si cela lui permettait de couper plus de liens avec moi. Pourtant, ce fut maman qui choisi un de mes prénoms. Dès que maman avait su qu’elle allait devoir me garder, avant même de connaître le sexe de son futur enfant, elle tenait à coincer le prénom Ange quelque part et j’aurais dû n’avoir que ce prénom. Selon elle, c’était bien. Cela sonnait bien et ça restait porteur de bonnes nouvelles. Elle espérait qu’en m’offrant ce prénom, cela lui permettrait de vivre et de continuer sa vie paisible. Mais, papa n’appréciait pas vraiment l’idée surtout lorsqu’il avait appris que ce futur enfant serait un garçon. Non, pour le futur qu’il m’envisageait, pour le fils que j’étais, il voulait quelque chose d’unique sans pour autant sonner ridiculement. Alors, mes parents s’étaient mis d’accord à la clinique sur Edan (oui avec un A et pas un E) comme premier prénom. C’est d’ailleurs le seul que j’utilise face aux autres. Je laisse juste un A pour signifier que j’ai un second prénom sur des feuilles, par écrit et je ne développe pas. Aux autres de chercher s’ils veulent.

En parfaite santé, dans un semblant de famille, dans un univers, je commençais alors ma vie. Elle ressemblait presque trop à un conte de fée. Vous savez toutes ces jolies histoires que l’on conte avant de dormir. J’avais cette enfance trop protégée, trop choyée et sans doute, aussi, trop dénuée d’amour. J’avais cette enfance dorée derrière les portes de ma maison, de notre château. Je n’avais pas le droit de franchir les portes de la demeure, pas le droit d’aller jusqu’au portail de notre maison. J’étais caché et j’étais couvert de cadeaux comme si cela pouvait racheter l’absence de mes parents, l’absence du monde extérieur. Et, comme tout gosse de riche, j’étais éduqué comme il le fallait. Exit les jeux d’enfants que vous connaissez. Exit toutes ces petites merveilles. Je n’avais le droit qu’à quelques peluches et à des jeux toujours plus éducateurs. J’étais juste enfermé dans un château, dans une tour d’ivoire et le monde semblait tourner sans moi. C’était comme si je vivais dans un monde appart et que, derrière les murs de notre château, il y avait autre chose. Quelque chose auquel je n’avais pas le droit d’accéder. J’étais un peu comme Harry Potter… Ouais, bien sûr, j’avais appris et j’avais pris conscience que maman et papa étaient célèbres et que les journaux s’interrogeaient sur moi, sur mon visage, sur ma vie. Je le savais. J’avais conscience de ma célébrité et du fait qu’on me cachait derrière les portes dorées de ma maison. Mais, j’étais tout de même cloîtré dans un autre monde, dans une petite prison pas si belle qu’on pouvait le penser.

De l’extérieur, cela doit vous sembler plutôt fabuleux peut-être, génial sans doute. De l’extérieur, vous devez vous dire que je n’étais pas à plaindre bien au contraire. Je ne manquais de rien. J’étais éduqué. Je vivais dans une grande maison avec toujours beaucoup de monde. Mais, ce n’était qu’une jolie illusion. Un conte de fée qui n’était pas si vrai. Je ne voyais pas souvent papa ou maman. Maman n’aimait pas vraiment passer du temps avec moi, je me demandais souvent si elle m’aimait. Elle était heureuse d’être en vie et elle voulait profiter de cela. Je crois qu’elle voulait juste s’éloigner de moi, de nous. Elle cherchait déjà une échappatoire à notre vie de château. Papa m’appréciait. Il venait toujours déposer un baiser sur mon front le soir. Il venait parfois me lire une histoire. Il passait parfois jouer avec moi ou me donner des leçons. C’était un amour partiel, un amour à mi-temps. Un amour qui s’était lentement effacé au fil du temps, au fil de mon évolution.

Je grandissais. Lentement. Sûrement. Maman voulait que j’aille à l’école publique, elle prétendait que ça me ferait du bien et que c’était préférable si papa voulait que je fasse quelque chose de ma vie plus tard au lieu de rester enfermé dans ma tour d’ivoire. Je ne voyais pas vraiment le monde et les seules fois où j’avais l’occasion de sortir, il y avait tellement de gardes autour de moi que je ne voyais rien réellement. Alors, même si je ne m’entendais pas vraiment avec maman, j’approuvais plus ou moins son idée. J’avais peur, mais je voulais prendre mon envol. J’étais terrifié, mais j’en avais marre de me contenter de découvrir le monde à travers des écrans ou des gens qui venaient à la maison. Je priais pour que papa accepte. Pourtant, même si les menaces de mort n’existaient plus, même s’il ne semblait plus y avoir aucun danger, papa ne voulait pas prendre le risque de m’exposer. Il disait qu’il ne voulait pas prendre le risque que quelqu’un découvre vraiment mon visage. Je ne savais pas vraiment pourquoi. Au départ, je pensais que c’était pour ma protection. Puis, petit à petit, au fil des jours, au fil des regards qui se posaient sur moi, je me disais que c’était peut-être parce que je n’étais pas assez bien.

J’avais à peine dix ans et je m’observais déjà trop souvent dans un miroir. À mon âge, papa était exposé fièrement dans les journaux. J’avais cherché. J’avais regardé. Alors, je ne comprenais pas pourquoi ce n’était pas le cas pour moi. Je ne comprenais pas pourquoi papa voulait me tenir à l’écart du monde, pourquoi il voulait me garder comme un secret honteux. Alors, petit à petit, je m’étais juste dit que c’était parce que c’était ce que j’étais : un secret honteux… Ou plutôt une personne honteuse. Après tout, même si la presse n’avait plus réellement parlé de moi après ma naissance, je savais que beaucoup voulait savoir mon identité. Je savais que dès lors que j’apparaitrais au grand jour, à visage découvert, la presse n’hésiterait pas à voler ces images. Le père de papa avait tout organisé pour que les choses se fassent sans le gêner, sans le perturber. Cependant, pour moi, papa ne faisait rien du tout. Il ne voulait pas me voir dans ces magazines. Je ne comprenais pas vraiment. Était-ce simplement pour me protéger ou avait-il honte de moi et de ce que j’étais ? Je n’en savais rien. Je n’étais qu’un gamin de dix ans qui ne pouvait découvrir le monde et qui doutait déjà trop de lui. Je n’étais qu’un gosse déjà foutu en l’air.

Je n’avais pas été à l’école publique et j’avais continué à étudier à la maison comme je le faisais toujours. J’avais des professeurs particuliers qui se succédaient. J’apprenais beaucoup plus que ce qu’un gamin de mon âge aurait dû apprendre. Au-delà des matières habituelles de l’école, j’apprenais déjà d’autres langues et je me familiarisais avec le droit. Je suivais toujours des cours de bonnes manières ou de bons comportements en société… Ce genre de choses. Comme si c’était utile, comme si un jour papa envisageait de m’emmener avec lui à toutes ces soirées de la haute. Et, lorsque j’avais du temps libre, lorsqu’on ne me courait pas après pour telles ou telles choses, je m’abandonnais à ce que j’appréciais. Je jouais de la guitare en cachette dans le grenier parce que papa ne supportait pas d’entendre l’instrument résonner. Il disait que cela ne servait à rien. Il prétendait que ça ne m’apporterait rien. Alors, je le faisais en cachette tout comme je lisais en cachette. Oh oui, maman me ramenait souvent des livres (bien souvent choisi préalablement par papa) sur le droit, sur l’enseignement et toutes ces choses qui polluaient mon cerveau. Cependant, je m’aventurais secrètement dans la bibliothèque et je me servais. Et, le soir, caché sous mes couvertures, j’ouvrais ces livres et je m’évadais dans un autre monde sans même connaître le monde actuel. C’était ma façon à moi de chambouler un peu ma vie si parfaite et si contrôlée.

Mais, les chamboulements étaient parfois extérieurs et trop réels. J’avais tout juste onze an quand le basculement le plus important se fit. J’étais juste un gamin d’onze ans un peu trop choyé, un peu trop protégé, un peu trop éduqué. J’étais simplement un gamin d’onze ans qui vivait dans un autre monde. Mais, lorsqu’un jour de cette année 2006, maman fit une grimace en découvrant la une du journal qu’elle déposait sur la table, je sus que quelque chose allait mal tourner. Alors, à l’envers, sans trop bouger pour ne pas attirer l’attention sur moi, je déchiffrais le titre : « Seán Miller devient premier ministre ». Je ne comprenais pas. Qu’est-ce que cela pouvait faire ? Qu’est-ce que cela allait changer réellement ? Je n’en savais rien. Oh, ouais, bien sûr, grâce à mon éducation, je savais que papa aurait un rôle beaucoup plus important au sein du gouvernement irlandais. Je savais qu’il aurait plus de travail et que nous serions un peu plus sur le devant de la scène – après tout, j’avais beau ne pas avoir droit d’accéder au monde extérieur, la technologie me permettait de voir que nous étions connus. Je voyais souvent maman sur les sites de certains magazines. Il y avait régulièrement le nom de papa. Et, bien sûr, j’étais parfois mentionné aussi. Mais, le fait que papa devienne premier ministre me semblait être une bonne chose. Connaissant ma mère, elle aurait dû aimer cela. Elle aurait dû aimer pouvoir avoir encore plus d’argent et encore plus d’attention. Alors, je ne comprenais rien.

Pourtant, cette première page du journal avait bouleversé nos vies. Toutes nos vies. Lorsque papa était rentré à la maison, maman et lui avaient hurlé pendant des heures. Durant des heures entières, je m’étais caché dans ma penderie replié sur moi-même. Pendant trop longtemps, je me bouchais les oreilles en espérant faire taire tout ce qu’il disait. Tout ce que maman disait. Tout ce que papa rétorquait. Tout ce qu’ils disaient sur moi alors que je n’avais sans doute rien à faire dans leur dispute. Je n’avais jamais oublié ces foutus mots. Maman avait dit que j’étais une erreur, qu’elle ne m’avait jamais voulu et qu’elle aurait préféré qu’il la laisse avorter plutôt que de l’obliger à avoir cette vie. Papa disait que j’étais là et qu’on ne pouvait rien y changer, que même si je n’étais pas comme ils pensaient, c’était bien comme ça. Et, je me sentais mal. Et, je me détestais tout comme eux semblaient le faire.

Maman avait quitté papa le jour même. J’avais onze ans. J’étais un gosse. Ma mère avait disparue sans même me regarder, sans même me dire au revoir. Papa s’était enfermé dans son bureau pour la soirée et ce fut la première fois depuis ma naissance qu’il ne vint pas embrasser mon front. Alors, je sus, à ce moment là, que nos vies étaient bouleversées. Totalement.

03. Being Rebellious
2007-2010 – de mes 12 ans à mes 15 ans – Dublin

Ce fut bien le cas. Le départ de ma mère avait totalement bouleversé notre vie, notre quotidien. Les choses avaient totalement changé à partir de ce moment-là. Mon père s’enfermait chaque jour un peu plus dans son travail déjà bien trop prenant. Je ne le voyais qu’en coup de vent, au déjeuner. Il ne venait plus me lire d’histoire ou discuter avec moi le soir. Il ne prenait plus la peine de m’interroger sur ce que j’avais appris la journée même. Il ne venait plus déposer de baiser sur mon front comme il l’avait souvent fait. Avant. Mon père avait changé et c’était comme si je n’existais plus, comme si je ne faisais plus réellement parti de sa vie. Comme si je n’étais qu’un meuble. Mes nuits étaient agitées, je ne trouvais pas le sommeil. Je ne me sentais jamais bien. Je jouais avec la nourriture mangeant trop ou pas assez. Je cherchais à attirer l’attention, mais c’était dur de le faire lorsque je me retrouvais coincé dans un château. Ce n’était pas si simple et ça ne servait à rien. Mon père s’en foutait. Ma mère était partie et elle ne désirait même plus me voir. Alors, j’avais continué ma vie. J’avais continué à subir.

Puis, un jour, papa avait décidé de me mettre au collège public. Comme ça, d’un seul coup. Il était rentré un soir et il m’avait balancé qu’à partir du lendemain j’irais dans un collège public. Il m’avait dit que je devais éviter de trop me faire repérer, mais il savait déjà que mon visage serait étalé partout et que les gens sauraient qui j’étais simplement à cause de mon nom de famille. Quand j’avais osé lui demander pourquoi il me mettait au collège maintenant, pourquoi il ne l’avait pas fait quand ma mère l’avait suggéré, pourquoi il avait laissé tout partir en vrille pour au final prendre cette décision, il se contentait de me dire d’aller me faire voir… En bien plus poli bien sûr, mais c’était ce que ça voulait dire. J’avais passé la soirée à tenter de comprendre, à tenter de trouver un indice sur le pourquoi de cette situation. Mais, rien ne me venait. Rien ne m’apparaissait. Je ne comprenais pas. Peut-être que ce n’était qu’un moyen de m’éloigner encore plus et de se débarrasser de moi… Ouais, peut-être que j’aurais dû le voir. Mais, tout ce que je voulais, c’était que mon père me voit à nouveau et j’étais prêt à tout pour ça.

J’avais du mal à me faire des amis au collège. Au départ, les gens venaient me voir parce que j’étais le petit nouveau et parce qu’ils aimaient sans doute avoir une nouvelle tête dans leur collège. Je n’avais lancé que mon premier prénom comme si je savais déjà que mon second prénom était mon secret, comme si je voulais qu’il reste mon secret. Dans la cour, les gens m’avaient accepté. Je parlais avec eux, ils me parlaient. Je découvrais le monde et je tentais d’éviter de me faire remarquer. Je prétendais connaître tout ce dont ils me parlaient alors que, pour la majorité, j’avais simplement vu des photos sur le net. Mais, le cauchemar n’était jamais loin de la réalité. Et, rapidement, ils avaient appris qui j’étais. Ils avaient rapidement compris que j’étais le fils du premier ministre et je les voyais jacasser entre eux. Je voyais tous les regards changer. Je voyais qu’ils ne voulaient faire parti de mon cercle uniquement par intérêt. Alors, au lieu de me diriger vers eux, au lieu d’accepter la société, je m’étais juste renfermé sur moi et je n’avais plus adressé la parole à qui que ce soit. Je bossais en classe, je répondais correctement au professeur et j’évitais les autres autour de moi. Là où j’aurais pu profiter de ma place et devenir un de ces populaires, je me renfermais dans ma bulle et je longeais les casiers. Je devenais juste le reclus. Et, les gens commençaient à se moquer. Et, je ne m’appréciais plus autant. Je m’étais même mis à tenir un journal intime.

Le collège était devenu mon enfer. Je passais des heures dans un endroit où les autres jouissaient de mon mal-être. Chaque jour lorsque la voiture descendait devant le collège, mon cœur battait trop fort et mon ventre se tordait. J’avais pris l’habitude d’avoir cette nausée et cette peur absolue. J’avais pris l’habitude d’aspirer un courage illusoire tout en sachant que je serais plus misérable à la fin de la journée. Chaque pas me coûtait trop cher. Chaque souffle était une douleur. Chaque regard sur moi me brûlait. J’étais celui dont on se moquait : trop dans les études, trop intello, trop fils à papa, trop bizarre, trop maigre, trop silencieux, trop différent, trop moche… J’entendais toujours leurs rires dans mon dos. J’entendais tout le temps leurs remarques. Ils n’étaient jamais discrets et ils n’en avaient rien à faire. Je me rendais compte que j’aurais aimé disparaître. Je me rendais compte que je préférais les cours à la maison, dans ma tour d’ivoire. Et, quand j’en avais parlé à mon père, il m’avait simplement dit non. Il m’avait juste changé de collège. Comme ça. Du jour au lendemain. Après deux ans d’enfer dans un collège, je me retrouvais ailleurs.

J’avais quatorze ans et le même manège recommençait dans un autre collège. La même situation. J’étais d’abord l’inconnu très joyeux qu’on appréciait pour ses blagues, pour sa maladresse. Mais, dès qu’on savait réellement qui j’étais, les gens ne me voulaient que par intérêt. Alors, je me renfermais et je subissais l’horreur. Je subissais en silence et en mode invisible au maximum. La presse n’avait rien à se mettre sous la dent. Je me sentais mourir. J’étais toujours plus effacé face à mon père.

Puis, j’avais vu cette bande de mecs plus âgés, plus à l’écart. Je ne saurais vous dire comment les choses s’étaient faites exactement. Mais, je m’étais lié d’amitié avec une bande de rebelle. Et, j’aimais beaucoup trop ça. Ils étaient trois et je les aimais bien. Ils ne cherchaient pas à m’avoir dans leurs faveurs, ils se fichaient de savoir que j’étais le fils du premier ministre. J’étais juste comme eux. J’étais juste l’un d’entre eux. Je me sentais exister. Je me sentais être quelqu’un. Et, je me sentais changer. Je sortais de ma coquille. J’acceptais de faire des soirées pour mon père parfois… Il avait toujours besoin de personnes pour animer les soirées de charité qu’il se plaisait à organiser. Et, avec ma bouille d’angelot détruit, les gens se laissaient trop vite berner. J’étais doué et mon père me voyait. Alors, je continuais de suivre cette bande. Je continuais de vivre cette vie de collégien. Et, j’étais bien.

J’allais dans les fêtes. Je me mettais à coucher avec des filles sans réellement apprécier cela. Je me mettais à fumer des joints et à prendre de la drogue. Je me mettais à me battre. Je volais. Je m’amusais à provoquer des gens. Je m’amusais à exciter les gens qui venaient voir mon père. Je faisais tout et n’importe quoi. Je faisais toutes sortes de choses illégales et pas net. Et, c’était le pied. On pouvait penser qu’à quatorze ans, je n’étais encore qu’un gamin. Mais, j’avais grandis trop vite auprès de ces mecs. Je m’étais adapté à eux. Je m’étais mis à leur niveau. Et, franchement, après des années de vie de château, je ne savais pas réellement où étaient les limites. Je m’en fichais même. Au début, j’étais plus ou moins discret avec toutes ces histoires. Je faisais toutes ces choses, je ne cherchais pas réellement à le cacher, mais je faisais attention. Puis, les choses avaient pris plus d’ampleur. Je voulais plus. Je voulais exister. Je voulais prouver à la terre entière que j’étais quelqu’un et que je n’étais pas qu’un secret honteux, qu’une personne honteuse. Tant pis pour les mauvaises images. Je voulais juste avoir un peu de reconnaissance… Et, si je pouvais le faire en faisant ce que j’aimais, c’était mieux. Alors la presse à scandale s’en était donnée à cœur joie.

« Le fils du premier ministre trop bourré – photos scandales en page 10 », « Edan Miller, le fils du premier ministre divorcé de l’avocate Natasa, se fait percer les oreilles. Sexy ou vrai flop ? », « Edan Miller n’est qu’un égoïste qui couche avec les filles et les jette selon l’une de ses conquêtes », « Edan Miller en garde à vue après un vol et des bagarres à répétition », « Le fils du premier ministre continue sa descente et c’est la drogue le nouveau pactole », « Edan Miller, trop de sombres secrets, partisan d’un groupe de rebelle dans Dublin – toute l’histoire en page 3 »…

Mes frasques en tout genre s’étalaient à la une des journaux à scandales. Bien sûr, parfois, il arrivait qu’on parle de moi en bien pour balancer que j’avais animé correctement une soirée de charité ou pour dire que j’avais enchanté les gens avec mon humour, ma guitare et ma bonne humeur. Mais, c’était plus souvent cette image de mauvais garçon qui ressortait. C’était plus souvent mes frasques à la une des journaux que mes bonnes actions. Papa s’en foutait. Il s’efforçait de ne pas trop prêter d’attention à tout et, dès lors que les gens le questionnaient, il se contentait de leur dire que c’était des conneries. Ouais, il savait que ce n’était pas des conneries, que tout ça c’était bien vrai. Il savait que la moindre frasque était réelle et je me bouffais à chaque fois de jolis serments. Mais, je m’en foutais et papa laissait couler. À chaque fois parce que ça faisait parler de moi, ça faisait parler de lui. Et, de la publicité était toujours bonne à prendre même quand elle était mauvaise.

J’avais quinze ans et j’étais un gosse à problème. J’avais quinze ans et je cherchais beaucoup trop les ennuis. J’avais quinze ans, les oreilles percés et les cheveux colorés. Oh oui, je m’étais fait colorer mes cheveux en blond. J’en avais marre de ressembler à mon père. J’en avais marre de le voir quand je me regardais dans un miroir. Alors, mes cheveux étaient devenus blonds et j’étais tombé amoureux de cette couleur si bien que je l’avais adoptée pour toujours. Ça allait bien avec mes yeux, ça allait bien avec mon visage d’ange et avec mes nouvelles dents bien droites. J’avais quinze ans et je me rendais compte que les hommes m’intéressaient beaucoup plus que les filles. Les courbes féminines n’étaient pas pour moi. J’avais plutôt envie de découvrir les torses plats et durs des hommes. Alors, vu que j’étais trop souvent privé de sortie, je commençais à chercher les ennuis à la maison. Je commençais à draguer les hommes qui venaient chez nous. Un homme qui venait chez nous et qui était devenu mon baby-sitter personnel.

04. Dangerous love
2011 – J’ai 16 ans – Dublin

Il s’appelait Charlie. Il me déposait et venait me récupérer au collège-lycée. Il me conduisait là où je devais aller. Il me gardait à la maison quand je devais y rester et que mon père n’était pas encore rentré. Je ne connaissais pas grand-chose de cet homme au départ. Mon père l’avait simplement fait entrer dans ma vie comme ça, un jour après une énième arrestation. J’étais rentré à la maison et je les avais trouvé tous les deux dans le salon. Mon père m’avait invité à les rejoindre et je n’avais pas hésité longuement parce que je savais qu’il valait mieux obéir que se rebeller. Je savais quand je devais me taire et quand je pouvais m’amuser. Là, c’était mieux que je me la ferme et que je m’assoie comme il me le demandait. Alors, je l’avais fait et j’avais attendu. Mon père m’avait parlé pendant des heures de Charlie, de qui il était, de ce qu’il allait faire… Mais, je n’avais rien écouté. Non, j’étais trop occupé à m’amuser avec cet homme. J’avais sorti une sucette de ma poche – miracle, papa n’avait rien dit – et je m’étais amusé à la lécher exagérément en fixant ce baby-sitter personnel. Et, je m’étais amusé parce que je voulais juste pousser cet homme à se barrer.

Mais, il ne l’avait pas fait. Charlie était resté là. Une semaine puis deux puis trois… Un mois, deux mois… Au fil du temps, il me taquinait tout autant que je le taquinais. Ça ne restait qu’un jeu entre nous. Un jeu sans doute trop dangereux, mais quelle importance franchement ? Je n’étais pas insensible à son charme. Il n’était pas insensible au mien. Et, si mon père pensait que cela pourrait me calmer, il avait raison en un certain sens. Depuis l’arrivée de Charlie dans ma vie, j’avais cessé mes conneries et je ne jouais plus qu’avec lui. Avec cet homme de trente-neuf ans. Je me fichais complètement de son âge. Je me fichais de draguer un homme aussi vieux. Je me foutais des répercussions qu’il pourrait y avoir. Je me foutais de tout parce qu’il était toujours là. Il me répondait toujours. Il jouait toujours avec moi. Il s’occupait toujours de moi. J’avais l’impression d’exister sans avoir besoin de faire le mariole. J’avais l’impression d’être quelqu’un pour une autre personne. C’était comme si je pouvais vivre… Revivre. J’étais juste bien avec lui. Tout était bien…

Enfin… Jusqu’à ce que je tombe irrémédiablement amoureux de lui. C’est hyper cliché maintenant.

J’étais tombé amoureux de cet homme trop vieux sans doute. Mais, je n’y pouvais rien. Alors, lentement, j’avais recommencé mes conneries et je m’étais éloigné de lui. Je ne l’écoutais plus, j’essayais toujours d’échapper à sa surveillance. Mon père n’aimait pas ça. Il voyait bien que je redevenais hors de contrôle et il hésitait même à remplacer Charlie. Je crois que ce fut ça qui fit réagir mon baby-sitter. Ouais. Il était là un soir quand je sortais de cours et il m’avait obligé à le suivre. Je me souvenais de tout dans les moindres détails. La façon qu’il avait de me regarder comme pour essayer de lire en moi, la façon dont il prononçait mon prénom, mon second prénom qu’il était le seul à avoir droit d’utiliser sans que je n’hurle au scandale. Je me souvenais de notre violente dispute qui s’était terminée à la maison. Je me souvenais quand je m’étais retrouvé bloqué contre le mur et que tout le corps de Charlie s’appuyait contre le mien. Je me souvenais des baisers passionnés. Je me souvenais des moindres caresses, des moindres mordillements. Tout était ancré en moi jusqu’à la moelle parce que, quand il m’avait fait l’amour, j’avais l’impression d’être réellement quelqu’un. Et, je m’étais accroché à lui le suppliant de ne pas partir, de ne pas m’abandonner. Et, il me l’avait promis. Il était resté.

Les longs mois qui suivirent furent les plus beaux de toute ma vie sans doute. Charlie et moi étions un couple… Ou quelque chose qui s’en rapprochait en tout cas. Mon père était souvent absent alors Charlie restait à la maison les soirs, les nuits. Il me traitait toujours avec tant de respect comme si j’étais une figurine en porcelaine qu’on pouvait briser. Il prenait soin de moins. Il m’embrassait toujours avec tendresse. Il me murmurait chaque jour des mots d’amour. Il me faisait l’amour comme si j’étais le seul. Il s’occupait de moi comme si j’étais sa pierre précieuse et j’aimais ça. J’aimais la façon dont il m’appelait mon ange jouant avec mon prénom de cette façon. J’aimais la façon dont il prenait soin de moi et cela même si ça me faisait sentir comme un gosse parfois. J’aimais sa possessivité lorsqu’il me me faisait sien avec brutalité dès lors que j’osais draguer d’autres hommes ou m’approcher trop près de certains. J’aimais tout. Je me fichais de devoir me cacher, je me fichais de tout parce que j’étais bien. Mais, je n’étais qu’un adolescent et le cauchemar n’était jamais loin.

Je n’avais pas pu me retenir de l’embrasser un soir à la sortie des cours. Nous étions dans la voiture et je ne pensais pas que quoique ce soit demeure visible. Je ne pensais pas qu’on pourrait nous voir. Je n’imaginais pas que les journalistes en avaient encore après moi. Charlie non plus sans doute parce qu’il me fit l’amour tendrement à l’arrière de sa voiture. Et, c’était le paradis avant le feu brûlant de l’enfer.

« SCANDALE !!! Edan Miller, fils du premier ministre irlandais, entretient une aventure avec un homme plus âgé et c’est loin de rester platonique. Venez découvrir l’article et les photos sulfureuses en page 4. »

La nouvelle était tombée le lendemain. Dans les journaux, dans les magazines, sur le net, à la télévision… Mon père était rentré plus tôt de son voyage d’affaire et il avait renvoyé Charlie sur le champ. Je n’avais même pas eu le temps de lui dire au revoir ou de savoir comment réagir. Mon père avait simplement pété un câble à ce moment-là et j’appris bien plus tard qu’il avait fait en sorte que Charlie ne puisse plus remettre les pieds à Dublin ou proche de moi. En rentrant, mon père nous avait trouvé au lit alors il n’avait même pas cherché à savoir si c’était la vérité ou si j’avais été forcé dans cette histoire. De toute façon, je n’aurais jamais cherché à faire croire que je l’avais été ou que ce n’était pas vrai. Et, l’horreur avait commencé. Je me souvenais de son discours dans les moindres détails. Les moindres mots qui me heurtaient au plus profond des entrailles. Je n’étais qu’une erreur, une honte, une mocheté… Je ne méritais pas cette vie… Il aurait mieux fait de laisser ma mère avorter comme elle le voulait… Je n’aurais jamais dû exister… Je n’avais pas ma place aux côtés de mon père, à un rang aussi haut.

Et le verdict était tombé. Il m’envoyait en Angleterre. Il m’envoyait à Cambridge. Chez ma mère qui me haïssait tant. Il me verserait toujours de l’argent chaque mois, mais il ne voulait plus avoir à faire à moi parce que, pour lui, j’étais juste mort à présent.

Mon cœur se déchira ce jour-là. Je perdais Charlie. Je perdais mon père. Je perdais ma vie.
Je me brisais déjà et la vie continuerait de m’achever après. Le conte de fée hein ? Bah ce n’en est plus un.

05. Start again
2012 – J’ai 17 ans – Cambridge

L’adaptation avait été difficile. Dès l’après-midi, j’avais dû faire ma valise et mon père avait fait venir un jet privé pour que je sois au plus vite loin de lui, loin de sa vie. Je m’étais trop vite retrouvé cloîtré dans un avion sans père et sans avenir concret. Je ne savais plus quoi faire. Mes mains ne faisaient que trembler alors que j’attendais le décollage. J’avais tenté de joindre Charlie et il avait décroché une fois pour me dire de l’oublier, que c’était fini et qu’il ne fallait pas gâcher encore plus les choses… Dans mes oreilles, ça avait sonné comme s’il me demandait d’arrêter de gâcher sa vie. Alors, j’avais tout effacé… Son numéro et nos photos. Ses messages et nos souvenirs écrits. Mais, tout ce qu’il y avait dans ma tête existait encore. Et, ça me détruisait toujours. J’avais passé le vol à pleurer avant de m’endormir d’épuisement.

Quand j’étais arrivé à Cambridge, personne n’était là à m’attendre. Personne n’était là pour venir me chercher. Personne. J’étais tout seul réellement pour la première fois de ma vie. À Dublin, mon père faisait toujours tout pour je sois entouré, pour que je ne sois pas perdu – sauf au collège, là je m’étais débrouillé seul. Mais, là, je me retrouvais dans un pays inconnu et personne n’était là. Je me souvenais avoir été m’enfermer dans les toilettes de l’aéroport et y être resté trop longtemps… Si longtemps que ma mère avait fini par m’appeler pour m’engueuler parce que je n’étais toujours pas à l’adresse qu’elle m’avait envoyé. Cela faisait six ans qu’elle ne m’avait pas vu. Six ans qu’elle ne m’avait pas parlé et c’était tout ce qu’elle faisait. J’avais retiré mes boucles d’oreille, j’avais poussé ma capuche sur ma tête et j’avais quitté l’aéroport. Seul et blessé. Loup solitaire bien malgré moi.

J’étais arrivé trempé et déprimé à l’adresse que m’avait indiqué Natasa. Ma mère m’avait accueillit avec une grimace de dégoût me disant rapidement que je ferais mieux de me dégoter un appartement au plus vite, dès que j’aurais fini le lycée. Elle me laissait séjourner chez elle provisoirement parce qu’elle pouvait bien faire ça pour le bébé qui avait gâché une partie de sa vie. Mais, c’était tout et elle me le faisait bien comprendre. Ma mère avait refait sa vie ici à Cambridge. Elle avait quarante et un ans et un mari avec qui elle semblait beaucoup plus heureuse qu’avec mon père. Pour le peu que je voyais en tout cas. Ma mère m’avait inscrit dans un lycée pas loin de la maison parce que je devais me débrouiller à prendre le bus ou à y aller à pied. Elle n’avait pas que ça à faire. Les matins, je devais préparer mon petit déjeuner tout seul. Je devais me débrouiller pour manger le midi. Et, les soirs, ma mère me demandait de manger avant ou après elle et son mari parce qu’elle ne voulait pas que je sois dans leurs pattes. Je me sentais mal à l’aise chez elle. Elle me faisait toujours sentir comme quelqu’un d’indésirable.

Et, même au lycée, je me sentais indésirable. Les gens me regardaient de travers et ils rigolaient souvent. Je me doutais qu’ils avaient dû entendre parler de mon histoire et qu’à présent qu’ils me voyaient ici, dénués de tout, c’était tellement plus drôle pour eux. Je ne ripostais jamais. Je m’enfermais dans ma bulle. Je m’enfermais dans mon silence. Je m’enfermais dans mon enfer. J’avais essayé de survivre et de devenir inaperçu. Mon nom restait connu ici, mais plus le temps passé et plus mon identité de fils du premier ministre irlandais semblait s’effacer.

Alors, je m’étais finalement fait des amis au lycée. Je m’étais finalement intégré auprès d’eux malgré mes cheveux décolorés et mon physique pas très avantageux, malgré ma peur. Je m’étais fait une bande de potes et je pensais que tout allait bien. Je m’étais entouré des mauvaises personnes sans même le savoir et la chute me le rappellerait violemment.

06. Way to hell
2013-2014 – 18 ans et 19 ans – Cambridge

J'étais dans ma chambre, assis sur mon lit pendant que ma mère et son mari regardaient une émission débile à la télévision. J’entendais le son jusqu’ici, mais je ne disais rien. J’avais retrouvé un semblant de vie. Les gens commençaient à en avoir marre de rire sur moi et j’avais une bande d’amis. Je souriais à nouveau, je rigolais même et je redevenais Edan. Ici, personne ne savait que je m’appelais aussi Ange… Je n’avais pas été assez idiot pour le dire. Mais, ce soir, les choses allaient à nouveau me descendre.

Mon ordinateur trônait devant moi et ma conscience demeurait en plein débat intérieur. Je venais de rentrer du lycée après une autre journée entre les murs de ce temple du savoir. C'était simplement une énième journée un peu trop banale. J'étais allé en cours, j'avais écouté tout en discutant de temps à autre avec mes potes, nous avions bien rigolé à la pause déjeuner en abordant les dernières soirées des autres et la même chose avait perduré toute l'après-midi. Ma journée semblait ordinaire. Elle ressemblait à celle de n'importe quel lycéen jusqu'à ce que John débarque devant moi. Il était venu me demander de lui rendre un service et j'avais accepté sans même chercher à réfléchir. Après tout, ce n'était guère compliqué et ça ne me prendrait que cinq minutes, montre en main. Il m'avait filé son mot de passe pour sa boîte mail et je devais simplement envoyer un dossier à un professeur avant le moment fatidique. Ouais, bien sûr, John s'y prenait toujours à la dernière minute. Il avait oublié de le faire et ne pourrait pas le faire avant la date limite (qui sonnait dans quelques heures) puisqu'il partait en soirée. Alors, j'avais accepté et je me retrouvais maintenant devant mon ordinateur.

John Hudson. Il était celui que je considérais comme mon meilleur ami à Cambridge. Il était le mec dont j'étais le plus proche. Je le connaissais depuis mon arrivée, ses parents connaissaient ma mère, nous étions voisins et il n'était pas rare de me retrouver chez lui. John était celui envers qui je n'avais pas le moindre secret et celui avec qui j’avais des projets jusqu'après la fac. Il avait été au courant de ma première fois avec une fille, du fait que j’avais porté une boucle d’oreille… Il avait été celui avec qui j’avais partagé toute mon histoire en Irlande, toute mon histoire avec Charlie… Il avait été mon meilleur ami et j’osais penser que c’était réciproque. Mais, on ne restait pas gamin toute une vie. On ne restait pas un enfant dans une bulle protégée et toute rose. Le monde venait s'échouer contre notre bulle et la protection finissait par céder. Elle volait en éclat. Et,  John s'était éloigné. J'avais l'impression de le voir tracer sa route sans moi et je ne pouvais rien faire pour le retenir. Je n'osais même pas formuler mes pensées à haute voix devant lui, je ne voulais pas passer pour un abruti je pense. Alors, je subissais en silence et je me doutais qu'il renfermait des secrets. Et, j'étais loin d'avoir tort.

J'avais sa messagerie sous les yeux. J'étais trop curieux. Les messages étaient tous en vrac et il y avait un truc. Un dossier sans nom qui semblait plein et qui semblait être le seul rangé. Ma conscience vacillait. Cliquer ou ne pas cliquer. Et, finalement, je craquais. Je voulais découvrir ce qu'il me cachait. Je voulais trouver comment l'avoir de nouveau dans ma vie. Plus de deux cent mails se tenaient sous mes yeux. Deux cent mails au sein desquels mon prénom se tenait souvent en tant qu'objet. Je descendais jusqu'au tout premier. Je ne réfléchissais même plus. J'ouvrais et je commençais ma lecture.

Je n'étais pas descendu manger. J'étais resté dans ma chambre, fermé et captivé par les mots que je lisais. Les messages défilaient les uns après les autres. Les mots défilaient sous mes yeux et je ne me sentais même pas coupable de lire tout cela. Pas après tout ce que je découvrais. Pas après toutes ces choses. J'arrivais au dernier mail qui datait d'hier. Je le lisais, je quittais tout et je m'allongeais sur mon lit.

Les mots tournaient en boucle dans ma tête. Je n'avais même pas conscience des larmes qui ravageaient mes joues. Les phrases tournaient en boucle dans ma tête. Ces critiques, ces moqueries, tous ces petits secrets qui n'avaient jamais été des secrets parce que toute notre bande les connaissait. Quoique, maintenant, je n'avais même plus envie de dire notre bande. Ce n'était plus la mienne... D'ailleurs, y avais-je seulement fait partie une seule fois ? Mon cœur se tordait. Ma tête me heurtait. Les mots jouaient encore dans ma tête. J'avais découvert la vérité et elle me heurtait. Rapidement, je finissais par m'échouer dans ma salle de bain et je vomissais mes tripes. Je vomissais l'horreur. Je vomissais ma peur. Je vomissais mon cauchemar. Mais, ça ne changeait rien. J'étais toujours aussi mal. J'étais toujours si différent.

J'avais pris mes distances dès le lendemain matin. Je m'étais installé tout au fond de la salle alors que j'avais l'habitude d'attendre les autres devant et de les suivre quelque soit la place. Parfois c'était devant, d'autre fois c'était derrière. J'avais croisé les bras sur ma table et j'y avais enfoui ma tête. Je n'avais pas dormi de la nuit et j'étais mort de trouille à l'idée de ce qui allait se passer maintenant. Je ne savais pas comment John allait réagir. Comment les autres allaient réagir. Je ne savais même pas ce que moi je devais faire. Devais-je les saluer et agir comme si de rien n'était ? Devais-je tenter de régler le problème et leur faire savoir que j'étais au courant de tout ? Ou devais-je simplement les ignorer ? C'était ça que j'avais choisi. C'était ça que j'avais décidé. C'était plus simple pour moi. Cela me semblait même beaucoup moins dangereux. Je ne risquais rien à rester seul dans mon coin. John me connaissait. Cela m'arrivait quelques fois. Quand je dormais mal surtout. C'était arrivé une dizaine de fois depuis mon arrivée. Je passais une journée seul et tout allait mieux le lendemain. Ils le savaient et ce fut sans doute pourquoi ils me laissèrent tranquille. Mais, en sortant de cours, mes yeux s'étaient posés sur John et j'étais quasiment sûr qu'il pouvait toujours lire en moi comme dans un livre ouvert.

Je ne m'étais pas trompé. Il avait compris. Le message était passé sans même que je ne l'ai réellement cherché. Dans le fond, je me disais que cela réglerait tout et que les choses allaient simplement redevenir comme avant. Je me disais qu'il reviendrait vers moi et que tout irait pour le mieux à présent. Je n'étais qu'un idiot gamin. Je n'aurais pas dû espérer. Je n'aurais pas dû prendre mes distances. Les choses avaient changé à partir de cet instant. Les gens parlaient à haute voix sur mon passage. Ils ne se gênaient plus à se cacher. Ils ne cherchaient plus à faire semblant de m'apprécier. Je traversais la cour et les mots fusaient. Les insultes sur ma sexualité, sur mon histoire avec Charlie, les insultes sur le fait que je me contentais de suivre John comme un chien. Les insultes sur mon apparence, sur qui j’étais. Les critiques fusaient et je subissais. C'était la pire journée de ma vie et elle s'était terminée de la pire des manières. John était venu me trouver à la fin des cours. Il m'avait dit que je n'avais aucun droit de fouiller sa vie privée, que j'étais un psychopathe ou quelque chose du même genre. Je ne me souvenais plus. J'étais en pleurs, j'étais à l'ouest. La seule chose que je me rappelais clairement était son poing qui s'abattait sur moi. Moi qui tombais au sol alors qu'il prononçait quelques mots.

- Tu me dégoûtes minable trésor... Je suis répugné rien que de penser au fait que tu ais cru que j’étais ami avec quelqu’un comme toi… Tu avais tout pour toi sur un plateau d’argent bébé et tu as tout foutu en l’air parce que tu es pitoyable… Tu es une erreur de la nature chéri. Tu sais, hormis ton Charlie, personne ne te voudra. Personne ne voudra d'une horreur comme toi. Personne ne pourra jamais te désirer.

Il s'était barré. Les mots m'avaient marqués. J'étais rentré en pleurs. J'étais rentré avec une blessure et je n’avais même pas eu à me justifier sur mon état. Ma mère m’avait regardé un rictus aux lèvres comme si elle se doutait que tout finirais ainsi.

Mes mois avaient défilé. J'étais devenu le paria. Toujours jugé et regardé de travers. Toujours insulté et repoussé. Les bousculades étaient devenues mon quotidien autant que les mots qui détruisaient mon être et qui s'infiltraient dans ma tête, dans mes veines. Ces mots qui, petit à petit, devaient la seule vérité à laquelle je croyais. Des mots qui se comparaient à un poison me détruisant. Lentement. Sûrement. Je comptais les heures qui me restaient à passer en cours, au fond de la salle avec les yeux rivés sur ma feuille tout en oubliant les objets qu'on me lançait et les interpellations qu'on me jetait au visage. J'étais devenu leur marionnette et je commençais déjà à me faire du mal. Je commençais à cacher les miroirs, à éviter toute surface sur laquelle je pouvais croiser mon reflet. J'étais devenu ce qu'ils voulaient. J'étais déjà détruit et ils avaient gagné.

07. And now ?
2015 – J’ai 20 ans – Cambridge

Pendant des mois, je m’étais contenté de me laisser crouler sous la douleur et la peine en silence. Tout me rongeait. Les gens au lycée ne me faisaient pas réellement du mal physiquement. Il y avait quelques bousculades et j'avais quelques bleus sur la peau, mais ce n'était pas grave. Ce n'était ni visible, ni choquant. En revanche, leurs mots étaient des lames acéré qui me lacéraient la peau quotidiennement. Leurs mots se plantaient dans ma chair et ils l'arrachaient sans réfléchir. Le sang coulait et ils s'en foutaient. Ils rigolaient. Ils continuaient. Je crevais. Je les croyais. Les miroirs étaient devenus ma hantise, je les fuyais. J'évitais de me regarder. Je ne faisais même plus attention aux vêtements que j'enfilais le matin du moment qu'ils couvraient mes jambes et mes bras mutilés, tout allait bien.

Le lycée s’était terminé. L’horreur avait prit le dessus dans ma vie. Je quittais la maison de ma mère pour m’installer dans un petit appartement pas trop cher parce que je ne voulais plus de toute cette richesse. Je ne voulais plus être comme le fils du premier ministre très riche. Non, je voulais juste être Edan Ange… Sans nom de famille pompeux derrière.

J’entamais ma première année à l’université de Cambridge, en littérature. Je n’utilisais qu’Edan Miller comme nom là-bas. Je l’utilisais rarement, j’évitais toujours les autres. Je me trouvais un petit job d’hôte de téléphone rose en même temps. Un petit job dans lequel j’utilisais mon second prénom. Un petit job dans lequel je me retrouvais toujours. J’avais changé. J’étais différent. Et, on m’avait rapidement diagnostiqué ce qui n’allait pas… Ce qui n’allait plus… Ce qui, peut-être, n’avait jamais été bien.

Je souffrais de dysmorphophobie, un trouble de l’image de soi. Je pense que c’est important de le signaler là tout de suite. Maintenant. À cause des mots des autres, j’avais fini par me regarder plus souvent dans le miroir et la maladie avait commencé à apparaître. Mon image me troublait, me dégoûtait. Je cherchais tout le temps à cacher mon corps avec  des vêtements trop grands. Je masquais mon visage avec des lunettes noires et des casquettes. Je paniquais à l’idée de croiser mon reflet si bien que les miroirs étaient tous masqués chez moi par des draps. Tout le temps. J’évitais également toutes les surfaces dans lesquels mon reflet pouvait apparaître. Ma dysmorphophobie m’entrainait sans doute à toujours plus me renfermer et à fuir les liens avec les autres. Je cherchais toujours les coins les plus sombres, les plus à l’écart comme si je cherchais à me fondre dans le mur. Et, ça ne s’arrêtait pas là. Il m’était arrivé parfois de penser au suicide et d’aller me poser sur des toits, sur des ponts. Il m’était trop souvent arrivé de vouloir sauter. Alors, j’avais des antidépresseurs, je voyais un psychologue (enfin voir est un grand mot puisque nos séances se faisaient par téléphone). Et, c’était les ennuis. Je ne pensais pas que ma dysmorphophobie disparaitrait un jour – et encore moins par miracle. Alors, j’apprenais à vivre avec et j’étais devenu celui que j’étais à cause de ça. Ce fut d’ailleurs à cause de ma maladie que je m’étais tourné vers des études de littérature. Je préférais m’enfermer dans une histoire plutôt que de tenter d’affronter ma vie merdique. Je préférais lire le destin de ces personnages illusoires au lieu de subir le mien. L’idée de ces études m’était venue tout naturellement. C’était comme si c’était écrit. Comme si je ne pouvais pas faire autre chose. De toute façon, je n’en avais même pas envie. Il était vrai que la psychologie m’intéressait grandement avant. Cependant, avec ma maladie, je ne pouvais pas me permettre d’étudier cela parce que j’étais tout simplement incapable d’aider les autres. Oh, j’avais également de bonnes connaissances en droit grâce à mon père et j’aurais pu me lancer sur cette voie-là… Cependant, encore une fois, cela ne pouvait guère marcher étant donné mon état. Alors, ouais, la littérature demeurait ma voie. Me cacher derrière des livres demeurait mon repère. Me fondre dans ces décors restait mon paradis.

Depuis mon histoire avec Charlie, depuis mon arrivée à Cambridge, j’avais eu quelques aventures avec des hommes… Parfois sérieuses, parfois non. Mais, j’avais encore cette impression que ce n’était jamais assez. J’avais toujours cette préférence pour les hommes plus âgés que moi. Peut-être que, d’un côté, c’était encore un effet de ma dysmorphophobie. Je me sentais souvent comme un gamin, comme un enfant dont on devait prendre soin. Et, je savais que les hommes âgés s’occupaient mieux que moi. Je savais que je me sentais en sécurité comme ça. Peut-être était-ce uniquement parce que j’avais connu une seule véritable relation sérieuse avec un homme beaucoup plus âgé que moi. Ouais, peut-être que c’était la raison de ma préférence : mon ignorance. En vérité, je crois que je suis surtout un grand enfant et que j’ai besoin que quelqu’un prenne le contrôle pour moi comme si j’avais besoin de me sentir soumis à quelqu’un. Dans ma tête, le lien s’était fait naturellement avec des hommes plus âgés et ouais je pensais que c’était à cause de mon ignorance réelle. Tant que nous sommes là-dedans, autant vous confier tout de suite que cela faisait un an et demi que je n’avais pas couché avec quelqu’un. Un an et demi que personne n’avait touché ma peau, que personne ne m’avait embrassé. Un an et demi que je ne m’étais jamais retrouvé dans un lit avec quelqu’un d’autre. Je passais mon temps seul dans mon lit trop grand et trop froid. Cela faisait un an et demi que rien de sexuel n’était arrivé dans ma vie… Enfin, rien avec autrui directement. Bien sûr, par téléphone à cause de mon job, c’était autre chose et j’arrivais à jouer un rôle, à faire semblant, à simuler… Parce qu’après tout, depuis un an et demi, je n’osais même pas me toucher seul. Après tout, je me dégoutais encore et toujours.

C’était tout l’inverse en Irlande. Je n’hésitais pas à jouer de mon être, je n’hésitais jamais à m’amuser avec mon physique. Après tout, quand j’étais là-bas, je présentais souvent des soirées de charités et j’animais plein d’autres soirées à côté parce que j’avais ce visage de chaton trop innocent, trop curieux avec cette capacité à convaincre les autres. C’était sans doute aussi parce que j’étais le fils de quelqu’un de trop connu, un fils suffisamment éloquent et intéressant pour avoir ce rôle. J’aimais ça et je crois que ça me manque un peu… Parfois. Mais, je sais que je serais parfaitement incapable de remonter sur scène, incapable de revoir tous ces yeux braqués sur moi.

D’ailleurs, aujourd’hui, mon physique n’avait rien de bien particulier. Je n’étais certainement pas un mannequin. Je faisais un mètre soixante et onze et je crois que j’avais un poids à peu près bon pour ma taille. Je n’en savais foutrement rien en fait vu que je m’amusais à jongler avec la nourriture. Je n’avais pas de supers abdos ou je n’étais peut-être pas si bien foutu que cela. Je ne savais pas. Je pensais uniquement. J’évitais de regarder mon reflet alors je ne pourrais pas vous dire si je valais quelque chose. J’avais beau adoré les piercings et les tatouages, je n’en avais aucun. J’avais eu un temps mes oreilles percées, mais cela faisait tellement d’années que je ne portais plus rien sur celle-ci que les trous s’étaient refermés. Mes cheveux sont blonds et parfois mal colorés. J’étais brun à l’origine et je n’avais jamais cessé de colorer mes cheveux même si, parfois, je faisais moins attention laissant alors apparaître mes racines. Le seul avantage de mon physique demeure peut-être mes yeux bleus. C’était sans doute la seule partie de moi que j’aimais bien. Et, pourtant, je les cachais trop souvent derrière mes lunettes noires.

Aujourd’hui, j’ai vingt ans. Je suis étudiant à Cambridge et je suis différent de celui que j’étais.

Je suis certain que les gens ne se rendent même pas compte de ma présence. Ils ne doivent pas savoir que je suis dans leurs cours ou que j’existe. J’ai souvent cette sensation d’être invisible pour les autres. Et, je crois que, dans le fond, ils ne font juste pas attention à moi. Je suis juste une ombre qui est là sans que les autres ne s’en préoccupent. Et, je crois que c’est mieux de cette façon là. Ouais, ça m’arrange de pouvoir rester dans les coins les plus sombres. Ça m’arrange de me noyer derrière mes vêtements trop grand et de m’enfermer dans mon univers. Ça me plait de cacher constamment et de simplement m’éloigner de tous les risques de souffrance. De toute façon, je ne suis même pas foutu d’accorder ma confiance à quelqu’un. Là où il ne faut que quelques mots ou quelques semaines aux gens normaux, moi il va me falloir des mois ou des années avant d’être absolument certains de pouvoir tout dire ou de pouvoir tout faire avec quelqu’un d’autre. J’ai toujours peur que la situation se renverse et que ce soit moi qui finisse par en souffrir. J’ai toujours peur de n’être qu’un jouet pour les autres alors je les évite. C’est moins de soucis. Puis, c’est moins douloureux. Mais, malgré ma méfiance, je ressemble souvent à un chiot innocent peut-être. Oh n’allez pas croire que ma  toile est vierge et que je ne connais rien de la vie parce que vous serez bien loin de la vérité. Cependant, j’ai fait marche arrière et j’ai coupé court à tout savoirs.

Je n’ai même plus conscience de ce que je dégage ou de ce que je peux provoquer chez les autres. En vérité, mon charme m’est inconnu et je suis beaucoup trop complexé pour penser attirer l’œil de quelqu’un. Ce n’est pas possible. Plus maintenant en tout cas. D’ailleurs, vous ne me verrez sans doute jamais sans un gros pull ou une grosse veste. Vous me verrez rarement sans un bonnet ou une casquette sur la tête. Lorsqu’il se met à faire trop chaud en cours, je préfère supporte cette chaleur que prendre le risque de faire un seul mouvement pour retirer mon pull. Je cherche à porter des vêtements bien trop larges. Je me cache constamment, je préfère baisser la tête que donner l’occasion aux autres de pouvoir réellement m’observer. Dès lors que quelqu’un me regarde trop, j’ai tendance à m’enfuir. Dès lors que l’on me parle de choses trop personnelles, je fuis. Cela me bloque encore plus dans mes relations avec les autres.  Je préfère me cacher derrière mes livres que d’affronter la vie. Je suis loin de mener une vie très saine : parfois je bois trop, souvent je mange trop, régulièrement je saute des repas, de temps en temps j’enfonce des doigts dans ma gorge pour me faire vomir.  J’ai l’impression que c’est bien comme cela, comme si je le méritais en un certain sens. Les mots ont su m’atteindre et me détruire partiellement. Alors, je m’écrase bien souvent. Je ne réponds pas toujours lorsqu’on s’adresse à moi ou je sursaute si fort que les autres se moquent et me poussent à me refermer toujours plus alors que mes joues se colorent de rouges.  Les autres ont trop de pouvoirs sur moi alors que je suis un gamin passif, trop émotif. Je crois que c’est aussi à cause de cela que je refuse de m’attacher réellement à quelqu’un ou d’offrir ma confiance.

Je sais à quel point j’ai besoin qu’on s’intéresse à moi, qu’on s’occupe de moi ou qu’on me dise simplement quoi faire. J’ai trop souvent l’air d’un gamin perdu qui a besoin d’être guidé et rassuré. Et, je ne veux pas enfermer quelqu’un dans une telle prison avec moi. Je ne veux pas me mettre à me sentir dépendant de la vie de quelqu’un d’autre. Cela m’effraie beaucoup trop. Puis, face aux adultes actuels, j’aurais juste l’air d’un enfant trop curieux et pourtant trop hésitant et timide pour oser agir ou prendre la parole alors que je l’aurais fait sans hésitation avant. Et, pour rajouter à mon enfer, je suis trop maladroit sans le faire exprès. Un stylo qui tombe au sol et roule jusqu’au bureau du professeur ne peut être que le mien. Un gamin qui s’étale de tout son long juste à l’entrée de la fac ne peut être que moi. L’étudiant qui bafouille et qui se retrouve incapable de répondre à une question à laquelle il connait la réponse, toujours moi. Un mec qui renverse son plateau ou son verre, c’est encore moi. Et, même si je fais attention, il arrive trop souvent que ma maladresse reprenne le dessus. Parfois pour des conneries, d’autres fois pour poser des questions que je n’aurais pas dû aborder.

Je suis trop souvent insatisfait de mon travail et cela me pousse à tout faire pour le rendre parfait. Je suis capable de recommencer des centaines de fois un essai simplement pour être certain que chaque mot est parfait. En recherchant cette perfection dans mon travail uniquement, je passe des heures la tête dans les livres. Je tiens cela de mon père : toujours vouloir être irréprochable dans le travail. Cela paye sans doute grâce à mes notes. Mais, cela me pousse aussi à apparaître comme un petit intello alors que je suis simplement trop déterminé à réussir et travailleur. Un petit intello pourtant beaucoup trop rêveur. Je suis souvent perdu dans mes livres, dans ces histoires d’auteurs. Je m’enferme souvent avec les personnages fictifs et il m’arrive de me sentir beaucoup plus proches d’eux que des humains que je côtoie chaque jour. Il m’arrive de me construire une vie dans cette fiction, une vie sentimentale romantique et tendre. Je passe la majorité de mes pauses à lire et à me plonger dans ces récits au lieu de simplement créer des liens avec les autres. Je reste enfermé dans ma tour d’ivoire avec mes histoires et mes rêves trop illusoires.

Aujourd’hui, j’ai vingt ans. Je suis étudiant à Cambridge et je suis hôte de téléphone rose.

Toutes inhibitions me quittent lorsque je suis caché derrière mon téléphone ou mon ordinateur. Après tout, je suis hôte de téléphone rose et c’est sans doute dans ces uniques moments que je redeviens l’Edan du passé. Avec le téléphone à mon oreille, je deviens beaucoup trop bavard au point de savoir guider les discussions et entraîner sur les bons terrains. D’ailleurs, derrière mon poste d’hôte, je suis trop éloquent comme j’aurais dû l’être si les choses n’avaient pas mal tournées. Je peux faire perdre la tête des gens et j’ai du pouvoir à ce moment-là. Je ne suis plus pudique du tout et je deviens même trop cru souvent. D’autant plus que je reste assez intuitif et cela me permet de savoir ce que ces hommes ou femmes veulent entendre. Derrière mon téléphone, je suis ce passé si parfait.

Je pourrais continuer pour vous citer un tas de petites particularités que je possédais : ma manie à toujours avoir mes écouteurs autour de mon cou, la façon que j’avais de me mordre constamment la lèvre, mon tic pour vérifier plusieurs fois mes portes et mes fenêtres avant de dormir, ma capacité à parler plusieurs langues, mon don pour la guitare, mon habitude de toujours mettre la moitié d’un sucre dans mon café… Ouais, il y avait plein de petites choses à savoir sur moi, plein de petites habitudes qui s’étaient infiltrées dans ma vie. Mais, je ne pense pas que cela soit d’un grand intérêt… Puis, à vous de me découvrir non ?

Peut-être que vous ne connaîtrait qu’Ange derrière le téléphone rose…
Peut-être que vous ne connaîtrait qu’Edan à l’université et dans la ville de Cambridge…
Peut-être que vous connaissez Edan Miller, le fils du premier ministre…
Peut-être que vous connaissez mon histoire et que vous croyez me connaître…

Mais, jamais, vous ne connaîtrez réellement Edan Ange Miller… Le gamin trop paumé et si différent que la vie a torturé. Jamais vous ne connaîtrez réellement cette bombe à retardement…
Ou peut-être que vous aurez cette chance… Ce malheur ? Je n’en sais rien. Je m’en balance. Je ne veux pas.

08. Tout est rose ?
26 Décembre 2017 – J’ai 22 ans – Dublin

Ce n'était qu'une période de vacances. Une période qui pouvait devenir définitive car j'étais chez moi et je m'y sentais bien. Une période qui s'est retrouvée raccourci lorsque j'ai été victime d'un viol dans cette ruelle sombre et déserte. Un viol qui a tout bouleversé. Je suis rentré à Cambridge et je deviens dingue. Je réagis mal aux contacts soudains ou imprévus des personnes qui m'entourent à cause de cette peur qui noue mes entrailles. Seul Félix est au courant de cette histoire car il m'a vengé. Quant à moi, je conserve le secret et je tente de survivre glissant de plus en plus vers l'Edan que j'étais en Irlande. Accro aux substances et imprudent.


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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Mer 28 Nov - 20:22


Rebienvenue bis

Bon courage pour ces nouvelles fiches radis Si tu as la moindre question, n'hésite pas :)
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Mer 28 Nov - 20:40


rebienvenue chaton heart eyes 2
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Mer 28 Nov - 21:33


re bb Edan in love
(faudra vraiment rp ensemble un de ces quatre siffle I love you )
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Jeu 29 Nov - 7:54


Rebienvenue bb chat I love you
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Jeu 29 Nov - 18:32


Petit Edan, même si je ne suis pas revenue en Meryn, il lui fait quand même un gros câlin à ce bébé. lovers
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Ven 30 Nov - 15:55


Merci mes amours lovers I love you

@Nora Williams ravi que tu sois de retour parmi nous heart eyes
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Ven 30 Nov - 23:02


Alors @Edan Miller, avant de te valider, il y a plusieurs points que j'aimerais voir avec toi :

Tout d'abord, comme Mogo a pu te le mentionner pour Neal, le forum n'est pas interdit au moins de 18 ans et par souci de pudeur, il sera préférable de ne pas employer des termes trop durs, préfère peut-être les termes imagés. J'ai notamment pu relever quelques termes que tu pourrais modifier (certains reviennent plusieurs fois dans ta fiche, je t'invite donc à la relire pour les enlever) :

@Edan Miller a écrit:
Il avait fait plusieurs jobs là-bas et, bordel, je ne saurais tout vous citer.
j’étais une putain d’erreur
Ma mère s’était barrée
Et, bordel, c’était le pied.
Les seins n’étaient pas pour moi.
je devais fermer ma gueule
J’aimais sa possessivité lorsqu’il me baisait brutalement
ce que je devais me démerder à prendre le bus ou à y aller à pied.
Et, putain, même au lycée
crever en silence
c’était la merde.
n’est qu’un connard égoïste qui baise les filles et les jette selon

Autre point, la mère de Edan aurait fait son secondaire plus ses études pour être avocate en 4 ans mais c'est impossible. En Irlande, le cycle senior (ce qui correspond au lycée/secondaire) dure 2 ans et un master de droit dure 5 ans. Il y a d'autres voies d'admissions pour le droit mais elle implique une licence de 3 ans ou un diplôme équivalent plus une formation de 9 mois et un stage/apprentissage de deux ans, ainsi rien ne passe en 4 ans :/

De plus, est-ce que Edan est toujours hôte de téléphone rose ? Car c'est un petit peu contradictoire avec l'épisode du viol qui lui ai arrivé récemment...

Voilà, une fois ces petits détails réglé, je passerais te valider
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Sam 1 Déc - 11:26


@Gwendolyne Taylor J'ai relu ma fiche et je pense avoir retiré tous les termes dérangeants cute
Concernant la mère d'Edan, j'ai modifié son âge pour que cela concorde.
Et oui, Edan est toujours hôte de téléphone rose. Pour lui, c'est toujours un moyen de gagner son propre argent. De plus, tout est virtuel et il en garde le contrôle. Alors cela l'aide en fait.

Voilà ange
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Sam 1 Déc - 18:08



Bienvenue jeune padawan
inscription terminée

je valide I love you

Ça y est, t'es un grand désormais, ou un fou tout dépend du point de vue. Ton personnage est prêt pour l'aventure déjantée sur Greek Tea Party et nous attendons avec impatience de jouer avec. perv
liens utiles vérifier ton avatar et ton pseudo dans les bottins.
la foire aux liens te permet de trouver des amis.
créer des scénarios et pré-liens selon tes envies.
te recenser dans les clubs, logements, etc.
flooder et jouer avec les autres.


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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller :: Jeu 6 Déc - 23:19


Merciiiiiiiii lovers
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Re: It's not a dream, my life is a nightmare ☁ Edan Miller ::


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