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Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Mer 28 Nov - 18:00



Neal Teodoro Hood
❁ Darling, come meet the Devil ❁



carte d'identité
PRÉNOM(S) NOM : Comme tradition au sein de notre famille, je porte deux prénoms même si mon histoire avec ces prénoms est particulière. À ma naissance, mon premier prénom était Teodoro. Maman avait longuement insisté pour que ce soit mon prénom car elle en aimait la sonorité et elle voulait que mon côté italien ressorte. Mon père n'aimait pas vraiment ce prénom, mais il était amoureux alors il avait laissé faire choisissant uniquement ce Neal qui fut mon second prénom pendant des années. Les événements se bousculèrent et je n'étais plus vraiment en sécurité en affichant clairement mon identité. Il y a quelques années, j'ai fais inversé mes prénoms pour que je ne devienne que Neal aux yeux des autres. Rares sont les personnes à connaître mon second prénom. J'ai hérité de ce nom de famille qui me classe dans une case en un claquement de doigts. Il me suffisait de souffler ce nom pour que les gens sachent qui était mes parents. J'étais ce fils Hood avec un père policier et une mère mannequin. Une origine qui demeurait trop visible dans mon nom de famille que j'évite d'utiliser face aux étrangers aujourd'hui.

ÂGE : Selon le nombre sur ma carte d'identité, je m'approche plus d'un âge adulte que de celui des jeunes adultes. Pourtant, il arrive souvent qu'on me prenne pour un adolescent. Mais, non, j'ai bel et bien 26 ans.

NAISSANCE ET ORIGINE : Je suis né un certain 7 mars 1992 dans le pays de ma mère en Italie et plus précisément à Naples. Rien ne le connote réellement chez moi, hormis cet accent qui me colle à la peau à certains moments et ce second prénom qui reste trop inconnu, mais je suis italien de par ma mère et irlandais du côté de mon père.

MÉTIER : Pour tout vous confier, mon métier se résumerait à enchaîner différents petits boulots en fonction de mes besoins. Bien que je travaille en tant que barman de façon officielle et récurrente, je trempe aussi souvent dans des affaires pas très légales et je n'hésite pas à vendre mon corps si j'en ai le besoin ou simplement l'envie.

ORIENTATION SEXUELLE : Les corps aux courbes sensuelles des femmes me plaisent autant que ces corps fermes et durs des hommes. Je suis bisexuel et je l'assume pleinement. Tant que le plaisir est là, je ne demande rien de plus.

STATUT CIVIL : J'ai fais une croix sur une quelconque situation amoureuse. Je suis un éternel célibataire au coeur de fer. Je ne suis qu'un connard qui préfère les coups d'un soir aux belles histoires.

SITUATION FINANCIÈRE : Malgré la bonne situation de mes parents, je n'ai guère réussi à m'en sortir aussi bien. J'ai beau avoir un peu d'argent de côté pour me permettre de ne pas vivre à la rue, je reste dans le seuil de pauvreté me poussant à n'importe quoi pour remporter de l'argent parfois.

À CAMBRIDGE DEPUIS ? : Cela ne fait que deux ans que je suis ici.

TRAITS DE CARACTÈRE :  Avant toute chose, il est sans doute nécessaire de vous confier que je suis malade. Depuis quelques années déjà, je suis diagnostiqué Borderline ce qui joue dès lors grandement que mon caractère.
Je dois avoir beaucoup plus de défauts que de qualités bien que je considère mes défauts comme des qualités dans ma vie de tous les jours. Les gens me définissent souvent comme un véritable connard insolent et impatient et je le suis sans doute puisqu'une fois que j'ai obtenu ce dont j'ai besoin, je renvois chier les gens de façon si froide que je pourrais transformer le monde en glacier. De plus, il ne vaut mieux pas me faire attendre si vous ne voulez pas que la foudre vous tombe dessus. Grâce à mes parents et à mes gênes, je suis un beau parleur charismatique. Mon charme opère et je sais comment faire pour que la magie se déroule. Je suis un rebelle dans l'âme qui adore flirter avec le monde des dangers et des excès ce qui fait de moi un dangereux fêtard. Si les gens prennent le temps de m'observer, il est facile de voir que je suis un artiste énigmatique et je pense que cela peut être une qualité plutôt utile. Oh, venons-en à un des points les plus négatifs de mon être sans doute. Suite aux événements du passé, je suis devenu un être solitaire et renfermé voir très timide concernant mon existence ou mes sentiments. Je me suis également transformé en un homme très rancunier qui ne sait pas pardonner. Cette solitude a également développé mon côté très colérique qui me pousse à partir au quart de tour mêlant autorité et violence si nécessaire. J'ai souvent entendu les gens souffler sur mon passage que je ne suis qu'un imprévisible cinglé si impulsif et lunatique. Je pourrais également rajouter que je suis très têtu puisqu'il est trop difficile de m'empêcher de faire ce que je veux faire quand je le désire. Le monde de la débauche appartient à l'être hypocrite surprenant et mythomane que je sais être en cas de besoin. Malgré ce tableau bien noir, je pourrais ajouter quelques points positifs pour les rares personnes qui me connaissent ou qui ont eu la chance de se faire une place dans mon existence pour découvrir le vrai Neal. Galant dans l'âme, je suis toujours très respectueux et je fais attention à mon comportement en présence de certaines personnes. Enfant caché, je suis un véritable joueur taquin et attentif. Je me plais à m'amuser avec mes proches et je fais toujours attention au moindre détail me permettant dès lors de devenir un véritable protecteur loyal envers ceux qui comptent vraiment. Je reste un gamin et cela me pousse à être très (trop) curieux et surtout très persévérant. Heureusement que je suis discret pour parvenir à chipper les secrets. C'est à double tranchant que je suis toujours très franc prenant le risque de blesser alors que ma concentration peut parfois me détacher du monde.
Tout cela me défini plutôt même même si ma personnalité demeure un véritable labyrinthe trop complexe pour être décrit. Oh, je rajouterais quand même que je suis aussi un accro au plaisir de la chair.

AVATAR : Thomas Brodie-Sangster.

PL, SCENARIO, PI : Personnage inventé.

CRÉDITS : tumblr (icons), moi-même(avatar)

portrait chinois Si tu étais un cocktail : Le Blueberry Night, mélange savoureux de champagne, vodka, jus de citron et crème de myrtille. Un régale.

Si tu étais un super-héros : Outch difficile... Je serai plutôt Le Joker. C'est peut-être un super vilain, mais dans mon sens c'est mon super-héro. Fou, manipulateur, prévoyant...

Si tu étais une chanson : Monsters de Ruelle. Une chanson qui parle de monstres qui viennent vous dévorer.

Tes préférencesTu préfères avoir pour seule musique toute ta vie : une cover de junior bourré chantant la bo du titanic -ou- un remake allemand de la danse des canards by lexa : Un remake allemand de la danse des canards by lexa, ça doit bien avoir un peu de fun, non ?

Tu préfères être enfermé(e) tout les jours dans une boite pendant cinq minutes avec pornina qui se prend pour Castafiore jusqu'à la fin de ta vie - ou - lécher les orteils sales de six mois de regulus et être tranquille après : Je préfère être enfermé tous les jours dans une boîte pendant cinq minutes avec pornina qui se prend pour Castafiore jusqu'à la fin de ta vie, peut-être que je finirai même par apprécier cela qui sait ?

être millionnaire en vendant des crottes de chiens ou gagner ta vie normalement en vendant des voitures de luxe ? : Être millionnaire ne m'intéresse pas alors je dirai plutôt gagner ma vie normalement en vendant des voitures de luxe.

utiliser la brosse à dents d’un inconnu ou porter ses sous-vêtements sales ? : Utiliser la brosse à dents d'un inconnu sans la moindre hésitation. 

être bloqué(e) dans un ascenseur avec 100 personnes malades ou 10 bébés qui pleurent ? : Même si je risquerai de devenir dingue, je préfère les dix bébés qui pleurent. Hors de question que je tombe malade et que je rate le travail.

en savoir plus sur toitrois objets indispensables sur une île déserte : Un flingue pour pouvoir se défendre, des clopes pour pouvoir se détendre et de la drogue pour se défoncer.

trois choses à faire avant de mourir (bucket list) : Je n'ai pas vraiment de bucket list, je vis ma vie à fond. Mais, si je devais vraiment nommer trois choses, ce serait faire le tour des États-Unis en moto, retrouver mon père pour lui dire ce que je pense en face et retourner en Italie.

un de tes secrets : Le fait que j'ai tué quelqu'un est mon grand secret.

phobie(s) : J'en ai quelques unes comme la peur de l'attachement, la peur qu'on découvre mon passé de criminel, la trouille de la mafia et de mon père.

la dernière personne à qui tu as envoyé un message : Soit c'est Tomàs, soit un plan cul d'un soir. Je ne sais plus.

ta playlistQueen, Bohemian Rhapsody
Katty B., Let's hear it for the Boy
Touch 'N Go, Straight To Number One

ta soirée tvQueer As Folk
The Good Place
Stranger Things
once upon a time
Il est tard. Vous avez sommeil. C'est l'heure de dormir. Allongé dans votre lit, vous vous tournez. Il ne fait pas si noir que ça finalement. Peut-être n'est-ce pas encore l'heure de dormir. Vous ouvez les yeux. La lumière au bout du couloir vous dérange. Elle vous intrigue, n'est-ce pas ? Vous ressentez ce violent désir de vous lever afin de pousser cette porte et découvrir tout ces sombres secrets. Tic, tac. À pas de loups, vous vous glissez hors des draps. Sur la pointe des pieds, vous rejoignez la porte des mystères posant votre main sur le battant. Votre coeur bat à tout rompre. Votre souffle s'accèlère. Vous la ressentez ? Cette adrénaline qui court dans vos veines. Si délicieuse. Êtes-vous vraiment prêt à pousser cette porte ? Êtes-vous prêt à faire face aux sombres secrets et aux monstres dans le placard ? La vie n'est pas ce conte de fée que tout le monde peut croire. La vie n'est pas cette jolie histoire pour vous endormir. Mon existence va provoquer vos cauchemars. Alors, vous êtes toujours partants ? Tic, tac. Vous êtes toujours là ? Bien, allons-y. Mais je vous aurez prévenu. Bienvenue en enfer. Un enfer écrit à l'encre rouge sang et noir désespoir.

À suivre dans le second post...

❁ tell me more about you ❁

PRÉNOM/PSEUDO : Jessy.ÂGE : Vingt-sept ans.VILLE : Quelque part dans la campagne. COMMENT AS-TU CONNU GTP ? : Il me semble que c'était sur un top-site il y a pas mal de temps déjà. TON AVIS SUR GTP : Ce renouveau est magnifique. Le forum est splendide et tout plein de bonnes idées. FRÉQUENCE DE CONNEXION : Normalement tous les jours. LE MOT DE LA FIN : Je vous aime et j'ai hâte de vraiment lancer mon Neal avec vous. CODE BOTTIN

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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Mer 28 Nov - 18:01



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Chapter One: A perfect childhood through pink-tinted glasses – De ma naissance à mes 12 ans à Naples (1992-2004)

La porte s’ouvrait sur un grand bureau des plus simples. Hormis les quelques photographies de nature accrochées au mur, rien ne laissait penser que le bureau était occupé par une personne de façon quotidienne. Il n’y avait aucune photo de famille. Il n’y avait aucun objet personnel. C’était comme si la personne qui travaillait dans ce bureau n’avait pas de vie en dehors de ces murs. Comme s’il n’existait que derrière son bureau où il campait encore le nez plongé dans une tonne de papiers. Lunettes visées sur le nez, l’homme tournait les pages du rapport alors que sa jambe s’agitait en rythme sous la table. L’affaire était urgente. Il n’y avait pas de temps à perdre. Il releva à peine la tête lorsque la porte s’ouvrit à la volée. Toute son attention demeurait tout de même dirigé vers l’individu qui venait de pénétrer son bureau et qui s’adressait à lui.
«- Commissaire Hood, nous avons localisé la seule famille restante de notre évadé. Il s’agit de sa fille et elle…
- Bien, qu’elle soit dans la salle d’interrogatoire le plus rapidement possible.
- Euh… Monsi… Commissaire… Cela risque d’être difficile. Elle réside en Italie et si nous la contactons et que notre évadé est là-bas, nous risquons de le perdre. Non ?
- Réservez-moi un vol sur le premier avion qui décolle vers l’Italie alors. Dépêchez vous !! »

La porte claqua alors que le commissaire Jordan Hood replongeait aussitôt dans ses papiers. Jordan Hood, mon père, était un homme imposant et sûr de lui. D’origine irlandaises, il n’avait jamais réussi à quitter son pays et résidait à Dublin depuis de nombreuses années. Il avait gravi les échelons de la police avant d’être nommé commissaire de la Garda – la police de la République d’Irlande – par le gouvernement deux ans plus tôt. Son dévouement envers son travail et sa capacité à résoudre rapidement les affaires entraînaient la reconnaissance et le respect des autres. Il était admiré et beaucoup de jeunes policiers rêvaient de lui ressembler, de devenir aussi bon que lui. Malgré cette allure très imposante, Jordan Hood était un homme généreux et bon. Le genre de patron qu’on ne pouvait qu’apprécier et pour qui on donnerait notre vie. Renié par sa famille qui traînait dans les affaires illégales, le commissaire Hood n’avait aucune autre attache que son métier et son pays. Un pays qu’il allait devoir quitter pour résoudre cette affaire urgente. Un assassin s’était évadé de la prison et il fallait le retrouver au plus vite. Après vingt-quatre heures sans la moindre piste en Irlande, s’il fallait se rendre en Italie pour trouver ne serait-ce qu’un début de piste, Jordan Hood était prêt. Ce fut d’ailleurs dans cet état d’esprit qu’il s’installa dans un avion deux heures plus tard sans se douter que ce voyage chamboulerait toute sa vie.

Quelqu’un toquait violemment contre sa porte. Une des plus belles femmes d’Italie râlait contre ce visiteur imprévu qui venait bouleverser tout son programme alors qu’elle était déjà en retard pour se rendre à sa séance photo. Martina Anzil, ma mère, était une mannequin réputée et très connue en Italie. Le public admirait sa fraîcheur et sa douceur. Elle semblait si innocente et si parfaite à la fois comme une poupée en porcelaine. Toujours ouverte au monde, elle ne refusait jamais de discuter avec les personnes qui l’interpellaient dans la rue. Son agent l’avait repéré lors d’un casting qu’elle avait passé sous les encouragements de sa mère. Son père avait toujours été absent du tableau et elle avait vécu très proche de sa mère, son unique famille, jusqu’à son décès brutal. Martina Anzil vivait seule dans une majestueuse villa et elle vivait très bien grâce à toutes ces marques qui désiraient collaborer avec elle. Entre les défilés et les séances photos, Martina quittait régulièrement Naples, sa ville adorée. Cependant, elle finissait toujours par y revenir et tentait de trouver le maximum d’affaires de ce côté du monde. La main s’abattait encore sur la porte poussant la jeune femme à lever les yeux au ciel. Qui donc pouvait venir l’importuner de cette manière ? Elle était peut-être en retard, mais pas suffisamment pour qu’on en vienne à la chercher. Se pouvait-il qu’un autre fou furieux ait réussi à détourner l’attention des vigiles de l’entrée ? Non, il ne fallait pas penser au pire. Lorsqu’un énième coup se fit entendre contre la porte, Martina souffla avant de s’y diriger d’un pas énervé se fichant de ne pas encore porter de tee-shirt parce qu’elle n’avait pas réussi à mettre la main dessus, désordonnée qu’elle était. Elle ouvrait la porte à la volée prête à hurler sur ce visiteur incongru. Mais, elle n’eut même pas le temps de placer un mot qu’il débita des tonnes de paroles, des tonnes de questions en rapport avec un être qu’elle n’avait jamais connu. Son père. À moitié cachée derrière la porte après s’être rendue compte que cet homme la reluquais sans gêne, Martina répondait la vérité. Elle n’avait jamais eu de contact avec son père. Elle ne savait même pas qu’il avait été arrêté. Elle ne savait pas où il se trouvait. Et, se fichant de l’identité de la personne, elle n’hésita pas à montrer ce tempérament italien tenue de sa mère alors qu’elle reprochait à l’homme son arrivée et son insistance. Claquant la porte au nez de cet homme, Martina était loin elle aussi de se douter que sa vie venait de changer.

Franchement, je vais vous passer le détail de toute l’histoire d’amour entre mon père et ma mère. L’histoire était plutôt banale et pas franchement intéressante d’autant plus que vous êtes là pour en savoir plus sur moi, non ? Bien. Le commissaire Jordan Hood avait passé plusieurs jours à espionner la belle mannequin Martina Anzil. Au-delà d’être belle, Martina était intelligente et elle avait remarqué le manège du commissaire tant et si bien qu’elle ne tarda pas à faire entendre sa voix répétant les mêmes mots que lors de leur première rencontre. Et, appelez ça comme vous voulez, mais ce fut une sorte de coup de foudre entre eux. Ils tombèrent l’un pour l’autre sous cette réelle passion. Jordan en oublia presque sa mission, son affaire alors qu’il invitait Martina à toutes les sorties qu’il pouvait trouver. Martina se laissait courtiser avec joie tombant sous le charme de cet irlandais. Tout se passa rapidement. Très rapidement. Jordan et Martina ne tardèrent pas à partager le même lit pour une seule et unique nuit. Pourquoi cela alors qu’ils étaient amoureux ? Oh, simplement parce que le travail rappela mon père en Irlande bien trop vite. Jordan ne voulait pas quitter Naples et cette femme avec qui la vie avait enfin un sens. Cependant, il n’avait pas le choix. Il aimait trop son travail pour tout plaquer. Après des adieux déchirants et une promesse de se revoir rapidement, les deux amoureux furent séparés sans même savoir qu’ils avaient donné vie à quelque chose. À quelqu’un. Ouais, bingo, maman était enceinte.

Martina appris la nouvelle de sa grossesse rapidement parce qu’elle faisait attention à sa santé et qu’elle était suivi. La douce italienne hésita sur ce qu’elle devait faire. Devait-elle contacter Jordan et lui annoncer la nouvelle ? Devait-elle avorter et ne jamais en parler ? Devait-elle me garder et garder le silence ? Pendant de longues semaines, la situation lui faisait tourner la tête en même temps que sa carrière continuait. Étrangement, le fait d’être enceinte lui permettait de toucher un nouveau public et de rester une des mannequins les plus désirées d’Italie. Ce ne fut que lorsque maman commença à connaître des complications qu’elle cessa pour un temps son travail et qu’elle osa contacter mon père pour lui apprendre la nouvelle. Un père qui avait presque oublié cette femme pour qui il avait succombé ou plutôt qui voulait faire comme s’il l’avait oublié encore plus après ne pas avoir eu de ses nouvelles pendant des mois. Mais, lorsqu’il appris que Martina était enceinte, il ne pu faire semblant plus longtemps. Il s’empressa de présenter sa démission et de déménager pour l’Italie, pour Naples même s’il savait que son Irlande finirait par lui manquer et le rendre malade. Il ne pensait pas que cela pourrait réellement le heurter, pas alors que sa vie semblait enfin trouver un sens, enfin devenir rose. Martina et Jordan se marièrent et s’installèrent dans la villa de Martina. Jordan trouva un poste de commissaire au sein de la police municipale de Naples et son métier lui plaisait. Ce danger de jouer aussi proche de la mafia était son petit plaisir de tous les jours. Les mois passèrent et je finissais par pointer le bout de mon nez un certain 5 février dans l’hôpital de Naples rendant mes parents fous de joies et plus amoureux que jamais. J'étais Teodoro Neal Hood, leur perle.

Pour tout vous avouer, je n’ai pratiquement aucun souvenirs des premières années de ma vie. Mes souvenirs ne sont que des brouillons qui se dessinent dans ma tête grâce aux photographies de cette époque. Pendant quelques années, je n’étais pas à plaindre. Je vivais dans cette sublime villa avec mes deux parents qui m’aimaient et me chérissaient comme la prunelle de leurs yeux. Ils nous arrivaient de voyager et de découvrir le monde tous les trois dans notre bulle. Nous passions beaucoup de temps en famille à vivre et à sourire. Durant les six premières années de ma vie, les choses étaient parfaites. Je n’étais qu’un petit garçon totalement épanoui. Je me plaisais à tout essayer. Je me plaisais à n’être qu’un enfant insouciant qui n’avait pas de limite et qui demeurait toujours trop plein d’énergie. Le rose n’était pourtant pas si rose et les choses avaient fini par se détérioré à mon entrée en classe primaire, là où les enfants commençaient à reconnaître le monde. Les gens me reconnaissaient. Moi le fils d’un policier et d’une mannequin. J’étais célèbre malgré moi, même si je ne voulais pas de ces choses qui me collaient à la peau. Certains étaient jaloux et le faisais savoir. Mon ventre se tordait à chaque fois que je me rendais à l’école. Moi et mon corps trop mince. Moi et mon allure trop étrange. Moi et mon style de vêtements trop particuliers, souvent trop efféminé pour certains de mes camarades. Ils me haïssaient et je n’y comprenais rien. Je savais simplement que leurs poings s’abattaient trop souvent sur moi. J’entendais leurs insultes à longueur de temps. C’est là que les choses se sont mises à changer.

Maman et papa s’étaient mis à s’engueuler de plus en plus souvent. Lorsqu’ils me pensaient endormi à l’étage, je les entendais hurler. Maman reprochait à papa d’être de moins en moins présent, de plus en plus obnubilé à l’idée de capturer des membres de la mafia. Papa reprochait à maman de me transformer en une chochotte qui pensait plus à son apparence physique qu’à autre chose. Maman et papa s’étaient mis à se fuir et à s’éviter à longueur de temps. Je les voyais d’une façon différente. Maman était toujours là, souvent là. Elle n’avait jamais repris son travail de mannequin après ma naissance. Elle restait une célébrité en Italie, mais elle opta pour un nouveau travail qui lui laissait plus de temps pour être avec moi, pour partager une enfance ensemble. Elle tenait une boutique de vêtements et de relooking où elle m’emmenait régulièrement. J’adorais m’y rendre. J’étais proche de maman. Très proche. Elle était ma meilleure amie, ma confidente. Elle était la prunelle de mes yeux. Elle était plus importante que tout. Et, de l’autre côté, il y avait mon père. Je le voyais rarement. Et, lorsque je passais du temps avec lui, il me rendait malade. Papa passait son temps à tenter de m’endurcir. Il m’entraînait dans cette pièce à l’écart de tout et me poussait à apprendre à me battre, à apprendre à faire face aux autres. Il me frappait souvent. Il m’insultait régulièrement. Et, lorsque mes pleurs étaient trop insupportables pour lui, il m’enfermait dans cette pièce pendant des heures. Des heures avant de revenir et de me repousser à ces combats douloureux. Maman avait tenté d’arrêter ce massacre, mais lorsque papa avait levé la main sur elle pour qu’elle se taise, je l’avais supplié de laisser papa faire. Je lui avais juré que je pouvais tenir le coup.

Et, à mes douze ans, ma vie était comme ça. Je vivais pleinement et avec douceur en compagnie de ma maman que j’aimais par dessus tout. Je l’accompagnais régulièrement à la boutique et je me plaisais à juste être avec elle comme le gosse que j’étais. Je survivais avec papa faisant des progrès chaque jour, m’endurcissant toujours un peu plus. Papa était loin de se douter que ce qu’il m’apprenait allait se retourner contre lui. S’il l’avait su, peut-être aurait-il simplement laissé maman faire. Ou peut-être pas. À cette époque, papa n’aimait déjà plus maman. L’Irlande lui manquait. Nous n’étions déjà plus sa famille. Nous n’étions qu’un boulet à sa cheville et il nous le faisait savoir même si maman tentait de m’empêcher de comprendre cette douloureuse réalité.

Chapter two: You left me so I fall – De mes 12 ans à mes 17 ans à Naples (2004-2009)

Les cris se répercutaient violemment dans toute la villa. Ils provenaient tous de la même pièce : ce bureau qui était le seul endroit éclairé de notre demeure à la nuit tombée. Cet endroit qui m’empêchait de dormir tant la lumière se reflétait violemment dans ma chambre. J’aurais pu faire abstraction de la lumière si j’avais vraiment fait un effort. Cependant, recroquevillé sous les couvertures de mon lit d’adolescent, je ne parvenais pas à effacer les cris qui résonnaient de façon trop violente. Maman et papa se disputaient encore une fois. C’était devenu une habitude au cours des derniers mois. Ils ne cessaient jamais de s’éviter la journée et de se crier dessus la nuit. Ils se reprochaient des milliers de choses l’un à l’autre. Je n’y comprenais rien. Je n’avais pas envie de comprendre. Alors, je me bouchais à moitié les oreilles tentant ainsi de rendre leur dispute comme un blabla incompréhensible pour moi. Je sursautais soudainement lorsqu’un bruit plus violent se fit entendre. Mon cœur battait trop fort. Je ne me sentais pas bien. J’avais envie de faire pipi. Alors, comme l’adolescent discret que j’étais, je sortais doucement de mon lit. Sur la pointe des pieds, je sortais de ma chambre et je descendais les escaliers. J’aurais pu me rendre aux toilettes juste à côté de ma chambre. Mais, je n’étais qu’un gamin un peu trop curieux. Je désirais savoir ce qui avait fait ce bruit. Je voulais résoudre le mystère. À pas de loup, je me dirigeais vers la porte du bureau de papa où mes parents se disputaient. Je posais ma main contre le battant pour garder mon équilibre alors que je me penchais légèrement pour observer l’intérieur de la pièce. Le bureau de papa était renversé sur le sol et je me doutais que c’était ça le bruit qui m’avait effrayé. Néanmoins, ce ne fut pas ce qui retint mon attention. Non, mon regard était tourné vers maman. Maman au sol, le visage en sang alors que papa s’approchait dangereusement d’elle. J’aurais aimé me précipiter dans la pièce pour me mettre entre eux. J’aurais aimé trouver l’usage de ma voix pour supplier maman d’arrêter de parler. Mais, elle n’arrêtait pas. Et, papa continuait d’avancer vers elle. J’étais pétrifié. Incapable de retourner dans mon lit. Incapable de me précipiter dans la pièce. Juste incapable. Un minable gamin qui assista à toute la scène. Papa se mettait à frapper maman sans s’arrêter. Il finissait même par attraper la lampe pour l’abattre sur la tête de maman qui tomba au sol inanimée alors que le sang se formait déjà autour d’elle. Soudainement, mes jambes se débloquèrent alors que je courrais à toute vitesse aux toilettes vomissant. Les larmes glissaient violemment sur mes joues sans que je ne puisse les contrôler. Mais, c’était surtout la peur qui me tordait le ventre. Alors, lorsque le plancher craqua, je m’empressais de traverser la villa pour retourner dans ma chambre. Je m’installais dans mon lit et m’empressais de faire semblant de dormir. Quand papa passa sa tête à travers la porte, il n’y vit que du feu. Il ne vit rien et je le haïssais tant. Il ne vit rien et j’étais mort de trouille. Maman était morte. Papa l’avait tuée.

« - Neal, réveille-toi
- Mmh ?
- Chéri, écoute-moi bien. Allez réveille-toi, il faut que tu m’écoute. Cette nuit, les méchants messieurs que papa traquent au travail sont venus dans la maison et ils…
- Ils quoi papa ?
- Ils ont tué ta maman mon chéri. Je suis tellement désolé. Ça va aller, je suis là. Ça va aller. »

Quelques heures après avoir tué ma maman, mon père débarquait avec cette folle histoire qui pouvait pourtant tenir la route. Je savais que tout le monde allait le croire. Je savais qu’on allait se ranger de son côté. Le commissaire Hood était un homme bon. Il ne pouvait pas être coupable de quoi que ce soit de mauvais. Il ne pouvait pas avoir assassiné sa femme. Mais, je l’avais vu moi et je savais que j’aurais dû en parler ce jour-là lorsque la police était venue pour m’interroger. Le regard de papa pesait sur moi. Je sentais ses prunelles observer le moindre de mes mouvements alors j’avais joué la sécurité. J’avais menti à la police. Je n’avais rien vu. Je n’avais rien entendu. Je dormais. Et, comme je n’avais que douze ans, on me laissa bien vite tranquille alors que papa avait du temps pour se remettre de cette épreuve. On lui offrit autant de congés qu’il souhaitait. On lui proposait même de repartir en Irlande pour quelques temps. Pourtant, papa ne sauta pas sur l’occasion comme je l’aurais pensé. Il était dans son rôle jusqu’au bout. Il resta à la maison pendant deux jours avant de retourner travailler pour attraper les méchants qu’il me disait. Tous les jours, j’avais envie de lui cracher qu’il n’avait qu’à aller derrière les barreaux parce qu’il était le méchant. Les méchants messieurs qu’il traquait était sans doute meilleurs que lui. Je me taisais pourtant. Je courbais la tête. Je me renfermais. J’avais perdu ma maman et je ne savais plus comment m’en sortir à présent qu’elle n’était plus là pour m’aider. Et, au fil du temps, les choses changèrent.

Le monde se modifiait autour de moi. Papa changeait aussi. Après avoir assassiné maman, il ne voulait plus de cette vie. Cependant, il ne pouvait pas partir sans avoir l’air d’un suspect surtout après que certains de ses collègues aient remarqué mon comportement distant envers lui. Papa restait à Naples. Il restait avec moi. Mais, il changeait. Il ne cessait de boire et il ne savait même plus contenir sa colère. Ce n’était plus qu’un monstre. Moi ? Je devenais un adolescent toujours plus différent. Passionné par la mode et la boutique que maman avait laissé derrière elle, j’arborais un style un peu trop particulier par rapport aux autres élèves du collège où papa m’avait scolarisé. Les gens ne cessaient de parler dans mon dos à propos de ma maman, de mon père, de mon style, de ma solitude. Je les entendais rire sans cesse. J’entendais les rumeurs qu’ils s’amusaient à lancer. Je n’avais pas d’amis. Je ne voulais pas d’amis. La solitude me semblait préférable à tout le reste notamment alors que les choses se dégradaient. J’étais un élève assidu, mais je n’avais pas de très bonnes notes. Quant à mon comportement… Il ne cessait de devenir mauvais. Papa était souvent convoqué parce que je me battais trop régulièrement avec les autres. Des bagarres dont je sortais vainqueurs grâce au cours de boxe que je suivais deux fois par semaine depuis le décès de maman. Je pouvais jouer le dur à l’école. Au fil des semaines, j’étais même devenu le plus redouté des élèves et en même temps le plus désiré. Allez comprendre cette logique. Cependant, à la maison, les choses étaient totalement différentes. À la maison, j’avais sans cesse l’impression de redevenir cet enfant paralysé qui avait assisté au décès de sa maman. J’avais l’impression de n’être qu’un enfant et de ne pas pouvoir agir. Papa le savait. Papa en profitait. Il n’aimait pas que je me fasse autant repérer. Physiquement, je tenais beaucoup plus de maman que de lui. Je n’étais pas l’image du fils parfait qu’il voulait. Mon comportement lui faisait presque aussi honte que mon physique trop féminin pour lui. Alors, papa ne cessait de me le faire payer. Après chaque convocation au collège, il m’entraînait de force à la maison et sa ceinture s’abattait violemment sur ma peau. Au vu de mes batailles très régulières, les coups de ceinture n’avaient jamais le temps de guérir. Parfois, lorsqu’il avait bu avant de venir me chercher, il m’étranglait et s’amusait à brûler ma peau. Au jour d’aujourd’hui, je possède des cicatrices de cette époque. Des brûlures sur certaines parties de mon corps. Des cicatrices de sa ceinture sur d’autres parties. Je me fiche de les exposer, mais je n’en parle pas et les gens racontent ce qu’ils veulent. À cette époque, avec papa, lorsque les vacances venaient, ma vie devenait un enfer. Il me suffisait de faire un pas de travers pour que la sentence tombe. Et, après m’avoir battu, papa m’enfermait dans une pièce de la villa. Il m’y laissait pendant des jours à mourir de chaleur ou de froid en fonction des saisons. Il m’abandonnait là me laissant crever de faim. Et, dans le fond, même si tout cela me heurtait, ça m’endurcissait en même temps. Je devenais toujours plus résistant. Je devenais toujours plus capable de survivre. Alors, papa se vengeait de plus en plus.

« Hé Hood, viens par là ! » La voix s’élevait derrière les buissons du collège alors que je sortais d’un cours pour me rendre chez le proviseur pour la troisième fois de la journée et sans doute celle qui me coûterait l’appel à mon père pour avoir osé frapper un connard de riche. Mais, ce n’était pas ma faute s’il balançait sa chaise sur mon pied à chaque fois. La voix se réitéra et je fronçais les sourcils hésitant un instant. Zut. Je n’avais absolument rien à perdre à aller voir ce qu’on me voulait. S’il s’agissait d’une bagarre, cela me défoulerait. Dans le cas contraire, cela me ferait toujours perdre quelques minutes avant que mon père fou de rage ne vienne me chercher et s’en prenne à moi. Sur mes gardes, je m’approchais des buissons pour y découvrir un groupe de garçons. Je n’avais que quinze ans et ils devaient tous en avoir au moins dix-sept. Ils étaient quatre et je calculais déjà mes chances de réussites s’il s’agissait d’un piège. La boxe c’était ça. Réfléchir avant tout. Savoir se sortir d’une situation. Cependant, aucun d’entre eux ne m’attaqua. Non. Ils s’empressèrent de m’expliquer la situation. Ces quatre garçons étaient envoyés par le père de l’un d’entre eux pour me proposer de rejoindre la mafia italienne. Ils connaissaient mon histoire. Ils savaient qu’aucun d’entre eux n’était coupable du meurtre de maman. Et, grâce aux observations des quatre garçons, la mafia supposait la culpabilité de mon père. Ils avançaient également le fait que papa était violent envers moi et qu’il me traitait mal. Je mordais ma lèvre ayant soudainement peur que mes tentatives pour masquer mes blessures soient merdiques. Pourtant, je fus vite rassuré. J’étais foutrement doués et c’était pour cela qu’ils avaient mis longtemps avant de m’approcher. Ils n’étaient pas sûrs. Maintenant, ils l’étaient. Je confirmais leurs pensées confiant pour la première fois le meurtre commis par mon père. L’offre tomba bien vite. Ils me proposaient de veiller sur moi, de s’occuper de moi et de m’entraîner dans leur monde. En échange, je devais les tenir au courant des affaires de mon père et tenter de dérober quelques indices ou quelques dossiers. Je n’avais même pas hésiter à accepter l’offre. J’aurais peut-être dû faire plus attention. Mais, zut, il me vendait tellement ce côté familiale qui me manquait que je plongeais tête baissée encore plus en sachant que je pouvais me venger de papa.

Ainsi, à seize ans, je faisais parti de ce groupe de caïd. J’étais membre de ce clans des quatre fils de mafieux. Je n’avais encore jamais été en contact avec la mafia même ou avec des adultes en faisant parti. Je n’interagissait qu’avec ces quatre garçons qui changèrent ma vie. Ils m’apprenaient le monde d’une autre manière tellement plus intéressante et amusante que ma vie actuelle. Papa voyait que je lui échappais, mais il me laissait glisser la plupart du temps. Il se vengeait encore parfois sur moi violemment. Cependant, la majorité du temps, j’étais libre. Libre de traîner avec la bande comme je l’appelais. Notre bande. Ils veillaient réellement sur moi m’entourant au collège, remettant à leur place ceux contre qui je ne parvenais pas à me battre et que j’entraînais en dehors de l’école. Ils soignaient mes blessures lorsque je n’étais pas capable de le faire seul. Ils étaient simplement là pour moi de façon incessante. Un repère dans mon enfer. Une boussole dans ma nuit. Et, lentement, je suivais leur trace. Je me mettais à fumer des cigarettes de façon régulière devenant bien vite accro à la nicotine. Je me mêlais de plus en plus aux bagarres évitant toujours de me faire chopper par le directeur ou les surveillants. Je pouvais me battre sans avoir peur de mon papa par la suite. Alors, je m’y donnais corps et âme m’entraînant même à la boxe avec la bande. Mais, ça ne suffisait pas pour moi. Je n’étais pas encore assez comme eux. Je me sentais toujours trop à la traîne. Ainsi, j’étais devenu leur image peu à peu au fils des mois. J’avais seize ans et je fumais comme un pompier. J’avais seize ans et je consommais de la drogue de façon régulière. J’avais seize ans et je passais des soirées à boire de l’alcool. J’avais seize ans et j’étais déjà adepte des coups d’un soir. Ma bouille d'ange et mon côté bad boy faisaient craquer. Des filles et des garçons passaient dans mon lit. Je ne voyais pas pourquoi me priver d’un plaisir. J’avais une nouvelle vie et elle me plaisait même si je ne pouvais pas m'empêcher de me détruire. Il m'arrivait souvent de me laisser être blesser, de me blesser. Je passais souvent du temps à ne pas manger ou à me faire vomir. J’étais le fils d’un policier et je faisais pourtant parti du réseau de la mafia. La donne changeait. Et c’était loin d’être terminé.

Chapter three: You make everything seems better – 18 ans à Naples (2010)

Il s’appelait Antonio. Il avait quarante ans. Il était l’un des membres les plus influents de la mafia, un des pères d’un garçon de la bande. J’avais fini par me retrouver face à lui sans réellement le vouloir, sans réellement le chercher. Certainement pas. Même si la mafia me passionnait et m’intriguait, je n’avais pas très envie d’y mettre réellement les pieds. Surtout pas aussi jeune. Ma vie avec la bande me convenait même si j’étais tout seul au lycée à présent et que je ne les voyais qu’à l’extérieur. Quoiqu’il en soit, je n’avais pas besoin de plus pour me sentir bien. Pourtant, les choses se dessinèrent autrement comme si mon destin était déjà écrit d’une autre manière. Je me souvenais parfaitement de cette semaine qui bouleversa totalement mon existence. Cette semaine qui chamboula la totalité de ma vie. Si j’avais su, peut-être que j’aurais agi autrement. Si j’avais su, peut-être que je n’aurais jamais passé ce coup de fil qui avait tout fait basculé. Ou peut-être que je l’aurais quand même fait.

Quelques semaines après mon anniversaire pour mes dix-huit ans, j’étais rentré à pied à la maison pour y découvrir mon père. Totalement saoul. Foutrement fou. Il m’attendait de pied ferme après avoir entendu des choses sur moi. Il avait entendu dire que je couchais avec des hommes. Moi. Son fils. Il ne pouvait pas accepter ça. Il avait déjà trop accepté venant de moi. Les bagarres à répétitions, l’amour idiot pour une mère décédé, un look qui n’allait pas du tout avec la réputation, un physique efféminé de gosse. Trop c’était trop. Ce soir là, papa se déchaîna sur moi comme jamais. Le feu brûlait ma peau. La ceinture pleuvait sur mon corps. Les poings et les pieds de mon père se mêlèrent à la partie. Ce ne fut que lorsque je me retrouvais au sol à moitié mort que papa cessa le massacre tournant les talons en claquant la porte. Gémissant, je me retournais sur moi. Alors, c’était ça ? J’allais crever là. Comme ça ? Je ne parvenais pas à m’y résoudre. J’avais difficilement glissé ma main dans mon pantalon pour passer un coup de fil. Rob, le fils d'Antonio, était celui avec qui j’étais le plus proche dans la bande. Nous avions couché ensemble plusieurs fois et ils nous arrivaient de nous comporter comme un couple sans en être réellement un. Quoiqu’il en soit, je lui faisais confiance. Je l’avais appelé et il s’était empressé de décrocher. Après tout, si j’appelais à cette heure, cela ne pouvait n’être qu’une urgence. J’avais réussi à bafouiller quelques mots avant de m’évanouir. Le trou noir complet.

Lorsque mes prunelles s’ouvrirent de nouveau, je n’étais plus chez moi. J’étais dans un lit qui n’était pas le mien. J’étais dans une chambre qui n’était pas la mienne. Et, lorsque je tentais de me redresser, je fus aussitôt arrêté par une main sur mon épaule. Une main qui m’effraya dans un premier temps me poussant à vouloir me recroqueviller sur moi-même gémissant de douleur. La voix de l’homme me rassura et je me rendormais sans savoir tout de suite que Antonio veillait sur moi. Antonio, pas Rob. Je fus réveillé quelques heures plus tard par l’odeur de la nourriture et je parvenais à m’extraire du lit avec difficulté. Je notais les bandages sur ma peau et cette nouvelle tenue. On s’était occupé de me soigner et de me changer. Doucement, je descendais pour retrouver Rob et son père dans la cuisine. Ils m’accueillirent avec un sourire qui me poussa à me sentir chez moi. En famille. Les nouvelles étaient tombées durant ce petit déjeuner. Rob était venu me chercher pour me ramener ici alors que son père était parti à la recherche de mon père en vain. Même si ma gorge se serra un moment, je tentais de prendre sur moi pour ne pas le montrer. Mon père avait disparu. C’était mieux comme ça, non ? Cependant, qu’allais-je devenir maintenant ?

Ce fut là qu’une nouvelle proposition tomba. Antonio proposait de m’adopter en quelque sorte. Je pouvait rester ici et il veillerait sur moi. Rob allait décoller pour une université américaine dans quelques semaines alors je pouvais parfaitement avoir sa place ici. Antonio ne laisserait jamais rien de mal m’arriver. J’allais être bien ici. Je devais simplement me faire à l’idée que mes prénoms allaient basculer sur les papiers officiels pour éviter de me relier à qui j’étais par le passé. Le fils d’un policier et d’une mannequin. Ils voulaient effacer mon identité et mon passé pour me faire l’un d’eux. Je n’eus qu’une seconde d’hésitation pesant le pour et le contre. Si je refusais, je n’avais nul part où aller et papa pourrait me retrouver pour achever le travail. Si j’acceptais, j’aurais droit à une famille. Alors, je l’avais fait. J’avais dit oui. Et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’étais devenu Neal Teodoro Hood. Antonio m’avait expliqué que, malgré mes parents connus, mon visage actuel n’était que trop peu connu. Mon visage avait été connu quand j’étais un enfant, mais j’avais beaucoup changé et il était mission impossible de me relier directement à ma famille. Mes prénoms restaient utilisés dans la mafia. Quant à mon nom de famille, il se trouvait qu’un des membres de la mafia décédé quelques années plus tôt portait ce patronyme. Tout était donc parfait. En quelques jours, toute ma vie se trouva changée. Je n’étais plus ce gosse riche et connu pour le bien fait par son père. J’étais ce fils d’un membre de la mafia. Je suivais les cours à la maison. Je continuais de vivre dans une atmosphère tellement différente, mais tellement mieux. Presque aussi bien que lorsque maman était en vie.

Antonio. Antonio. Antonio. Je m’étais bien vite retrouvé seul avec le père de mon ami. J’avais remarqué les regards qu’il ne cessait de me lancer. Je savais à quel point je pouvais être attirant, à quel point je pouvais plaire. Alors, j’avais fini par en jouer face à Antonio parce que j’étais tombé pour lui. Je ne saurais expliquer comment les choses s’étaient faites. Je ne saurais vous dire si c’était vraiment normal. Je savais simplement que j’étais totalement amoureux d'Antonio qu’importait son âge, qu’importait qui il était. J’étais amoureux de cet homme qui veillait sur moi et qui ne cessait jamais de prendre soin de moi. J’étais dingue de cet homme qui redonnait de la couleur à ma vie si sombre. Il était devenu mon soleil. Il était devenu la raison de ma survie. Et, à force de provocation, Antonio avait fini par me bloquer dans un coin pour m’embrasser et me faire sien. Il n’y avait pas vraiment de tendresse dans ses actes. Tout ne semblait n’être que désir violent et pulsions intenses. Mais, ça me convenait. Je me sentais bien. Je me sentais à ma place entre les bras d'Antonio. Ça me plaisait. Alors, au fil des semaines, Antonio et moi étions devenus quelque chose d’étrange. Il s’occupait toujours de moi comme avant, mais tout semblait différent. Il m’embrassait régulièrement.Il ne me perdait jamais de vue m’entraînant avec lui dans diverses rencontres avec de dangereuses personnes. Je couchais régulièrement avec cet homme qui me rendait fou d’amour et ivre de désir. J’obéissais à tout ce qu’il voulait. J’avais l’impression d’avoir trouvé ma place. Et, lorsque je lui soufflais que je l’aimais, il ne me répondait simplement qu’il le savait. Cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille. J’aurais dû comprendre et fuir avant qu’il ne soit trop tard. Mais, l’amour rend stupide. N’est-ce pas ?

Chapter four: Between hell and paradise – De mes 19 ans à mes 22 ans autour de l'Italie (2011-2014)

Même si ma vie au sein de la mafia avait commencé depuis longtemps, elle débuta réellement l’année de mes dix-neuf ans. L’année où tout bascula et où je comprenais que l’enfer était peut-être plus proche du paradis qu’on ne le pensait. Il ne suffisait que d’un pas pour basculer. Je vivais mon histoire avec Antonio et, même s’il ne soufflait jamais qu’il m’aimait, je pensais que c’était le cas. Pourquoi m’aurait-il recueilli et accepté comme ça si ce n’était pas le cas ? Mais, plus le temps passa et plus je comprenais. Il ne m’aimait pas. Il avait vu mon potentiel et il avait su user de ses cartes pour parvenir à faire de moi sa marionnette. Il avait su jouer tous les coups en avance sur l’échiquier pour me placer en échec et mat sans même que je ne m’en rende compte aveuglé par un amour qui n’était pas réciproque. Un amour que je crus réciproque pendant des années tellement Antonio savait bien manier le jeu. De mes dix-neuf ans à mes vingt-deux ans, il parvient totalement à me berner. Et, malgré les événements qui se déroulèrent, je le croyais toujours. J’acceptais toujours de rester. Stupide gosse amoureux.

Le temps s’écoulait et Antonio me faisait venir de plus en plus souvent avec lui lors de ses réunions avec des acheteurs, avec des hors-la-loi, avec ces dangereux criminels. Je pensais qu’il le faisait parce qu’il ne voulait pas me perdre de vue, parce que je courrais un danger quelconque dont il refusait de me parler pour ne pas m’affoler. Et, bordel, oui je courrais un danger. Mais, je le courrais en restant avec Antonio puisqu’à chacune de ses affaires, je devenais une possible marchandise pour ces femmes et ces hommes avec qui il traitait. Je ne l’avais pas compris tout de suite. Il ne me l’avait pas dit sur le champ. Tout avait été mis à plat après que la première fois soit arrivé. Après avoir passé son accord sans mon droit d’entendre (comme à chaque affaire) avec un espagnol, Antonio était venu vers moi. Il m’avait soufflé que je lui ferais très plaisir si j’allais m’occuper de cet espagnol, qu’il avait envie de voir comment je pouvais bien me soumettre à un autre homme. La demande m’avait semblé étrange, mais je n’avais pas bronché. J’avais laissé cet espagnol faire ce qu’il voulait me rendant compte de ma position en tant que marchandise uniquement lorsqu’il avait laissé de l’argent supplémentaire à Antonio. Le mafieux n’avait pas tardé à mettre les choses au clair. Il m’avait fait comprendre que j’étais son atout de charme. Je pouvais faire pencher la balance de son côté si facilement, je pouvais lui faire gagner plus d’argent. J’étais son petit trésor et si je ne voulais pas que les choses finissent mal, il valait mieux que j’accepte. De toute façon, pour lui, j’étais aussi gagnant dans l’histoire. Plus d’argent signifiait plus de confort chez nous. Quant à coucher avec tous ces étrangers, ce n’était que du plaisir. Stupide ou simplement amoureux, j’avais accepté que les choses soient comme ça. Et, le marché avait pris sa place attirant de plus en plus de clients pour Antonio suite aux mots qui étaient soufflés.

J’étais la pièce maîtresse de toutes ses affaires. Il veillait toujours à ce que mon allure soit parfaite. Des vêtements qui me mettaient en valeur et qui collaient à ma peau. Un maximum de peau à la vue de ces regards désireux. Une peau couverte de tatouages que je faisais depuis mon entrée à la mafia. Des centaines de tatouage, mon physique et mon air mystérieux… J’étais la perle de toutes ses affaires. Son petit joyaux. Au départ, Antonio ne m’utilisait qu’à Naples. Je ne le suivais que sur les affaires dans la ville. Cependant, bien vite, il m’avait entraîné avec lui dans toute l’Italie, dans chacune de ses affaires. Il était hors de question de se passer de moi à présent qu’il avait compris à quel point je pouvais être parfait dans ce rôle. C’était toujours les mêmes histoires. Ma vie pouvait être tranquille pendant quelques jours. Quelques jours où Antonio parvenait toujours à m’embobiner et à me faire croire qu’il avait autant de sentiments pour moi que j’en avais pour lui. Quelques jours qui suffisaient toujours à m’empêcher de fuir. Mais, je passais la majorité de mon temps dans les avions, dans les salles de négociation. J’étais devenu la marchandise d'Antonio. Sa marionnette. Lors de chaque affaire, je me trouvais là et je devais séduire les individus. Parfois, ces étrangers ne voulaient qu’une coucherie rapide. D’autres fois, ils payaient pour m’avoir la nuit entière. J’obéissais toujours. Je me pliais aux ordres. Et, à chaque fois, Antonio venait me féliciter, me récompenser. Lorsque certains des clients se montraient violents envers moi, il veillait sur moi et me faisait louper une affaire au maximum pour que je puisse aller mieux. Je tanguais entre l’enfer et le paradis. L’enfer de cette vie où je n’étais qu’un objet, une marchandise pour tous ces marchés. L’enfer de cette vie où les gens m’utilisaient et me frappaient. Le paradis d’une famille autour de moi avec la mafia. Le paradis d’un homme qui semblait m’aimer. Le paradis de m'occuper des voitures de la mafia sur certaines affaires et d'en conduire lors de certaines courses poursuites pour des clients car j'étais doué et c'était excitant apparemment.

Ma vie me semblait presque parfaite. Presque parce qu’il m’arrivait des choses que je ne parvenais pas à contrôler. Il m’arrivait trop souvent de me retrouver totalement perdu dans qui j’étais ou ce que je devais ressentir. Ce flou s’était déclaré un an après le début de mon utilisation comme marchandise. Au départ, Antonio pensait que c’était juste normal. Je pensais que c’était normal. Cependant, tout avait fini par empirer tant et si bien qu'Antonio avait dû faire appel à celui qu’on appelait Doc. Celui qui pourrait venir mettre des mots sur ce que j’avais. Ce que j’avais ? Peut-être que vous allez le découvrir en quelques mots simplement. J’étais devenu trop instable. Mon comportement ne cessait de jongler entre diverses humeurs excessives parfois en quelques secondes. Je pouvais être aussi doux et soumis qu’un agneau. Juste là à attendre, à prendre soin des autres et à faire ce qu’on me demandait. Je pouvais être agressif et violent comme un loup. Simplement là à heurter les gens, à tuer ces clients qui allaient trop loin pour moi. Et, parfois même, je pouvais être fermé dans une bulle trop sombre de dépression. Juste là à enfoncer mes ongles dans ma peau, à me faire vomir et à me foutre en l’air. Il y avait des hauts. Il y avait des bas. C’était trop incompréhensible. C’était trop anormal. Ce ne fut que lorsque je manquais de tuer un des hommes d’affaires les plus importants pour Antonio qu’il se décida à me faire examiner. Un examen qui ne dura pas longtemps et qui fit tomber très vite le diagnostic. J’avais un trouble de la personnalité. J’étais Borderline. Il n’y avait pas grand-chose à faire. Au vu de qui j’étais, parler à un psychologue ne semblait pas envisageable. Cependant, le Doc nota quelques médicaments qui pouvaient agir sur certaines de mes phases.

Après ce diagnostic, la routine reprenait sa place. Antonio veillait simplement encore plus à mes états ce qui me poussait à être de plus en plus irrité, de moins en moins amoureux. L’amour était ridicule. Et, je ne voulais plus être cet esclave.

Chapter five: Leakage from this life – De mes 22 ans à mes 25 ans autour du monde et à Cambridge (2014-2017)

Pour mes vingt-deux ans, Antonio m’emmena loin de ses affaires habituelles. Il était persuadé que ça me ferait du bien de m’éloigner de notre monde pendant quelques temps. Il était sûr que je parviendrais à mieux me gérer après une pause bien mérité. Après tout, cela faisait des années que j’étais à son service, des années que j’obéissais sans sourciller si ce n’était lors de mes crises. Antonio avait réservé un bateau. C’était juste lui et moi. S’il avait su le plan qui se dessinait dans ma tête, il n’aurait jamais mis en vacances les gardes qui nous suivaient sans cesse. S’il avait su ce que j’avais prévu depuis que je savais la nouvelle, il ne m’aurais pas emmené en vacances. Mais, il ne savait pas. Il ne savait pas parce qu’après toutes ces années auprès de la mafia, je savais y faire. J’avais appris à manipuler avec adresse. J’avais appris à divertir avec perfection. J’étais en mesure de jouer sur l’échiquier sans que personne ne puisse détecter mes mouvements avant d’arriver à l’échec et mat. Les choses étaient encore plus simples avec John parce qu’il était persuadé que j’étais toujours amoureux de lui. Je n’avais pas changé de comportement et, les rares fois où j’étais étrange, il l’avait foutu sur le compte de la maladie n’y prêtant pas plus d’attention. Erreur mon cher Antonio, erreur. Jouant mon rôle, j’étais monté sur ce bateau et j’avais laissé Antonio donner vie à son fantasme de me faire sien à bord de celui-ci. Pendant deux jours entiers, j’avais joué ce garçon si parfait et si conforme à l’image qu’il se faisait. J’avais été son amant, son jouet. Mais, je ne voulais plus de cette vie. Je ne parvenais plus à faire face à cette existence. La mafia n’était pas faite pour moi. Je ne voulais pas d’une famille. Je voulais juste être libre et ne plus avoir à obéir.

La troisième nuit de notre escapade, mon plan se mit en place. Antonio était endormi à mes côtés alors que je me levais discrètement. J’avais toujours été doué pour me faufiler sans me faire repérer depuis que j’étais gosse. Ce n’était pas difficile maintenant. Grâce à ma diversion au cours de la soirée, je savais qu'Antonio avait avalé cette pilule qui l’empêcherait de pouvoir affronter la réalité avec toute sa force. Je m’étais rendu à la cuisine pour prendre le plus long couteau qui s’y trouvait. Après avoir fumé une cigarette, j’étais de retour dans la chambre m’installant à califourchon sur cet homme que j’avais tant aimé et qui n’avait fait que m’utiliser. Antonio n’avait pas tardé à se réveiller comme à chaque fois qu’il sentait mon contact, comme s’il avait un radar pour détecter ma présence. Lorsque la peur se refléta dans son regard, je sus qu’il avait vu le couteau que je serrais entre mes doigts. Mon sourire s’étira en voyant qu’il ne parvenait pas à se débattre comme il aurait pu le faire sans la drogue que j’avais glissé dans son verre. « Neal… Hey Love, qu’est-ce que tu fais ? » Je plantais mes prunelles dans les siennes sans même lui répondre à haute voix. J’étais persuadé que mes yeux soufflaient tout ce qu’il y avait à dire. Cette haine qui pulsait au fond de moi. Ce mal-être qui ne cessait jamais de tordre mon ventre. Ce ras-le-bol de n’être que cette marionnette depuis des années. Mais, alors que j'allais abattre le couteau, Antonio trouva la force de basculer me faisant tomber sur le sol, lui au dessus de moi. Il me frappa au visage. Une fois, deux fois, trois fois... Je le laissais faire profitant du moment pour récupérer le couteau qui avait glissé trop loin. Lorsque je l'attrapais, sans attendre un instant de plus, je l'abattais sur le dos d'Antonio. Une fois, deux fois... Il cessait de se débattre et, grâce à ma pratique de la boxe, je parvenais à le renverser sur le côté. À califourchon sur lui, je rentrais dans la folie me remettant à abattre le couteau sur lui et perdant le décompte des coups. Je ne m’arrêtais qu’une fois à bout de force. La chambre était éclaboussée de sang. J’étais couvert de sang. Mais, bordel, je me sentais libre. J’étais enfin libre. Après tant d'années à n’être que la marionnette du monde, j’étais libre. Et, après avoir pris une douche, je le célébrais en vidant toutes les bouteilles d’alcool du navire.

Trois jours. C’était le temps qu’il restait pour nos vacances normalement. Le temps qu’il m’aurait été disponible pour fuir avant qu’on vienne nous chercher. Cette nuit-là, j’aurais dû jeter le cadavre d'Antonio par dessus bord et nettoyer le bateau de fond en comble. Le lendemain, j’aurais dû conduire vers une île pour tenter de m’en sortir en manipulant les habitants et en tentant de donner vie à une histoire de fuite amoureuse. Pourtant, je savais que ça ne fonctionnerait pas. Antonio ne m’aimait pas. De cette manière, j’aurais la mafia et la police aux trousses. Je savais comment m’en sortir. Après avoir pris soin d’enfiler des gants, je saccageais le bateau de haut en bas. Je fouillais dans mon sac en tirant le revolver que je m’étais procuré des semaines plus tôt. Je me rendais de nouveau aux côtés d'Antonio récupérant son téléphone et composant son message d’appel au secours. Lorsque le texto s’envoya, je savais que le temps m’était compté. Ma respiration s’accélérait. C’était quitte ou double. Grâce à ma passion pour la médecine, à mes diverses lectures et à mon expérience au sein de la mafia, j’espèrais réussir. Je devais me rendre mourant pour faire croire à une embuscade au sein de laquelle j’aurais pu perdre la vie moi aussi. Remontant sur le haut du bateau, je respirais l’air frais une dernière fois avant de poser le revolver contre ma peau. Fermant les yeux, j’appuyais sur la détente et la douleur me perfora le torse aussitôt. Je profitais de mes dernières secondes de forces et de lucidités pour balancer le revolver dans la mer avant de m’effondrer au sol. Mes yeux se fermaient déjà à moitié alors que je priais silencieusement pour ne pas y laisser la vie. Soit je vivrais libre. Soit j’allais mourir libre.

Il y avait un brouhaha affreux à mes côtés. Je ne sentais pas mon corps. Je ne parvenais pas à bouger. J’avais beau penser ouvrir les yeux, je n’en étais pas capable. Un gémissement m’échappa et le silence se fit aussitôt. Je sentais l’agitation à mes côtés. Un verre fut pressé contre mes lèvres et je buvais sans rechigner ayant trop soif pour tenter de protester. Mes prunelles finirent par s’ouvrir. Je m’habituais doucement à la lumière de la pièce et lentement je distinguais les membres de la mafia présents autour de mon lit. C’était le moment de jouer mon rôle. « Que… Que… S’est-il… Passé… ? » Quelqu’un se racla la gorge me demandant si je n’avais pas de souvenirs. Je fronçais les sourcils et, soudainement, je tentais de me redresser en appelant Antonio. En criant le prénom de cet homme que j’avais aimé. On me soufflait de me calmer. On m’annonça la mort d'Antonio et je jouais la comédie laissant les larmes de la douleur glisser sur mes joues et passer pour des larmes de tristesses. On me soufflait de me reposer et je refermais les yeux. Mon état s’améliora de jours en jours. J’apprenais qu’à quelques centimètres près, c’était la mort assuré pour moi. Lorsqu’on tenta de tirer une histoire de moi, je ne soufflais que des bribes de souvenirs conduisant à un gang rival de la mafia. Rien de très concret. Un mois après cette histoire, j’étais sur pied et j’avais conscience que tout le monde me respectait dans la mafia parce que, selon leurs déductions à mes mots, j’avais essayé de protéger Antonio me faisant blesser en premier. J’en avais profité. J’avais convoqué certaines personnes pour souffler que je ne pouvais plus continuer comme ça. J’avais su jouer parfaitement le rôle du pauvre gamin amouraché qui ne pouvait plus rester ici et dans cette voie. Étrangement et de façon surprenante, tout le monde avait compris. J’avais signé des papiers laissant clairement entendre que je ne devais rien raconter et que s’il y avait des fuites, on saurait que j’étais coupable. J’avais signé tout ça et j’avais pu m’enfuir. Grâce à mes économies de boulot pour Antonio, j’avais pu m’acheter un billet pour partir en bateau ailleurs. Et ce fut là que mon périple commença.

Pendant deux ans, je n’avais jamais cessé d’être sur la route. Je ne parvenais jamais à me résoudre à rester à un seul endroit même si je savais que la mafia italienne ne s’en prendrait pas à moi et que la police ne viendrait jamais à mes trousses car il n’avait pas eu beaucoup d’information sur le décès de Antonio. Quelque chose en moi avait la trouille qu’on me retrouve et que la liberté me soit enlevée de nouveau. Sans doute cette culpabilité que je portais dans le plus grand des secrets. Alors, j’avais voyagé. La France, la Norvège, l’Espagne, l’Irlande, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Afrique, l’Australie, la Chine… Je ne restais jamais plus de quelques mois au même endroit. Je cumulais des petits boulots acceptant même parfois de faire les trottoirs si je manquais d’argent. Je vivais bien sinon. Je me plaisais avec tant de libertés. Une vie de fête, une vie de délice.

Ce ne fut qu’à la fin de l’année 2016 que je me décidais à m’installer quelque part pour me construire une vie autrement que dans ma fuite constante. Fin 2016, je m’installais définitivement à Cambridge tombant sous le charme de la ville et étant suffisamment coupé du reste du monde. Cela me semblait être une bonne idée pour un nouveau départ. Un nouveau départ pour l’être particulier que j’étais.

Chapter six: Another life, another boy – 26 ans à Cambridge (2018)

Nous sommes maintenant en avril 2018. Cela fait donc plus d'un an que je vis à Cambridge et que je tente de me reconstruire une vie stable. Franchement, une vie stable n’est pas quelque chose de facile à faire pour un être comme moi. Je vis seul dans un miteux petit appartement que j'ai pu acheter avec les restes de l’argent volée à Antonio. Dingue de l’adrénaline, je n’ai pas réussi à me détacher du côté sombre de la vie. Pour me faire plaisir, je me plais à tremper dans des affaires illégales que ce soit des bagarres à déclencher ou de la drogue à livrer. Depuis que j’ai tué Antonio, je n’ai plus commis un seul meurtre même s’il m’arrive trop souvent d’être violent et de devoir être arrêté pour ne pas tuer. Sinon, comme lors de mes voyages, je suis plutôt branché dans les petits boulots. J’occupe un poste de barman de façon officielle et récurrente. C’est ma principale source de revenue et le métier me plaît. Il me permet d’observer la population sans avoir à réellement m’y mêler. Il me donne l’occasion de manipuler aussi, un art dans lequel j’excelle à présent grâce à mon charme et à la mafia. Et, bien sûr, ce job me permet presque toujours de me dégoter des proies pour finir dans des corps à corps. Quand j’ai réellement besoin d’argent, il m'arrive de vendre mon corps. Passionné par la boxe, je n’ai pas cessé de la pratiquer même si je m’entraîne désormais seul et la plupart du temps chez moi. Cela m’évite de chercher les bagarres. Peu de personnes le savent, mais je continue d'étudier la médecine dans mon coin de façon non officielle.

Au jour d’aujourd’hui, on me connaît sous le nom de Neal Hood. Rare sont les personnes à savoir que j’ai un second prénom et encore plus rares sont celles qui savent que ce second prénom est Teodoro. J’ai vingt-six ans sur le papier alors que dans ma tête, je suis sans aucun doute encore un adolescent. Neal Hood… Certaines personnes tentent parfois de faire le rapprochement avec le commissaire Hood, très connu en Irlande puis en Italie avant d’être porté disparu depuis trop longtemps. Beaucoup plus parviennent à me rapprocher de ma maman mannequin. Je les laisse dire. Je ne confirme jamais rien. Je ne veux pas prendre de risque. Personne ne connaît vraiment mon histoire. Comment les gens réagiraient face à la totalité de mon histoire ? Je n’ai pas envie de prendre le risque. Malgré mes comportements qui jouent au yo-yo, peu de personnes sont au courant de mon trouble Borderline. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de mettre en avant. Je ne vois toujours pas de psychologue. Je me débrouille pour trouver les médicaments qu’il me faut pour gérer certaines crises de colère, de panique...

Je ne passe jamais inaperçu. Sûr de moi et imposant, mon physique attire les regards. Je fais beaucoup trop jeune pour âge. Ma peau pâle. Mes prunelles sombres qui cachent trop de secrets douloureux. Mon corps marqués par ces coups de ceinture, ces brûlures et ces marques de mutilation. Mes cheveux tantôt longs, tantôt courts. Mon air mystérieux et bad boy. Mon allure trop frêle et pourtant si différente. J’ai parfois entendu des gens dire que je semble être un dieu sur terre. Je n’en suis pourtant pas un. Je serais plutôt le diable.

Au jour d’aujourd’hui, je vis toujours dans les excès. Je consomme régulièrement de la drogue. Je fume beaucoup trop. Je passe beaucoup de soirée à l’extérieur. Je descend l’alcool comme personne. Et, par dessus tout, j’évite de m’accrocher aux gens autour de moi. Je me contente d’utiliser les individus pour des affaires. Ou alors je me contente de coucher avec eux cumulant les coups d’un soir filles comme garçons. Les personnes qui ont une place dans ma vie sont des privilégiés qui ont su se nicher une place dans mon cœur. Et, ça c’est important. Ils doivent mesurer à quel point ils sont chanceux.

Mon nom est Neal Teodoro Hood. C’est ma vie que vous venez de découvrir. Mais, à présent, c’est à moi que vous allez faire face. Attachez bien vos ceinture parce que ça risque de secouer.


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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Mer 28 Nov - 20:21


Rebienvenue ici
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Mer 28 Nov - 20:40


encore rebienvenue mdr heart eyes 2
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Mer 28 Nov - 21:33


re bienvenue par ici siffle rire
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Jeu 29 Nov - 7:55


Rebienvenuuuuuuue I love you
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Jeu 29 Nov - 9:00


Finis vite ta fiche toi
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Ven 30 Nov - 15:17


Merci tout le monde lovers

@Tomàs O'Callaghan Ouiiiii, j'ai fini vite siffle I love you
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Ven 30 Nov - 16:39


@Neal Hood alors avant de te valider, j'ai quelques petits soucis bril

Citation :
Et, à force de provocation, Antonio avait fini par me bloquer dans un coin pour m’embrasser et me baiser.
tu utilises bien souvent le dernier terme de la phrase, pourrais-tu le changer dans ton histoire, une règle de forumactif est le respect du -18 ans (donc un peu pur quoi), on essaye généralement de détourner ça avec des termes un peu plus poétique.

Citation :
J’étais devenu la pute d'Antonio. Sa marionnette.
pareil ici, autant le terme exact marche mais les "pute" et tout pas trop (même si putain, merde ça marche), encore une fois, on aimerait ne pas être en faut vis-à-vis de l'hébergeur du forum..

Citation :
Peu de personnes le savent, mais je me suis inscrit à une formation de mécanique et je continue d'étudier la médecine dans mon coin.
enfin pour moi, en lisant ça Neal n'est pas citizen mais étudiant. d'ailleurs tu dis un peu en mode surprise général qu'il a suivi des cours de médecine pour se permettre son action sur le bateau mais j'arrive pas réellement comme il a pu les caser dans sa vie sachant que les trois premières années sont assez théoriques en europe + y a quand même besoin d'une présence exemplaire pour être aussi doué (tu disais que ces notes étaient pas ouf en plus plus haut donc j'arrive pas vraiment à comprendre comment c'est possible qu'il puisse enchaîner médecine + son travail pour antonio en même temps). bril
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Ven 30 Nov - 17:13


@Alistair Kane J'ai corrigé pour les termes.

Concernant la mécanique et la médecine, alors déjà petite faute de ma part, il n'y a pas la mécanique. Ensuite concernant la médecine, il n'a jamais réellement suivi de cours officiel pour cela et il n'en suit toujours pas aujourd'hui. Donc il n'est pas étudiant. Pour la médecine, même s'il n'était pas doué à l'école, il a toujours été passionné par cela. Donc il a beaucoup lu, beaucoup consulté internet et en faisant parti de la mafia, il a eu l'occasion d'en voir des blessures. Il s'est donc "formé" surtout sur le tas et il n'irait pas se vanter qu'il s'y connaît parfaitement ou qu'il sait tout faire. Non, il sait se débrouiller sur lui-même pour éviter l'hôpital et peut-être soigner des égratignures sur d'autres mais ça s'arrête là. J'ai donc modifié ça dans la présentation cute
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Ven 30 Nov - 22:33



Bienvenue jeune padawan
inscription terminée

alors, c'est parti je te valide girly par contre comme te l'a signalé mogo, fais attention au vocabulaire que tu emplois ou à la direction trop dure que tu fais prendre à ton personnage I love you. On veut pas te mettre de forcement de barrières, ni t'empêcher de jouer le personnage que tu veux mais on fait surtout ça pour les plus jeunes ou pour les personnes qui sont sensibles à ce genre de choses, gtp reste un rpg familial et rigolo girly on veut respecter les règles de forumactifs à ce sujet et vu que le forum n'est pas interdit aux moins de 18, voilà aha. girly fais juste attention à cela
Bon jeu à toi et rebienvenue ptit coeur  


Ça y est, t'es un grand désormais, ou un fou tout dépend du point de vue. Ton personnage est prêt pour l'aventure déjantée sur Greek Tea Party et nous attendons avec impatience de jouer avec.  perv
liens utiles vérifier ton avatar et ton pseudo dans les bottins.
la foire aux liens te permet de trouver des amis.
créer des scénarios et pré-liens selon tes envies.
te recenser dans les clubs, logements, etc.
flooder et jouer avec les autres.


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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil :: Sam 1 Déc - 11:29


C'est noté. Je ferai attention cute

Merci I love you
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Re: Neal Hood ▼ The angel may be worse than the devil ::


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