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non-greek forever boy

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J'ai cédé à Greek Tea Party le : 16/02/2017 sous la copie conforme de : Rami Malek. £ grâce à un total de : 44 et je crédite : BONNIE pour l'avatar, et Solosand pour la sign.


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(moira) the best part of believe is the lie - Dim 19 Fév - 13:39






     
Moira & Nayati - a big town, synthetic apparitions of not being lonely. "look ! he's having a breakdown, oh what a let down, a shame, I think he might die !" she's dancing, enthralling, I guess I gotta wait my turn.
the best part of believe is the lie
Comme tous les matins, tu peines à sortir du lit. Tu devrais avoir pris la main, commencer à te débrouiller, mais tu n'y parviens pas. On t'a dit que c'était psychologique, que tu étais encore dans le déni, qu'une fois ta condition pleinement acceptée tu parviendrais à trouver un nouvel équilibre, et tout serait beaucoup plus simple. Disons qu'au bout de deux ans, tu es parfaitement conscient de ce qui t'arrive et du fait qu'il n'y pas de retour possible. Tu n'y arrives pas, et les conseils à deux balles de gens qui ne comprennent pas n'arrangeront rien. Tu te glisses tout aussi difficilement dans ta baignoire, et enfiler tes vêtements te prend ensuite un temps inouï. Une fois prêt, tu bipes ton chauffeur et il monte te chercher. Tu ne lui as pas encore annoncé qu'il serait sans emploi d'ici moins d'un an. Et toi sans aide. Tu ne sais pas ce que tu attends, peut-être de te réveiller. Que tout s'arrange. Comme si tu croyais encore aux miracles après ta paralysie. « Bien dormi, boss ? » Tu détestes qu'il t'appelle ainsi, mais cela l'amuse beaucoup. Tu te contentes donc de lever les yeux au ciel tout en te glissant difficilement sur le siège passager. Tu sens bien que cela le démange de t'y aider, mais tu le lui as interdit. « Je suis plus ton fardeau que ton boss. Ce n'est même pas moi qui te payes. » Il claque la portière sur un léger rire pour ranger le fauteuil roulant dans le coffre et se mettre au volant. Vous roulez jusqu'à l'université, et il te laisse à nouveau te débrouiller pour grimper sur ta chaise. Vous vous saluez, tu le biperas lorsque tu souhaiteras rentrer. Tu regardes la Royce démarrer et s'éloigner avant de te diriger vers l'entrée. Tu ignores la plupart des gens, et supportes silencieusement les regards rivés sur toi et ton fauteuil. Tu as parfois l'impression d'être l'attraction de la journée, le spectacle de cette fac. Et pourtant, ils ont le chancelier pour les distraire. Tu sors tes écouteurs du sac posé sur tes genoux et les visses dans tes oreilles afin de faire taire le bruit du monde qui t'entoure et te juge, la dernière de Linkin Park à fond. Heavy, elle ne ressemble pas au groupe que tu as connu, mais elle ne t'a pas déçu. Au contraire, ce changement a quelque chose d'encourageant à tes yeux. Quant aux paroles, dire qu'elle te parlent serait un euphémisme. I keep dragging around what's bringing me down,if I just let go, I'd be set free. C'est toi, ton mal être constant, cette condition que tu laisses détruire ton existence entière. Réduire tes possibilités. Brouiller ton avenir. C'est ta peur d'échouer, ta peur d'espérer. Cette voix qui te dit de laisser tomber lorsque tu peines à te déplacer, ou ne trouves pas de raison de quitter ton lit le matin. Tu te laisses abattre, mais la musique tout comme le cinéma ne t'ont jamais lâché. Tu y puises force et motivation, comme ce matin sous le regard d'étudiants intrigués. Remarquant que tu as encore une petite demi-heure devant toi, tu te diriges vers la salle de danse, au cas où Moira s'y trouverait. Tu en es tout proche lorsque tu l'aperçois, sortant vivement, la porte claquant derrière elle, et tu penses, malgré la distance, apercevoir une larme rouler sur sa peau porcelaine. Tu ôtes tes écouteurs de tes oreilles, mais elle n'est plus à portée de voix. Tu accélères, les roues se calent, et tu te sens partir en avant. Tes bras se tendent machinalement, amortissant la chute du reste de ton corps et évitant à ton visage de se heurter violemment au sol de ce couloir. Tu grognes, jures entre tes dents, et te mets sur le dos pour retrouver ton souffle calmement. Tu es mort de honte, et le pire dans tout cela est que tu sais pertinemment que tu seras incapable de remonter dans ton fauteuil sans aide. « Putain. » Tu fixes le plafond, puis tu fermes les yeux comme si cela pouvait t'aider à disparaître complètement du paysage. Quelle merde, comme si être l'handicapé du campus ne suffisait pas. L'avantage est que le vacarme produit par ton petit accident aura probablement attiré l'attention de la danseuse, mais tu n'es plus très sûr de vouloir la voir vu ta posture actuelle. Le ridicule ne tue peut-être pas, mais dans ton cas il se peut qu'il étouffe ta vie sociale dans l’œuf. Tu ne veux pas du regard compatissant de Moira, comme ceux que te servent tous les autres à longueur de journée. Tu ne le supporterais pas.

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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Dim 19 Fév - 13:40



Comme tous les matins, Moira se regardait dans ce miroir partiellement détruit qui trônait dans la salle de bains. Encore une victime de ses crises de colère. Les insomnies et les larmes commençaient à sérieusement se faire ressentir psychologiquement et physiquement. Les forces lui manquaient. Son corps souffrait de toute part, fatigué par la danse et la maltraitance de Moira. Pas de soins lorsqu’elle se blessait, pas de médicaments lorsqu’elle souffrait, pas assez de nourriture, plus d’alcool que d’eau dans son corps… Elle qui était si saine malgré ses quelques écarts lorsqu’elle était avec Kyô. Comme si sa solitude n’était pas assez difficile à  supporter et la situation douloureuse, Moira ne parvenait plus à rien en cours. Les professeurs s’inquiétaient pour cette élève discrète mais brillante et comme elle n’était pas du genre bavarde, elle n’expliquait pas la chute vertigineuse de ses notes. La rousse se foutait de tout, trop occupée à essayer de surmonter toutes ses épreuves et à essayer de survivre malgré son ras le bol. Elle n’avait pas le droit au bonheur. La jeune femme ignorait pourquoi le sort s’acharnait à ce point sur elle alors qu’elle n’avait rien fait pour mériter ça. Elle soupira et se passa un coup d’eau sur son visage afin de se ressaisir. Moira avait tout sauf envie d’aller en cours mais elle n’avait pas le choix. Rester enfermée ici la rendait folle et ses amis se trouvaient sur le campus. Si elle voulait se changer les idées, il lui fallait suivre sa journée de cours normalement et espérer croiser un ami proche. Alors voilà qu’elle claquait la porte de son appartement pour marcher en direction du campus, musique à fond dans les oreilles. Elle souffrait mais elle marchait, parce que ça lui vidait la tête et elle se préparait psychologiquement à voir la joie sur les visages, à entendre les rires dans les couloirs, à voir les jeunes réussir leurs études et parfois leurs vies. Moira n’était pas du genre envieuse, mais ces jours-ci, elle avait du mal à avaler le fait que certaines personnes puissent tout avoir sans peine et sans même le mériter, pendant qu’elle était maltraitée par la vie. Oh, la rousse savait qu’il y avait des cas bien pires que le sien. Elle avait au moins la chance d’avoir un toit, de suivre des études et d’avoir de quoi manger… Mais elle échangerait bien tout ça si elle pouvait être heureuse rien qu’une heure. Se sentir sereine, aimée… vivante. Juste une petite heure. Ne plus avoir l’impression de subir sa vie mais de la vivre, d’avoir le contrôle, d’avoir le choix… Mais c’était trop demander apparemment.

Une fois arrivée à l’université, Moira retira sa capuche et ses écouteurs pour se diriger vers la salle dans laquelle elle passait le plus clair de son temps : la salle de danse. Sur son passage, certaines mauvaises langues se retournaient pour la dévisager. Pour se moquer, ricaner bêtement. Si seulement elle pouvait réussir à faire quelque chose de sa vie pour se convaincre que ces gens n’avaient pas raison de la traiter comme une moins que rien, comme un monstre juste parce qu’elle était spéciale, un peu différente des moutons de ce campus. Pour prouver à ces cons prétentieux et cruels qu’elle avait un don, qu’elle n’était pas une bonne à rien et qu’un jour, elle serait quelqu’un. Se prouver et prouver aux autres que la roue tourne, même si elle tarde. Qu’avec de l’acharnement on peut s’en sortir... Moira fusillait du regard l’étudiante avec qui elle en était venue aux mains il y a quelques temps quand celle-ci avait osé la suivre jusque chez elle pour voir où vivait « le psychopathe Lannister et la sociopathe ». La danseuse serra les poings et entra dans la salle de danse. Son professeur l’attendait pendant que ses élèves commençaient leurs étirements et exercices à la barre. Il  voulait savoir comment cette fameuse audition qui allait permettre à deux danseuses de suivre un stage d’une semaine au sein de la plus grande compagnie du pays s’était passée. Le Royal Ballet de Londres. Une chance qu’on a qu’une fois dans sa vie… Moira faisait partie des finalistes mais le jury n’était pas le même que la première fois. Il était plus pointilleux, plus sévère et sans pitié. Comme elle n’était qu’une ratée, sa vie entière étant une énorme erreur bourrée d’échecs et de déceptions en tout genre, Moira avait une fois de plus été malchanceuse.  Mademoiselle Lannister, je suis navré mais vous ne pouvez vous présenter à une audition avec une telle blessure. Avez-vous seulement vu l’état de votre cheville ? C’est tout juste si votre pied entre dans le chausson. Ce n’est pas raisonnable et votre cheville ne sera surement pas guérie d’ici une semaine. Nous ne pouvons perdre de temps à vous voir danser sachant que vous ne serez pas capable de suivre notre stage.  Je vous souhaite une bonne continuation mademoiselle.. Ces mots résonnaient dans la tête de Moira depuis deux jours déjà et elle se détestait d’avoir été aussi négligente. Elle aurait voulu leur expliquer pourquoi elle s’était acharnée sur ce pied, leur dire que sa vie était minable et que la danse était tout ce qui lui restait. Qu’elle avait tellement mal en dedans que la douleur à la cheville lui semblait minable et son état ne l’avait pas plus inquiétée que ça. Qu’elle en était capable, qu’ils n’allaient pas le regretter et qu’elle méritait sa place dans ce stage plus que n’importe qui. Quitte à passer pour une fille prétentieuse ou pour une faible en les suppliant de lui laisser une chance… Mais non. Moira était restée silencieuse. Tétanisée. Elle était restée sur la scène une bonne minute, comme si son cerveau avait été incapable de faire bouger ses jambes. Un de ses rêves s’était effondré en quelques secondes. Inutile de dire que la pauvre Lannister s’était enfermée dans sa chambre et ne s’était levée de son lit que pour prendre son insuline. Ce soir là, elle s’était retenue de mettre en pièces ses chaussons et de tout plaquer. Alors que Moira s’apprêtait à prendre la parole pour annoncer la mauvaise nouvelle, son professeur lui coupa la parole. « Elena m’a tout dit, elle est venue me dire qu’elle n’a pas été sélectionnée elle non plus. Je suis désolé. ». Le danseur prit un air compatissant et posa sa main sur l’épaule de la danseuse afin de tenter de la réconforter. Moira posa un regard froid sur sa main, comme pour lui faire comprendre qu’il ferait mieux de la retirer. La rousse détestait qu’on la touche. Les gens tactiles avaient le don de la mettre tellement mal à l’aise… Il n’y avait que très peu de gens qui pouvaient poser la main sur elle sans qu’elle ne panique. Elle roula des épaules inconsciemment ce qui poussa finalement le blond en face d’elle à ôter sa main. « Tu n’as pas été raisonnable, Moira. Si tu faisais partie d’une aussi grande compagnie et que tu te comportais de la sorte, tu mettrais dans l’embarras tout le monde. Je pense que cet échec t’apprendra à prendre un peu plus soin de toi… Si tu veux danser jusqu’à la fin de ta vie, il faut cesser de te torturer. Prendre soin de tes pieds, te soigner rapidement à la moindre blessure et..  », Moira coupa la parole au professeur en levant sa main, les sourcils froncés. « Attendez. Vous êtes entrain de donner raison à un homme qui a brisé le rêve d’une danseuse, en la sous-estimant qui plus est  ? Sans même se demander ou s’étonner en voyant une danseuse arriver si loin et dans un tel état ?  », un rire jaune secoua la jeune femme qui serra la mâchoire en le fusillant du regard. Mister Jones, son professeur de danse à la carrière plutôt impressionnante se mit à bégayer, surpris que sa danseuse d’habitude si docile et douce lui parle de la sorte. Sur un ton si sec, froid et avec un regard si noir. Ce regard normalement si lumineux qui reflétait toute sa douleur. Ce regard qu’il complimentait si souvent… Se rapprochant de Moira, il bafouilla à plusieurs reprises avant de lui dire, confus « Oui mais attends Moira. Je… Ce que je veux dire c’est que tu n’étais peut-être pas à la hauteur et… », tenta de reprendre maladroitement le quinquagénaire. Moira rattrapa son sac et lui jeta un regard plein de déception et de rancœur. Elle baissa la tête pour cacher son visage sur lequel des larmes coulaient et quitta la salle telle une furie. « Pas à la hauteur. », répéta Moira, enragée. Secouée par les sanglots, elle remettait tout en question. Sa présence dans cette université, ses études, sa vie et la seule chose qui lui permettait de tenir désormais : la danse. Elle bouscula les gens sur son passage, elle qui normalement se faufilait pour ne pas se faire remarquer. De l’air. Il lui fallait de l’air. Trop de gens. Partir. Il fallait qu’elle s’en aille. Qu’elle se retrouve seule, qu’elle se fasse payer cette erreur commise. Rentrer. Ne plus jamais revenir. Tiens, quelle bonne idée… Se laisser aller, partir…

Alors qu’elle arrivait presque au bout du couloir, un bruit sourd provoqua l’arrêt des bavardages futiles des étudiants. Moira s’arrêta et son regard fit la navette entre les étudiants près d’elle et l’autre bout du couloir. Tout le monde avait l’air un peu choqué et surtout embarrassé par la scène. Plus personne ne bougeait ni ne respirait, et les amis se concertaient d’un simple regard. Moira devinait qu’ils se demandaient s’il fallait y aller ou non. Moira aurait  pu faire comme d’habitude et continuer son chemin mais cette fois, elle fit demi-tour pour traverser le couloir en poussant les gens. C’est là qu’elle vit un fauteuil un peu plus loin et un brun allongé sur le dos. « C’est pas vrai. » souffla la jeune femme en accélérant le pas. C’était Nayati… Elle en était persuadée. Il y avait peu d’étudiants handicapés ici, peu de jeunes assez courageux pour venir affronter les regards insistants et les éventuelles moqueries… La vingtaine de curieux appuyés contre les murs autour de Nayati ne semblaient pas décider à bouger, ce qui mit la rousse hors d’elle. Elle poussa sans ménagement les curieux à l’aide de ses mains, curieux dont le regard se fit fuyant, sans doute gênés de voir que quelqu’un allait l’aider et que ce n’était pas eux. « Bon sang ! Nayati ! », s’exclama la danseuse en s’agenouillant près de lui. Son regard tenta de détecter une éventuelle blessure, mais rien ne lui sauta aux yeux. Elle demanda en essuyant ses joues à l’aide de sa manche, la voix tremblante « Est-ce que tu t’es fait mal ? ». Moira était inquiète et bouleversée de voir que personne n’avait essayé de se mettre à la place de Nayati et ne s’était précipité pour réagir. Lui demander si tout allait bien, s’il avait besoin d’un coup de main ou juste lui ramener son fauteuil. Merde alors. Personne parmi cette vingtaine d’étudiants n’avait montré une once d’humanité. La rousse fit abstraction des gens autour d’eux qui commençaient doucement à reprendre leurs bavardages et à se diriger vers leurs salles respectives pour se concentrer sur l’égyptien.  « Je vais chercher ton fauteuil. », fit-elle en se relevant rapidement, faisant son possible pour arranger la situation le plus vite possible. On pouvait lire tout sauf de la pitié dans ce regard plein de larmes mais plutôt de la panique. Une situation qu’elle ne savait pas comment gérer, la peur de faire ou dire quelque chose qui pourrait le blesser ou l’énerver… Moira en tremblait. Elle ne pouvait pas se mettre à la place de Nayati, mais elle imaginait très bien à quel point il devait se sentir mal, humilié, diminué. Elle se doutait qu’il aurait voulu disparaitre, devenir invisible lui aussi… Un gringalet avec une tête à claques restait planté au milieu du chemin. Moira aurait pu contourner le type et l’ignorer comme elle le faisait si souvent, préférant éviter les conflits, mais pas cette fois. Il observait Nayati comme une bête de foire. Ce n’était pas elle le centre de l’attention, c’était son ami. Hors de question de ne rien dire. Moira poussa un coup de gueule alors qu’elle s’arrêtait à deux mètres des pieds de l’étudiant, prête à lui rouler dessus « Qu’est-ce que tu regardes toi ? T’es jamais tombé toi, imbécile ?! Il se relève, il te casse en deux alors bouge ou je t’écrase. ». Un peu surpris, le gamin recula et reprit lui aussi son chemin en se tournant à plusieurs reprises, craignant sans doute qu’elle ne le suive. La jeune femme plaça le fauteuil contre le mur et bloqua les freins, les mains tremblantes, avant de retourner près de lui. Moira renifla et frotta ses yeux avec sa manche avant d’esquisser un sourire qui se voulait rassurant « Je sais que tu es capable de le faire seul, mais laisse-moi juste… », elle prit délicatement la main du brun et passa une main sur le bas de son dos. « Je ne veux pas que tu te fasses mal. », murmura timidement Moira avant de laisser Nayati saisir son avant bras un peu à contre cœur pour forcer et se redresser contre son fauteuil. La rousse le laissa s’ajuster seul contre celui-ci à l’aide de ses bras. Elle se tripota nerveusement les mains avant de dire en le voyant tourner la tête pour regarder son fauteuil et surtout pour fuir le regard de la rousse « Je l’ai bien calé, ça ne risque rien. ». Tripotant nerveusement ses doigts, la rousse lui dit d’une voix tremblante « Je suis vraiment désolée que… Enfin. Pour tout ces imbéciles. ».
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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Lun 20 Fév - 1:25

Les regards sont rivés sur toi, tu les sens mais n'oses les croiser. Quelle humiliation. Jusqu'ici, tu avais eu la force d'affronter les foules, aussi pénibles cela te soit-il. Tu ne sais où tu la puisais exactement, mais tu l'avais. Il te semble que désormais, quelque chose s'est brisé. Si tu ne t'es pas blessé dans ta chute, tu as perdu ce qui te restait de dignité. C'est probablement plus douloureux que le reste. Une boule s'est formée dans ta gorge, et tu as la nausée. Tu aimerais disparaître, t'enfuir au risque d'être plus humilié encore. Mais, même cela, tu ne peux le faire sans aide. Aide que personne ne semble décidé à te procurer, et tu en viens à te demander si tu vas quitter ce couloir avant que les cours ne commencent. Mis à part en rampant à la seule force de tes bras, ce qui est assez exclu, tu ne vois pas trop comment faire. Seul, tu n'as pas la moindre chance de sortir d'ici. Ton sac s'est écrasé trop loin que pour y récupérer le bip ou ton téléphone. Tu te trouves donc, tel une tortue sur le dos, bloqué dans une position inconfortable dont tu ne parviens pas à te libérer. Tu ne tentes même pas un mouvement, tu n'es pas une bête de foire, tu ne donneras pas la satisfaction à ton public immobile de gigoter vainement afin de te dépêtrer de cette situation. Ta honte grandit au fil des secondes que tu demeures allongé là, mais c'est toujours mieux que de te donner en spectacle ou demander de l'aide. Tu tentes de visualiser un plan, une échappatoire, mais tout ce qui te vient en tête c'est de continuer à faire le mort jusqu'à ce que quelqu'un se décide à cesser d'être un gros con ne serais-ce qu'une minute. Tu es constamment confronté à ce genre de situation. Non pas que tu tombes souvent, même si cela arrive, tu dois l'avouer, cependant tu es souvent seul lorsque tu t'écrases lamentablement face contre terre. Non, tu es confronté au malaise des foules, et aux faits que la plupart des gens détournent le regard, exactement comme ils le font devant un mendiant. Et pourtant, tu n'as jamais rien demandé à personne. Tu détesterais avoir à le faire, tu es trop fier, tu tentes toujours de tout faire par toi-même, et il est rare que l'on vienne spontanément à ton secours dans quelque situation que ce soit. Chacun pour soi, et ce même si tu n'es clairement pas à égalité avec les autres. Diminué, assisté, un véritable fardeau. Tu n'es plus capable de grand chose sans assistance, même si tu rechignes toujours à l'avouer, ainsi qu'à accepter les rares fois où l'on te propose de l'aide. En général, c'est lorsque tu n'en as pas vraiment besoin. Les jours comme aujourd'hui, personne ne bouge.

Ta vie n'est rien de plus qu'une énorme blague, tu le sais depuis ton réveil dans cet hôpital. Elle n'a jamais eu ni sens, ni importance. Tu as tenté de changer les choses, depuis ton réveil. Ce fut laborieux, mais tu touchais au but. Tu étais un enfant gâté, seul, imbu de lui-même, égoïste, et outrageusement riche. Un adolescent délaissé, encore plus seul, séparé des siens, mais toujours aussi fortuné sans en foutre une. Un jeune adulte indigne de ce titre, irresponsable et tout à fait seul malgré l'illusion que tu te faisais d'être entouré. Ça, tu l'étais, mais mal, et pas pour les bonnes raisons. Et tu as failli mourir, conséquence de tout cela. Tu t'es retrouvé encastré dans une vitrine, le bas du corps broyé, et la voiture pour laquelle ton père avait dépensé une somme astronomique aussi irréparable que toi. A la seule différence que des voitures, il y en a à la pelle. Elles se vendent, se rachètent, et la balancer dans une casse n'a pas fait ciller tes géniteurs. On ne pouvait décemment pas faire pareil avec toi, te mettre dans un coin et t'y oublier. Tu aurais aimé que ce soit aussi simple, mais sept mois durant ta mère et les médecins ont continué de te faire vivre, ce sont accrochés au fait que tu respirais encore, et que ton cœur battait. Tu ne serais plus jamais en un seul morceau, si seulement tu venais à te réveiller, mais tu serais là. Si on t'avait donné le choix, tu aurais signé, et vive le repos éternel. Ce n'est pas plus compliqué que ça, t'accrocher désespérément à une vie de supplices et d'humiliations ne t'intéresse pas. Tu n'as jamais eu l'instinct de survie -à quoi bon, tu te pensais intouchable. A ton réveil, tes jambes t'avaient lâché. Tu as vu les radios, elles sont tout simplement irrécupérables. Ta seule chance de remarcher un jour réside dans les nouvelles technologies, mais vu l'état des finances des Zafar tu ne risques pas d'avoir cette chance. Tu es, pour la première fois de ta vie, au même niveau que ceux que tu as toujours pris bien soin d'ignorer. Et tu les comprends. Toi aussi, tu aimerais qu'on se mettre à ta place. Toi aussi, tu es amer, désillusionné, enragé. Tu t'en veux terriblement d'avoir fait partie des aveugles, des ignorants, des faux et égoïstes. En un sens, tu as mérité ce que tu subis aujourd'hui. Il t'aurait suffit d'un regard, d'un don, d'un peu d'attention. Tu avais tout ton temps, et tout ton argent. Aujourd'hui, tout te file entre les doigts. Tu ne seras bientôt plus personne, et tu commences à te demander si tu vas réagir ou simplement profiter de l'occasion pour te laisser couler. Définitivement. Tu ne manqueras pas, et tu auras enfin la paix. Tu en as assez de te battre pour une égalité des chances qui n'existe ni n'a jamais existé. Tu as bêtement cru que toi, tu pourrais y changer quelque chose. Parce que tu as connu les deux voies, les opposés. Tu as vu les strasses et les paillettes, tutoyé les étoiles. Aujourd'hui, tu traînes ton corps brisé sous les regards gênés. Tu t'es cru spécial, toujours capable, mais le fait est qu'il n'y a plus de place pour toi. Tu as du talent, pourtant, tu le sais parfaitement, mais entre le reconnaître et te confier des projets, te soutenir et te pousser, il y a un fossé. Et il se creuse. Tu as chuté de ton piédestal, demi-dieu devenu simple mortel. Jamais tu n'as été plus à l'abri qu'un autre, tout cela n'était qu'illusions. De ce fait, tu n'as pas été préparé à une vie dure, dans laquelle on se bat, dans laquelle on s'acharne. Tu as dû l'apprendre seul, sur le moment, et tu n'es pas suffisamment endurant. Combien de temps pouvais-tu espérer tenir dans cette course, dans cette lutte constante ? Tu partais désavantagé, à tous les points de vue. Tu t'es bien battu, mais les événements de ces derniers jours te prouvent que lâcher prise était peut-être une meilleure idée. Tu t'es montré têtu et fier, as tenté de prouver tu ne sais trop quoi et de prendre le contrôle de ta vie. Tu n'avais pas encore réalisé qu'il était trop tard pour cela. Ou plutôt, tu ne l'avais pas accepté, comme tu peinais à accepter ta paralysie, le fait que tu finirais ta vie assis.

Tu n'es au sol que depuis deux ou trois minutes, mais cela pourrait tout aussi bien faire quatre heures, lorsque quelqu'un semble réagir. Ce quelqu'un, tu ne prends pas le peine de le regarder, tu réalises uniquement sa présence car les voix alentours se sont faites plus fortes, comme si la peur de briser ce profond moment de solitude était effacée par le soulagement de ne pas avoir à intervenir. Tu n'es plus le problème de personne, on s'en charge pour eux. Et tu reconnais sa voix: Moira. Merde. Merci, mais merde. Il fallait que ce soit elle, le seul être humain de cette assemblée. Il fallait qu'elle te voit comme ça, qu'elle te vienne en aide. Elle t'interroge sur ton état, et tu secoues faiblement la tête, juste de quoi la rassurer. Tu n'as pas le choix: elle est la seule à pouvoir t'aider, car la seule à le vouloir. Elle sait que tu souffres, même si tu n'en dis rien. Elle le sait, comme tu sais pertinemment, depuis la première fois, qu'elle est profondément... abîmée, en dedans. Tu l'as tout de suite remarqué, et tu y as trouvé à la fois beauté et tristesse. Chez toi, il n'y a que de la laideur, une profonde et venimeuse blessure. Tu la laisses prendre les choses en mains, persuadé qu'elle ne le fait que par peine pour toi. Pour l'handicapé qui s'est cru capable, mais qui ne l'est de toute évidence pas du tout. Mais tu la sens fébrile, inquiète, et cela t'intrigue. Tu n'oublies pas que tu l'as vue pleurer, à sa sortie de la salle de danse. Tu es en pleines réflexions lorsque sa voix se fait entendre à nouveau, à l'intention de tu ne sais qui. Tu tentes de regarder, mais ressembles de nouveau à une espèce de bébé tortue à la merci des prédateurs et cesses de te débattre, te contentant d'écouter. Tu n'aimerais pas te faire des idées, mais l'impression qu'elle n'a pas seulement pitié de ta pauvre condition s'insinue en toi. Elle veille sur toi, au delà du simple fait de t'aider, elle te défend. Tu tends à te renfrogner légèrement en voyant qu'elle veut t'aider à te redresser, mais tu en seras incapable seul, tu le sais, et elle aussi, même si elle se donne la peine de tenter de faire croire le contraire. Tu t'accroches donc, un peu à contre-cœur, au bras de ta sauveuse et t'y appuies afin de te glisser dans ton fauteuil roulant. A partir de là, tu es capable de te débrouiller, et elle te laisse faire comme par peur d'être de trop. Tu apprécies le geste, un peu similaire à ton chauffeur te laissant te débattre seul afin de monter en voiture. Ton regard se porte partout, sauf sur elle, du moins avant qu'elle ne prenne la parole et que tu ne te sentes le besoin de la rassurer. Ta main attrape la sienne dans un geste purement irréfléchi, et tu cherches ses yeux clairs. « J'ai l'habitude, Moira. Je suis parti pour subir ça toute ma vie. » Tu hausses une épaule, dans un soupir étouffé. « Merci. D'avoir réagi, et de ne pas me regarder comme les autres le font. » Tu passes ta main libre dans tes cheveux, embarrassé par toute cette scène. « A vrai dire, je venais pour te voir. Je n'ai pas pu te rejoindre, mais tu... Comment tu vas ? » De toute évidence, pas très bien, mais tu t'attends à ce qu'elle s'exprime un peu plus.
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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Lun 20 Fév - 16:32

Moira fut soulagée de voir Nayati à nouveau dans son fauteuil. Il venait de reprendre le contrôle. La rousse ressentait une certaine gêne en voyant Naya éviter soigneusement de croiser son regard. Elle était désolée qu’il ne ressente une honte pareille, au point de ne pas oser la regarder. Moira ne savait plus trop où se mettre et se demandait même si elle ne ferait pas mieux de le laisser seul. Peut-être voulait-il avoir la paix après une telle mésaventure. Mais avant de faire quoi que ce soit, elle eut ce besoin de lui dire à quel point elle était désolée que les choses se soient passées ainsi. Elle restait bouleversée alors que ce n’était pas elle qui s’était retrouvée dans cette situation délicate… Mais elle était comme ça Moira. Emotive, sensible. Surtout lorsque que quelque chose de mauvais arrivait à quelqu’un qui comptait pour elle. Nayati et elle n’étaient pas amis depuis des années et ne passaient pas tout leur temps libre ensemble, mais le peu de fois où elle le voyait suffisait pour qu’elle se soit déjà attachée. Alors qu’elle tripotait nerveusement ses mains, le regard clair de Nayati se posa à nouveau sur elle et sa main vint chercher la sienne. Moira baissa les yeux une fraction de secondes pour voir la main de Naya sur sa main tremblante. Etrangement, elle n’eut pas ce sursaut et cette décharge désagréable habituelle lorsque quelqu’un la touchait. Un sourire triste étira ses lèvres alors que son regard brumeux se reposait sur l’égyptien « Tu ne devrais pas avoir à t’habituer à ce genre de choses…  ». C’était injuste qu’il soit traité de la sorte. Moira concevait qu’on puisse être un peu mal à l’aise et ne pas savoir comment réagir dans une telle situation. On craint de blesser l’individu, de faire quelque chose de travers ou faire ressentir ce sentiment d’impuissance et de faiblesse lorsqu’on veut juste aider. C’état exactement ce qui avait effrayé Moira au moment de caler le fauteuil derrière Nayati. Mais à un moment, il faut bien se lancer non ? Cesser de penser et agir, parce que le bien-être de quelqu’un est en jeu. Qui avait-il de si extraordinaire ou d’effrayant à ramasser un fauteuil roulant pour le ramener à la personne. Qu’est-ce qui pouvait garder les gens à distance comme cela ? Le regard des autres crétins présents ? La peur de la contagion ? Oh, Moira. Qu’est-ce que tu pouvais être idiote parfois. C’était tout simplement un parfait exemple de la bêtise humaine dans toute sa splendeur. La preuve que dans ce monde, on ne peut compter que sur soi. Devant un accident, les gens sortent leurs téléphones et postent les vidéos sur internet. C’est tout juste s’ils ne sortaient pas le popcorn pour savourer la détresse des gens. L’humanité sombrait dans une ère sombre, très sombre. C’était tout bonnement déprimant…  

Moira serra doucement la main de Nayati qu’elle n’avait pas été capable de lâcher car ce simple contact l’avait rassurée et ses mains ne tremblaient plus. Elle ignorait comment il avait pu faire cela, mais il était indéniable que Nayati lui apportait quelque chose de nouveau. Une sorte de quiétude… C’était étrange, inexplicable mais agréable. Elle secoua doucement la tête lorsqu’il la remercia  « Ne me remercie pas s’il te plait, c’est tout à fait normal. Et je ne vois pas d’autre façon de te regarder que la mienne. »,  dit-elle en souriant timidement. A part avec un regard neutre, plein d’admiration ou plein de bienveillance, Moira ignorait  comment elle devait le regarder. Elle ignorait comment on pouvait le regarder autrement d’ailleurs. Comme un pauvre type ? Certes, cela désolait et révoltait Moira que la vie soit aussi injuste et fasse de tels coups bas à des gens biens et elle aurait préféré le voir à sa hauteur, le savoir capable de tomber sans avoir envie de disparaitre, de se haïr et de subir une telle humiliation. Pour la rousse, il n’était pas un étudiant dans un fauteuil, ni un ami handicapé. Il était juste Nayati. Le brun au regard envoutant qui venait la regarder danser, à qui elle souriait lorsqu’elle le croisait sans oser aller le voir, intimidée par ses yeux magnifiques et son charisme. Elle s’était demandée ce qu’il pouvait bien lui trouver pour venir la voir danser si souvent. Puis un jour, Moira s’est lancée et ceux qui sont désormais amis ont pu faire connaissance. Lorsqu'elle apprit que Nayati était ici pour la voir, elle ne parvint pas à s’empêcher de sourire. Elle passa une main dans sa chevelure rousse comme pour faire quelque chose qui effacerait cet air bête qui trônait sur son visage. Il venait la voir sans qu’elle ne lui demande, juste comme ça. C’était adorable, touchant qu’il prenne la peine de venir voir celle qui n’avait pas grand-chose à offrir, pas grand-chose d’intéressant à raconter. Une danseuse dépressive, une incapable… Il y a mieux comme personne pour retrouver le sourire et passer du bon temps. Alors oui, l’entendre dire ça l’avait touchée.

Le sourire de la rousse s’effaça rapidement quand Naya lui posa cette question. Une question simple, qu’on pose tous pour débuter une conversation. Pas de quoi s’enflammer, s’attrister… Mais comme rien n’allait pour Moira, cette question faisait tout remonter d’un coup. Sa tristesse, sa colère, sa frustration. Elle ne savait jamais trop quoi répondre. La plupart du temps elle mentait en prétendant que tout allait bien et passait tout de suite à autre chose parce qu’elle détestait parler d’elle et comme elle n’était qu’une femme à problèmes, Moira craignait de ne faire fuir le peu de gens qui passaient du temps avec elle. Même si Moira voudrait parler de ce qui lui pèse, elle ne saurait pas par où commencer. Son journal acheté à cet effet n’avait pas le moindre mot sur ses pages blanches. Rien. La danseuse n’osait même pas coucher sur papier ce qu’elle ressentait pour ne pas abîmer ce magnifique journal offert par Nora, à la couverture pleine de dorures et de couleurs chaudes. Trop parfait pour que la vie de Moira y soit écrite. Si elle n’osait pas écrire dans un journal, comment pourrait-elle oser accabler quelqu’un avec ses histoires et sa tristesse. Il fallut donc quelques secondes à Moira avant de pouvoir répondre. Juste le temps pour elle de détourner le regard pour refouler les larmes qui montaient et pour se donner l’ordre de ne pas craquer. Elle risquerait de tout gâcher, de passer pour une folle. Elle l’était en un sens, avec ses troubles bipolaires, sa dépression et ses troubles de la personnalité qu’elle tentait de combattre depuis toute jeune… Quel formidable cadeau sa mère lui avait fait. Dieu merci, elle n’était pas une nymphomane ni une alcoolique comme elle. C’était déjà ça. Moira posa son regard sur Naya  et répondit après avoir dégluti, tentant de se débarrasser de ce qui lui nouait la gorge « Je… Ca ne va jamais vraiment en fait. Mais aujourd’hui c’est encore pire. J’ai raté une opportunité en or… J’ai vraiment été stupide de croire que j’avais une chance de réussir quelque chose. ». La musique de la salle voisine, sa salle de danse retentit et la rouquine se crispa dans la seconde. Elle ferma les yeux un instant… Elle connaissait très bien cette foutue musique. C’était celle sur laquelle elle avait pris son premier cours de danse ici. Elle tourna la tête pour cacher son visage à l’aide de ses cheveux afin de laisser les larmes couler « Est-ce qu’on peut aller ailleurs, s’il te plait Naya… », demanda la jeune femme d’un ton presque suppliant. Elle allait craquer pour de bon et pas juste fondre en larmes. Elle se détestait. Elle avait envie de fracasser son poing contre ce mur, là, juste en face. Entendre cette musique lui retournait l’estomac. Si elle avait su en prenant son premier cours ici qu’on allait briser son rêve en une seconde après quatre années de travail acharné, jamais elle ne se serait donnée autant de mal. Jamais elle n’aurait envisagé de continuer. Moira ne cessa de frotter ses yeux en pensant que ce geste allait faire cesser le flot de larmes qui brouillait sa vue « Je suis désolée de faire une scène mais j'ai travaillé tellement dur... pour rien... ». Elle ne parvenait pas à expliquer clairement ce qui n'allait pas, comme si elle faisait un blocage. Mais en attendant, Nayati était bien assez intelligent pour faire le rapprochement entre ses propos et son attitude. Il avait sans doute déjà compris qu'il s'agissait de la danse... Après tout, elle n'avait que ça dans sa vie minable.
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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Dim 26 Fév - 0:39

Lorsque ton corps mutilé retrouve le confort tout à fait relatif du fauteuil roulant, c'est un soulagement. Tu le détestes toujours autant, là n'est pas la question, mais te voilà à nouveau en terrain connu. Tu préfères rouler que ramper, du moins en public. Tu te sens instantanément bien moins vulnérable. Cependant, l'envie de disparaître se fait toujours sentir. Fuir, tout lâcher, tu n'as plus que ça en tête. Avec Moira à tes côtés, tu ne sais plus où te mettre. Tu aimerais biper ton chauffeur, tout de suite, et rentrer chez toi. Mais tu refuses de la planter là, tu n'oublies pas qu'elle était elle-même en mauvais état lorsque tu es arrivé. C'est d'ailleurs pour cela que tu as chuté, trop préoccupé. La situation te met extrêmement mal à l'aise, tu te demandes ce qu'elle pense de toi, ce qui lui passe présentement par la tête. A-t-elle pitié de toi ? Ressent-elle de la peine et de la gêne face à ta situation ? Au début, tu avais peur de son regard autant que de celui des autres, puis tu as appris à la connaître, tu as su qu'elle ne te jugeait pas, et ce regard bleu-vert est devenu le plus important de tous: celui que tu ne veux absolument pas voir changer lorsqu'il se pose sur toi. Se baisse sur toi, pauvre éclopé. Tu ne veux pas qu'elle te voit différemment d'un autre, plus fragile, ou plus susceptible. Moins capable, ce que tu ressens toi-même beaucoup trop. Tu as appris à faire abstraction du regard de la masse grouillante des couloirs et des rues, mais certains te restent insupportables. Après ce qui vient de se produire, tu as peur de croiser le regard de Moira, et d'y lire ce que tu lis chez d'autres à longueur de journée. Elle est la dernière personne, ou l'une des seules, à encore chercher à te comprendre -sans doute, lorsqu'on a le choix, est-il plus simple de t'ignorer. C'est probablement dû au fait que, en un sens, elle te comprend. Vous n'avez techniquement rien en commun, mais possédez l'un comme l'autre des particularités qui font fuir les gens, vous laissent rejeté, ou vous donnent envie de vous auto-exclure. Pour toi, c'est physique, du moins principalement. Chez elle, c'est psychologique. Vous vous comprenez, mais cela reste muet, comme tait par une sorte d'accord tacite consistant à ne pas appuyer sur les faiblesses de l'autre. Vous en êtes suffisamment conscients comme ça. On vous le rappelle, aussi, presque constamment, par des commentaires étouffés parvenant tout de même à vos oreilles, des regards fuyants, voire carrément des affronts clairs lorsqu'on en a le courage et/ou la bêtise. Des bêtes des foires, voilà ce que vous êtes, et ce parce que la vie vous à malmenés.

La main de Moira dans la tienne, tu la regardes finalement, décidé à affronter le malaise qui s'annonce. Tu en profites pour la remercier, sachant pertinemment que tu serais toujours par terre à l'heure qu'il est sans son intervention. Si, comme tu t'y attendais, elle n'est pas des plus détendues, il semblerait que ce soit par nervosité qu'autre chose. Sa main tremble dans la tienne un bref instant mais, étrangement, la jeune femme se calme à ton contact. « Non, Moira. Tu l'as bien vu, ils auraient tous pu m'aider, je suis persuadé que j'en connaissais au moins un parmi la foule de ce couloir, mais aucun n'a bougé. Personne à part toi. Alors merci, de ne pas avoir peur, de ne pas me considérer différemment d'un autre à cause de... ça », fais-tu, tapant sur l'accoudoir de ton fauteuil avec ta paume. Un peu trop fort. Tu ne sais d'où elle tire cette bonté, là où personne ne prend la peine de se soucier véritablement d'elle. Tu l'as remarqué, au fil de vos conversations, qu'elle était aussi seule que toi. Sans doute même plus. Pour ta part, tu as le sentiment de mériter, en tout cas en partie, ce que tu considères comme étant un châtiment. Une punition pour des années d’égoïsme. Concernant ton amie, tu ne parviens pas à comprendre ce qui l'a menée là. Traînée si bas. Elle ne le mérite pas, tu as vu qui elle est, elle est beaucoup trop bien, douce et attentionné. Dès que tu l'as vue, à distance, danser, tu n'as pu t'empêcher de remarquer une souffrance dissimulée, dans sa rage de réussir peut-être. Une détermination semblable à la tienne, même si vos motifs comme vos matières divergent. Tu es revenu à plusieurs reprises, comme pour confirmer cette première impression, et c'est devenu tout à fait évident. Elle a besoin de la danse, elle s'y réfugie, elle s'y exprime. C'est ce que tu fais, encore maladroitement, derrière ta caméra. Parce que tu ne veux pas sombrer, tu veux être plus fort que ça. Il t'arrive de te réveiller après avoir rêvé que tu marchais à nouveau, et de pleurer en réalisant que tu ne sens toujours rien. Rien du tout. Tes jambes semblent tout à fait en état, elles ne sont plus les deux affreuses plaies en cours de cicatrisation auxquelles tu as dû faire face tous les matins des mois durant, mais à l'intérieur plus rien ne fonctionne. Comme si tu n'avais plus la force suffisante que pour alimenter une seule moitié de ton corps. Alors tu t'y accroches, c'est tout ce qu'il te reste.

Dans une tentative de dériver la situation de ton cas, tout en te souciant réellement et profondément de l'état de Moira, tu lui apprends la raison de ta présence, et ne tardes pas à en venir à comment elle se porte. Tu connais déjà la réponse, seulement tu aimerais pouvoir y faire quelque chose. Puisque tu ne peux t'aider toi-même, autant t'en prendre aux problèmes des autres. Son expression se modifie instantanément: elle cesse de sourire, ses lèvres se tordant en un rictus triste, et son regard se voile, évitant le tien à son tour. Tu t'en veux, un peu, mais ce qu'elle ressent doit sortir, et tu es prêt à l'écouter. Tu sais ce qu'on dit, tu n'es pas sourd. Par opposition à ton envie d'ignorer les commentaires désobligeants qu'il ne t'arrive que trop souvent d'entendre, il semblerait que tu aies plutôt développé une capacité accrue à entendre tout ce qui se veut blessant et déplacé (et généralement faux). Tu sais donc ce qui se raconte au sujet de la rouquine, prétendument folle alors que tu ne vois là qu'une personne demandant à être considérée, à juste titre, comme n'importe qui d'autre. A être aimée et rassurée, ce que tu t'es mis à faire sans même t'en rendre compte, simplement car elle est aimable, et parce que tu as ressenti le besoin d'être présent pour elle. Tu avais, un peu égoïstement sans doute, ce petit espoir qu'en retour elle se montrerait tout aussi encline à te rassurer. Vous vous êtes finalement bien trouvés, tout s'est fait naturellement. Les deux monstres, aux yeux des crétins de cette université. Ta main serre légèrement celle de ton amie, tentative de la réconforter puisque tu n'as aucun moyen de la prendre spontanément dans tes bras. Tu ne dis plus rien, attendant patiemment qu'elle se soit suffisamment reprise que pour s'exprimer. Tu sais à quel point il est difficile de s'exprimer sous le coup de tant d'émotions, tu viens d'en faire les frais, et même si tu ne sais pas exactement ce qui la tracasse, tu respectes ce besoin de temps. Cette tentative de refouler ses larmes, puisque c'est clairement ce qu'elle est en train de faire. Tu aimerais lui dire qu'elle peut pleurer, que tu ne la jugeras pas, que tu la comprendras, mais demeures muet, tes doigts pressant le dos de sa main pour seule expression de ton soutien. Elle semble y parvenir, son regard se pose sur toi, et prenant son courage à deux mains elle commence à s'expliquer. Ton cœur se tord de manière étrange en l'entendant se dénigrer comme elle a le don de le faire. « Tu peux réussir des choses. Tout ce que tu veux. Ne t'arrêtes pas à un échec, quel qu'il soit. Vise plus haut, même si la chute fait mal. Ce que je sais, c'est que si je ne m'étais pas arrêté où j'étais, dans ma zone de confort, je ne serais pas dans ce fauteuil. Si j'avais visé plus haut, humblement, si j'avais voulu faire quelque chose de ma vie... Il faut toujours avancer, garder des objectifs en vue, même lorsque ça devient difficile et semble impossible. » Le pourri gâté que tu étais a tout perdu, de ses jambes à son argent. Tu n'as plus rien de ce dont tu avais l'habitude. Il t'a fallu redéfinir tes priorités, ainsi que tes objectifs et tes envies. Chez toi, tout cela vacille, tu ne trouves plus la force de te battre si vigoureusement, mais tu espères qu'elle pourra la trouver. Que tu pourras l'y aider. A nouveau, son visage se détourne et ses cheveux font barrière, te le cachant. Tu demeures muet, comme la première fois, jusqu'à ce qu'elle ne lance l'idée de s'éloigner. « Bien sûr. On va où tu veux, je te suis. » Tes paroles sont appuyées par le clic que produisent les freins du fauteuil lorsque tu les débloques, prêt à lui emboîter le pas -en quelques sortes. « Je comprends, Moira. Tu t'es battue pour ça, et tu n'étais pas partie sur de bonnes bases. Le destin nous joue des tours, à répétition, et je ne sais plus si c'est parce que nous avons la force de nous en sortir à chaque fois, ou si l'unique but est de nous noyer une bonne fois pour toutes. Je sais, cependant, que tu es capable de sortir la tête de l'eau encore une fois. Ne serais-ce que par fierté. Ou pour moi, car je veux te voir réussir. Je sais que tu en es capable. Tout le monde le sait, tout le monde à part toi. »
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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Mer 31 Mai - 14:59


Moira fut comme gênée lorsque Nayati la remercia. Elle avait secoué vivement la tête d’un air contrarié parce qu’il n’avait pas à la remercier. Comment aurait-elle pu le laisser sur le sol, comme un moins que rien ? Le laisser être observé plus longtemps comme une bête de foire ? La rousse avait l’air d’être la seule à s’en préoccuper mais malgré tout, elle estimait que c’était tout à fait normal. Mais Nayati continua sur sa lancée et ses paroles touchèrent Moira. Elle qui était déjà écorchée vive, brisée, déjà trop émotive malgré son talent pour le cacher en temps normal,, bien trop émotive… La Moira pudique et timide s’effaça face à toutes ces émotions qui se bousculaient en elle. Le genre d’émotions qui donnaient envie de hurler, de tout briser, de pleurer, de sauter dans le vide et de rire en même temps. Il fallait qu’elle se confie un minimum, qu’elle prenne quelques risques Alors la si secrète et silencieuse Moira avoua à son ami, sur un ton doux mais qui trahissait sa contrariété « Je serai toujours là. Les amis sont faits pour ça. Et la personne que tu es, l’âme dans ce corps, elle vaut bien plus que tout le reste à mes yeux. Elle me fait voir au-delà de ce que les autres peuvent voir. Je ne te considère pas comme mon ami handicapé, faible ou je ne sais quoi. Je ne pense et ne parle pas de toi en désignant ton foutu fauteuil, c’est loin de définir qui tu es. Pour moi, tu es juste Nayati. Et tu es tellement plus grand que ces gens, même sur cette chaise… que ceux qui n’ont pas la chance de te connaitre manquent vraiment quelque chose. ». La rousse s’était emballée sur la fin, emportée par son indignation. A bout de souffle, elle reprit sa respiration en jetant sa crinière rousse en arrière. Le handicap de Naya était la dernière chose à laquelle elle pensait. Il y avait tellement de belles choses chez lui, des choses plus importantes que ça… Lorsqu’elle pensait à lui, la première chose qui lui revenait, c’était son regard clair. Le genre de regard qui se pose sur vous et qui semble capable de sonder votre âme et qui vous laisse sans voix. A son sourire qu’elle avait parfois la chance d’apercevoir, sourire radieux qui illuminait ce visage si dur et fermé habituellement. Les sourcils froncés sous les contrariétés, sous le poids de la vie, des maux, des coups bas de la vie… Ce visage aux traits uniques, à son charisme, à cette voix grave qui la faisait frissonner à chaque fois qu’elle l’entendait. Elle se mit à rougir dans la seconde qui suivit. Parce qu’elle n’était pas à l’aise avec tout ça, Moira. Elle ne parlait jamais de ce qu’elle ressentait, ne donnait que très rarement son avis… Elle ne se dévoilait jamais pour ne pas être vulnérable. La rousse connaissait trop bien les moqueries, le rejet, les regards fuyants lorsqu’ils croisaient le sien. Puis il y avait cette peur de l’abandon, peur qui se réalisait trop souvent avec Kyô… Mais il faut croire qu’elle prenait sur elle et parvenait à s’ouvrir, s’affirmer un peu plus avec Nayati. Le brun était d’une patience incroyable car Moira se crispa en une fraction de secondes lorsque la musique de la salle de danse parvint jusqu’à ses oreilles. Là, elle du essayer de se contenir pour ne pas fondre en larmes devant Naya. Que de drames. Elle se détestait, elle détestait cette hypersensibilité, cette incapacité à contrôler ses émotions parfois… Faire subir ça à Nayati la dérangeait profondément car elle ne voulait surtout pas qu’il ne voit que ce côté-là de sa personnalité, que le négatif. Personne ne veut rester et s’accrocher à des gens toxiques, bourrés de mauvaises ondes. C’est ce que la rousse estimait qu’elle était ; une personne qui ne pouvait rien apporter de bon. Grâce à la patience et la gentillesse de son ami, la danseuse se calma juste assez pour pouvoir lui parler de ce qui la tracassait. Il trouva immédiatement quoi répondre pendant que la rousse séchait ses larmes. Nayati cherchait à la réconforter, à la pousser à s’accrocher avant de parler de son cas. Moira se montra de suite plus attentive lorsqu’il se mit à sous-entendre que s’il était dans ce fauteuil, tout était de sa faute. Parce qu’il n’avait pas fait ce qu’il fallait, qu’il s’était contenté de ce qu’il avait… La danseuse fronça les sourcils en entendant cela « Personne ne mérite de souffrir comme tu as souffert. Peu importe ce que tu as fait ou non, c’est loin d’être de ta faute. Et si tu avais agis différemment peut-être que ça n’aurait rien changé. J’ai l’impression que quoi qu’on fasse, ça n’a parfois aucun impact, aucune importance. On a beau tout faire, les choses arrivent… C’est cruel et injuste mais c’est comme ça, on n’y peut rien. ». Ce qu’elle venait de dire pouvait paraitre bête mais c’était la vérité. La preuve quand elle avait tenté de se laisser mourir, elle avait prit toutes les précautions et s’était retrouvée très mal en point. Résultat ? Elle était encore là et on ne peut pas dire que c’était parce qu’elle s’était accrochée à la vie malgré tout. Certainement pas. Elle avait tout perdu à cette période et rien ne semblait présager que les choses risquaient de s’améliorer. On aurait pu penser qu’elle avait été sauvée pour une raison, pour lui laisser une chance de voir que la vie valait la peine d’être vécue… Quelle gigantesque farce. Sa vie était toujours aussi minable et elle toujours aussi pitoyable.

Moira n’aimait pas entendre son ami regretter ses choix et parler comme s’il méritait quelque part cette punition. C’était la faute à la vie et ses foutus coups bas, point. « Je n’en suis pas certaine. La danse c’est tout ce que j’ai… J’aime danser dans cette salle pour le plaisir mais je voulais en sortir. Danser sur scène, apporter quelque chose aux gens. M’exprimer sans avoir à parler et trouver des gens qui me comprennent enfin. Qu’on reconnaisse que ce qui fait que je suis moquée et harcelée ici est en fin de compte ce qui me rend unique. Ce qui rend ma danse belle et puissante… Si c’est pour tourner en rond et me faire descendre jusqu’à en être dégoutée de danser comme j’ai été dégoûtée de tout le reste, je préfère arrêter maintenant. Ca fait trop mal. ». Elle jeta un oeil à son sac entre-ouvert afin de le fermer brusquement à la vue de ses chaussons. Il fallait à tout prix qu'elle prenne l'air, qu'elle quitte ce foutu couloir, qu'elle n'entende plus cette chanson... Elle suffoquait ici. Alors ils prirent le chemin de la sortie, et mon dieu, que ce couloir semblait long. Plus ils avançaient, il semblait s'allonger. Peut-être était-ce parce que Moira se sentait mal... Elle écoutait son ami, si rassurant, si gentil... Il gaspillait tellement d'énergie en essayant de lui remonter le moral. « Un stage au royal ballet de Londres, Naya. Même dans mes rêves je n’espérais pas une telle opportunité. Chaque danseuse est différente. Certaines sont faibles, d’autres fortes. Et si dans ma vie j’ai tendance à passer pour une faible, la seule chose dans laquelle j’arrive à me sentir invincible, c’est la danse. Je reviens avec un échec de plus et on me dit que c’est ma faute, que je n’ai pas été raisonnable en ne voulant pas laisser une entorse ridicule gâcher mes chances de réussir.. C’est vraiment moi le problème. Ca a toujours été et ce sera toujours moi. Quand je veux bien faire, ça se retourne quand même contre moi. Je ne suis à ma place nulle part et il n’y a de place pour moi nulle part dans ce monde. ». La lumière du soleil frappa la jeune femme en plein visage qui se mit à sourire, surtout suite aux dernières paroles de Nayati. Elle était tellement touchée, se demandant ce qu'elle avait bien pu faire pour mériter d'avoir à nouveau quelqu'un de si bienveillant dans sa vie. Elle tourna la tête pour sourire au brun, plongeant timidement son regard dans le sien en posant sa main sur son épaule pour la lui serrer doucement, comme pour le remercier. Il fallait qu'elle repense à tout ce que Naya avait pu lui dire, mais à tête reposée. Moira se mit une petite tape sur le front avant de reprendre la parole en allant s'asseoir sur un banc « Regarde moi. Entrain de me plaindre et de jeter l’éponge alors que j’ai la chance de pouvoir faire ce que j’aime sans contraintes… Je dois vraiment passer pour une ingrate quand t’écoutes mes plaintes ridicules. Je suis vraiment désolée, je fais tout de travers. Comment tu vas toi, enfin comment ça allait avant... tout ça ? ».
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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Sam 3 Juin - 17:40

Les garçons ne pleurent pas, on te l'a appris très tôt. Les garçons sont forts, ils ne montrent jamais leurs faiblesses. Tu as grandi dans un monde où c'était l'évidence même, dans lequel il n'y avait pas de place pour les faibles et les pleurnichards. Les enfants grandissent vite, dans ce genre de milieu, pourtant tu es longtemps resté ce gamin pourri gâté, un petit égoïste nombriliste. Il faut croire que ce n'était pas l'éducation idéale, que l'on ne t'a pas appris ce qu'il fallait pour te préparer à cette vie. Et puis l'accident, la chute d'Icare. Tu t'es brûlé les ailes, tu as perdu tes jambes, et si tu n'en es pas mort tu ne peux pas dire que tu en es sorti tout à fait vivant. Tout à fait entier. Quelque chose s'était brisé, tu en as pris conscience dès ton réveil à l’hôpital, une chose que tu t'es instantanément senti incapable de retrouver. Sans doute as-tu changé pour le mieux. Sans doute serais-tu à jamais demeuré le sale gosse que tu étais si tu n'avais pas eu cet accident. Oui, tu es une personne meilleure, plus consciente, mais aussi bien plus malheureuse. Un être plus sombre, il faut croire que la réalité du monde est trop difficile à supporter. Excepté aux côtés de certaines personnes, celles qui te tirent vers le haut - te portent presque, car il faut bien cela. Les rares capables de te faire oublier ta condition lorsque tu es en leur présence, ceux qui te distraient un peu de ce malheur dans lequel tu prends tant soin de t'enfermer. Tu n'es plus ce pauvre éclopé lorsque tu croises le regard de Moira. Les garçons sont forts, alors encore une fois tu ne pleures pas malgré les mots de la rouquine. Tu ne montres pas à quel point cela te touche, à quel point tu as besoin de ce genre de chose. Needy, tu détestes être ainsi, mais le regard des autres a pris tellement de place, et rien ne te laisse penser qu'ils ont tort. Que tu n'es pas une bête de foire, que tu as ta place ici et que tu ne mérites pas ce qui t'arrive. « C'est gentil, Moira. Je n'entends pas souvent ce genre de chose. Jamais, en fait. » Tes lèvres s'étirent légèrement à cette constatation: tu n'as absolument aucun ami dans le même genre que Moira. A vrai dire, personne ne lui arrive à la cheville. « Tu vaux mieux qu'eux, toi aussi. Les chuchotements qui hantent tes pas, la rumeur derrière ton dos, ce n'est rien. Rien qui mérite ton attention, ou ta tristesse. Tu es la seule qui ai levé levé le petit doigt pour moi, parce que tu es tellement meilleure que n'importe lequel d'entre eux. Tu n'as pas eu à réfléchir, à peser le pour et le contre, parce que tu savais que c'était bien, et que c'est ce que tu fais. Tu as enduré tellement de méchanceté, et tu es là, tu te bats toute seule contre ça. Tu t'es battue toute seule pour moi. Tu mérites tellement mieux que ça, et tu ne t'en rends même pas compte. Ce qui t'a paru naturel, relevait à mes yeux de l’héroïsme. » Personne n'a rien fait pour toi. Si Moira n'était pas arrivée, qui sait combien de temps tu serais resté par terre dans ce couloir ? Qui sait si quelqu'un aurait finalement décidé d'agir, de réagir conte le fameux individualisme qui définit la société. Ça aussi, tu ne l'as que récemment compris. Il a fallu que tu passes par la perte de tes membres inférieurs pour réaliser à quel point le monde était merdique. Tu n'étais jamais descendu de ton petit nuage, n'avais jamais regardé plus loin que le bout de ton nez. Tu vivais tellement bien, tellement mieux, que les autres t'indifféraient totalement. Tu aurais fait partie de la foule qui t'a laissé là, couvert de honte. Tu aurais été de ceux qui rient face à Moira, et tu ne supportes même pas cette pensée. Tu détestes celui que tu étais, ce que sont la plupart de tes semblables. Aujourd'hui, il est inenvisageable que tu regardes qui que ce soit de haut -et pas seulement car tu es plus bas que tout le monde depuis ton fauteuil. Il serait inconcevable, pour toi, de laisser Moira dans cet état. Armé de calme et de patience, tu parviens à lui faire avouer ce qui la tracasse, et les mots s'extirpent tout seuls de ta gorge, franchissant sans effort tes lèvres. Tu ne supportes pas l'idée qu'elle puisse tout abandonner, et se dénigrer totalement, après cet échec. Elle n'y peut rien, tu en es persuadé. Tu l'as vue danser, elle est tellement douée... Si tu étais juge, elle serait la meilleure danseuse, toujours. Il n'y a pas que sa technique, il y a cette passion déchirante, et un besoin tout à fait palpable, presque vital, de danser. Tu n'as jamais vu pareille dévotion. « Mais on peut se battre contre ça. On peut toujours se relever. Il faut que tu te remotives, tu ne peux pas gâcher ce talent que tu as. Fais une pause, et reviens en force. Tu en as les capacités, et je sais que tu en as aussi la volonté. Tu veux réussir, comme nous tous. » Si tu pouvais faire quoi que ce soit afin de l'y aider, tu n'hésiterais pas une seconde. Si tu savais au moins comment lui rendre confiance en elle, tu te sentirais déjà beaucoup moins inutile. Au lieu de cela, tu ne fais que répéter ta confiance en elle, comme si cela pouvait aider en quoi que ce soit. Mais c'est tout ce que tu as. Tu ne peux rien lui offrir de plus.

« Si je le pouvais, je te montrerais à quel point tu as tort de penser ainsi. Depuis la première fois que je t'ai vue danser, je sais à quel point tu es talentueuse. Je n'avais jamais vu autant de volonté, et je ne pense pas revoir ça de si tôt. J'en ai vu beaucoup, des danseuses, crois-moi, mais aucune n'est comme toi. Tu en veux tellement que tu négliges totalement ton propre bien être, tu ne penses qu'à cela, tu vis pour ça. Tu dis que la danse, c'est tout ce que tu as, alors n'abandonne pas. N'abandonne jamais. Je t'assure qu'on perdrait tous tellement si tu baissais les bras, que je suis prêt à n'importe quoi pour t'empêcher de penser ainsi. » Tu esquisses un petit sourire, tes yeux cherchant les siens. Tu as bien conscience de sa douleur, et tu sais à quel point le manque de reconnaissance peut faire mal. Tu sais qu'elle aura besoin de temps, et puis de tes encouragements incessants si tu ne peux en faire plus. Tu n'as rien à offrir, mais tu donnerais tout pour lui remonter le moral. Tu sais que tu gaspilles ta salive, mais pour toi c'est trop important que pour ne pas essayer. Ne pas répéter et insister. Tu avances à ses côtés dans ce couloir interminable menant à l'extérieur, et tu l'écoutes toujours avec la plus grande attention. Tu peux presque ressentir la peine qui est la sienne, à moins qu'il ne s'agisse que d'une intervention de la tienne. « Arrête ça, tu te trompes... Quand tu danses... Tu sais, j'ai pris l'habitude de regarder les gens bouger. Marcher, courir, tout ce dont je suis incapable. Et quand tu danses, c'est mieux que tout le reste. C'est tellement vivant, et si je te regarde toujours c'est parce que tu me donnes le sentiment de voler. Te regarder danser, ça me rend invincible, moi aussi. Pendant quelques minutes, je ne suis plus handicapé. Tu n'es pas un problème, tu es comme un remède, et il faut être inhumain pour ne pas voir ça. Pour ne pas être touché par toi. C'est sans doute égoïste, mais je ne veux pas perdre ça. » Tu ne lui avais jamais parlé de ça. Rectification: tu n'en avais tout simplement jamais parlé, on t'aurait pris pour un fou. Ce que tu es probablement. Vous atteignez finalement l'extérieur, ton regard se pose sur une Moira illuminée, avec ce halo lui donnant encore plus l'air d'un ange, et ton cœur manque définitivement un ou deux battements. Sa chevelure étincelle, tout comme ses yeux clairs qui trouvent à nouveau les tiens. Enfin, elle sourit, et tu ne peux t'empêcher de faire de même tandis qu'elle prend place sur un banc et que tu t'installes face à elle. Tu secoues doucement la tête lorsqu'elle se fait une autre sorte de reproches. « Non, non tu as tes problèmes, et peut-être que les miens te semblent plus importants mais c'est faux. Aucune souffrance n'est pire qu'une autre, quelles qu'elles soient elles semblent toujours aussi insurmontables les unes que les autres. Et puis, on ne peut rien faire contre la mienne. » Plus vraiment du fatalisme, mais du réalisme. Tu as perdu l'usage de tes jambes, il n'y a rien que l'on puisse y faire, tu n'es pas un rêveur, et tu ne crois pas aux miracles. Surtout pas sans argent, et tu n'en auras bientôt plus. « Je vais bien, je travaille sur un nouveau court-métrage. J'ai plein d'idées. » Tu souris à nouveau, décidé à ne pas re-plomber l'ambiance.
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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Lun 5 Juin - 20:24


Tout ce que Moira venait de dire à Naya était sincère. Si elle avait pour habitude de rester silencieuse, lorsqu’elle prenait son courage à deux mains pour dire ce qu’elle ressentait ou pour donner son avis, elle ne disait que la stricte vérité. Enfin, peut-être qu’il lui arrivait de mentir lorsqu’elle répondait qu’elle allait bien alors que pas du tout, mais ça, tout le monde le faisait. Eviter les questions, éviter que l’attention ne se porte trop sur soi, la peur d’ennuyer quelqu’un avec ses problèmes, d’être jugé ou encore de plomber l’ambiance. C’était un mensonge innocent, sans conséquences... Nayati méritait d’être bien entouré, d’être aimé et soutenu. Sans arrières pensées, sans pitié, sans rien. Juste parce qu’il est quelqu’un de merveilleux, un ange. Le genre de personne qu’on ne croise qu’une seule fois dans sa vie. Moira s’estimait extrêmement chanceuse de l’avoir comme ami et c’est pour cela qu’elle ajouta d’un air contrarié « Je pourrais inlassablement te répéter nuit et jour à quel point tu es formidable, pour rattraper le nombre de fois où on aurait dû te le dire. ». La rousse offrit un sourire à Nayati qui estimait qu’elle ne méritait pas la façon dont les autres étudiants aimaient la traiter. Il comprenait la situation dans laquelle elle se trouvait car lui aussi la vivait, cette méchanceté gratuite. Ce besoin viscéral d’humilier l’autre pour exister, se sentir mieux dans sa peau, exister auprès de sa petite bande d’amis. Des gens comme ça, Moira en avait croisé toute sa vie et était désormais habituée. Elle passa une main dans ses cheveux en souriant timidement « C’est vraiment gentil Naya… Merci… Et tu sais que tu pourras toujours compter sur moi. » . Il entreprit ensuite la difficile tâche de réconforter et de raisonner Moira. La Lannister hocha la tête, réfléchissant en même temps qu’elle écoutait son ami lui déconseiller de baisser les bras. « Une pause…  », répéta doucement la jeune femme, comme convaincue. Peut-être était-ce une meilleure idée de s’accorder un break, le temps de vraiment réfléchir et de soigner ses blessures ? Son corps souffrait autant que son esprit, et panser toutes ces blessures confondues était une idée à creuser. Peut-être que revoir ses espérances à la baisse serait également raisonnable durant cette pause… Il lui fallait accepter le fait que certaines danseuses sont excellentes mais uniquement dans une salle de danse, jamais sur scène. Qu’il y a meilleur qu’elle, que les meilleurs ne sont pas toujours récompensés et ce dans plus d’un domaine. Il y a tellement de ballerines talentueuses, magnifiques, envoutantes… les places sont chères dans les compagnies, dans les stages qui ouvrent les portes de grandes écoles, et ce n’est pas pour rien. Peut-être qu’il est trop tard pour réaliser son rêve. Cette pause serait l’occasion pour Moira de songer à changer d’études, à se réorienter pour faire quelque chose qui la passionnerait un peu plus, pas autant que la danse classique puisque c’était sa raison de vivre, mais quelque chose qui la rendrait heureuse en entrant dans un amphi, comme elle l’était en entrant dans une salle de danse. Toutes ces choses avaient été négligées par Moira car la danse avait toujours été son unique priorité, et ses études le seul moyen pour elle de pouvoir suivre un enseignement digne de ce nom. Etudier pour pouvoir danser. Il fallait désormais qu’elle pense différemment… Elle avait tellement de choses à revoir, à repenser, tellement de choses sur lesquelles elle devait faire le point et son acharnement, ses répétitions pour l’audition, le départ de Kyô et toutes les autres mauvaises nouvelles l’avaient éloignée de ces choses essentielles. Une pause. Il lui fallait désormais sérieusement y songer.

Le brun continuait d’essayer de rassurer son amie et sans s’en douter vu l’expression dominant le visage triste de Moira, il la toucha en plein cœur avec ses mots. Il était devenu difficile pour elle de retenir les larmes qui menaçaient de rouler à nouveau sur ses joues pâles. Jamais on ne lui avait dit des choses pareilles. Certes son professeur lui avait déjà dit qu’elle était douée, on avait déjà complimenté sa danse sans vraiment y porter trop attention. Les gens regardaient danser les étudiantes derrière la vitre sans vraiment comprendre. En fait, ils voyaient les danseuses sans jamais réellement les regarder. Sans rien ressentir. Ils ne voyaient que des filles bouger, ils ne constataient que le sérieux et la douleur sur certains visages, mais rien d’autre. Oh, pas que ce soit anormal, tout le monde ne peut pas être sensible à la danse. La danse, pour certains, ce n’est qu’un défouloir, des pas à apprendre par cœur, quelque chose de trop strict… juste des gens qui bougent. Certains comprennent mieux la musique, sont plus sensibles aux toiles de certains peintres ou à la manière de voir le monde des photographes… Alors en entendant Nayati parler de la sorte, elle ne pouvait qu’être émue. « Je t'assure qu'on perdrait tous tellement si tu baissais les bras, que je suis prêt à n'importe quoi pour t'empêcher de penser ainsi. », Moira osa enfin tourner la tête vers son ami et croisa son regard. Elle répondit par un sourire, incapable de parler tant la boule présente dans sa gorge lui faisait mal. La rouquine ne parvenait pas à sortir le moindre mot, pas même le moindre son. Alors elle lui souriait en lui offrant un regard –humide et plein de gratitude. Si elle avait su que ce n’était que le début des paroles émouvantes… Qu’avait-elle bien pu faire pour mériter quelqu’un comme Naya ? Sincèrement. La jeune femme ne quitta pas son ami du regard jusqu’à ce qu’il lui parle de ce qu’il éprouvait en la voyant danser. Encore quelque chose qu’elle n’avait jamais entendu auparavant, encore moins venant d’une personne qui ne dansait pas et n’était pas spécialement passionné par cela. Ce qui était le plus beau, c’était qu’il y avait bel et bien quelqu’un qui comprenait et aimait ce qu’elle faisait. Qui ressentait quelque chose de fort en la voyant danser. Mieux encore, cette personne n’était autre que Nayati. Naya… Une personne qui comptait énormément à ses yeux, quelqu’un de très important pour elle. « Te regarder danser, ça me rend invincible, moi aussi. Pendant quelques minutes, je ne suis plus handicapé. Tu n'es pas un problème, tu es comme un remède… ». Moira baissa la tête, un sourire triste sur les lèvres en demandant timidement –et surtout bêtement, prise au dépourvu par cet aveu « C’est vrai tout ça ? ». Ce n’est qu’une fois dehors qu’elle leva la tête en prenant une profonde inspiration, soulagée de se faire étreindre par les rayons du soleil après tout ce que Nayati venait de lui dire. C’était tellement agréable, tout ça. Les bonnes ondes affluaient autour de Moira et ce n’était pas quelque chose qui la laissait indifférente. La rousse essuya ses larmes en riant un peu « Je te rassure, ce sont des larmes de joie cette fois-ci. ». Elle devait avoir l’air bête, Moira. Elle riait en pleurant.

Nayati avait fini par la convaincre. Elle n’allait pas arrêter pour de bon. Elle allait faire cette pause, s’accorder du temps pour elle, pour se remettre de tout ça. Peut-être que son dégoût pour son art allait s’estomper, qui sait, peut-être qu’on la surprendrait à la maison entrain de danser un peu histoire de se dégourdir… mais de manière plus saine. Si ce qu’elle faisait avait un sens pour elle et pour Nayati, cela avait forcément un sens pour d’autres gens qui s’arrêtaient pour regarder les danseuses. Peut-être que d’autres gens pouvaient s’évader eux aussi, oublier leurs soucis l’espace d’un instant, comme Naya le faisait. Si c’était le cas, c’était exactement ce que Moira voulait provoquer chez les gens. Transmettre ses émotions, partager quelque chose avec les spectateurs sans même que les autres ne puissent comprendre quoi que ce soit. Un pas, un regard, un geste… Quelque chose qui paraitrait anodin ou mécanique pour les autres mais qui aurait une toute autre signification tellement forte pour une personne. Si Nayati la comprenait, d’autres devaient aussi le faire en silence, qui sait. Sans son ami, jamais la rousse n’aurait pu raisonner ainsi. Il avait su comment la faire réfléchir, repenser ses plans, ravaler son pessimisme et tirer un trait sur sa peine.  Naya la rassura une énième fois alors qu’ils venaient de s’installer au soleil. C’est après cela qu’elle souffla un coup pour se calmer et pour se donner du courage. Elle prit la main du brun et la serra doucement, la caressant avec son pouce. « Naya… je… enfin… merci de m’avoir dit tout ça. J’étais loin de m’imaginer que tu pouvais ressentir ça, que je pouvais t’aider un peu moi aussi… Ca me fait tellement de bien d’entendre ce genre de choses… d’être enfin comprise et de savoir que tu aimes ce que je fais… Ca me fait quelque chose de savoir que finalement, peut-être que ce que je fais a un sens et que je n’ai sans doute même pas besoin d’attendre d’être connue et devant une centaine de personnes assises dans l’ombre d’un théâtre pour qu’on comprenne ma danse ou qu’on éprouve quelque chose en la regardant. La preuve avec toi… », elle posa sa main libre sur sa poitrine en soufflant doucement pour parvenir à poursuivre. Elle pleurait à nouveau mais souriait au brun en face d’elle. Elle ne parvenait pas à se contenir. Sa timidité, sa pudeur, sa honte… elle n’y pensait pas à cet instant. Elle se laissait aller, parce que grâce à Naya, elle se sentait tellement bien. « Je n’oublierai jamais ce que tu m’as dit aujourd’hui, je t’en suis extrêmement reconnaissante. Tu ne sais pas à quel point je suis touchée… Merci, Naya. Merci… », fit la ballerine avant de maladroitement se rapprocher pour le serrer dans ses bras. A ce moment précis, Moira avait l’impression d’être heureuse. Elle n’avait pas su quoi dire d’autre à son ami parce que ce qu’elle ressentait était tellement intense (et positif) qu’elle ne savait pas tellement mettre de mots là-dessus. C’était devenu très rare chez Moira de ressentir quelque chose comme ça, alors elle ne savait pas trop comment gérer. Une fois à peu près calmée, elle le serra une dernière fois et se recula, commençant à sentir ses joues rougir. Quel était la durée idéale d’une étreinte pour que ça ne mette pas mal à l’aise la personne ? Moira l’ignorait, et c’était sans doute pour ça qu’elle rougissait. Elle espérait de tout son cœur que Naya n’avait pas été affreusement mal à l’aise à cause de son geste. La jeune femme laissa enfin parler son ami qui n’avait cessé de la réconforter pendant bien trop longtemps. Désormais, elle souhaitait savoir s’il allait bien et justement, s’il avait des idées de courts métrages. Moira jeta sa crinière en arrière en souriant, ravie d’entendre que justement, Naya avait plein d’idées « C’est vrai ? Oh, dis, tu veux bien m’en dire un tout petit peu plus ? S’il te plaiiiit. », dit-elle en joignant les mains comme pour le supplier. Elle savait que ses idées ne pouvaient qu’être géniales. Naya avait du talent, c’était indéniable. Moira avait pu voir son travail il y a quelques mois de cela et elle avait été bluffée. Une plume écorchée vive, sublime, la beauté de sa réalisation, son style unique qui sortait du lot… C’était que les autres pompaient tellement sur des réalisateurs connus et lisses qu’on en venait forcément à entendre des « on dirait du … en moins bien. » ou encore « il a pompé sur machin non ? ». Le travail de Naya demeurait émouvant, beau. Moira se doutait que ses études de philo devaient l’aider à donner de la profondeur à son travail. Il était si talentueux, appliqué, passionné…  Moira l’admirait. Alors la rousse avait hâte d’en savoir plus, en espérant pouvoir suivre le processus de création de son talentueux ami.
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Re: (moira) the best part of believe is the lie - Dim 11 Juin - 1:21

Moira ne ment pas, tu le sais pertinemment. Elle fait preuve de son habituelle sincérité, et de cette bonté dont tu ne cesseras sans doute jamais de t'étonner. Pourtant, tu ne parviens pas à la croire, et tu as le sentiment que c'est toi, le menteur. Elle te voit comme tu n'es pas, te croit sans doute à sa hauteur alors que tu ne lui arrives pas à la cheville. Tu ne vaux pas mieux qu'un autre, et ta vision actuelle du monde ne rattrapera à tes yeux jamais les années que tu as passées à te moquer de tout ce qui ne tournait pas autour de ta petite personne. Tu seras toujours ce petit prince prétentieux, et tu as le sentiment de te mentir à toi-même en agissant comme quelqu'un de respectable. Cependant, tu payes déjà chaque jour le prix de tes erreurs passées, et l'autoflagellation n'est pas grand chose face au reste de tes problèmes. « Je n'ai jamais mérité qu'on me le dise. J'étais égoïste et indifférent, je n'ai jamais été formidable. » Plutôt fort minable, comme dirait Stromae. Elle y croit, pourtant, Moira, et tu t'en voudrais de la décevoir. Elle mérite un ami tel que celui qu'elle voit en toi, si te mentir à toi-même est le prix à payer afin de le lui offrir tu ne penses pas qu'il soit trop élevé. A travers son regard, tu es quelqu'un d'autre, que tu le veuilles ou non. Tu n'es ni handicapé, ni une mauvaise personne, et tu pourrais tout à fait t'habituer à ce sentiment. Jamais tu n'as été à ce point heureux de connaître quelqu'un. Jamais tu ne t'es senti aussi bien qu'en sa compagnie. « C'est surtout vraiment sincère, et tu pourras toujours compter sur moi aussi. » Tu esquisses un sourire, peinant à te souvenir quand tu as pour la dernière fois vécu une amitié aussi sincère, si ce n'est avec ton chauffeur mais tu le payes - ou ton père le fait. A nouveau, tes lèvres s'étirent lorsque la jeune femme semble considérer l'idée de faire une pause. Elle en a besoin, cela lui permettra de remettre les choses en perspective, ainsi que de se rétablir aussi bien physiquement que mentalement, et un peu de temps loin du stress de ses études ne peut lui faire de mal. Une pause telle que celle que tu as toi-même faite après ton accident ne sera pas nécessaire, se couper du monde et se laisser dépérir ne l'aidera en rien, mais une forme plus saine de pause ne peut lui être que bénéfique. Tu tiens à ce qu'elle aille mieux, à ce qu'elle fasse ce qu'elle aime et ce pour quoi elle a tant de talent. Elle mérite de réussir, et d'avoir finalement ce qu'elle veut. Ce qui lui revient, un tel talent ne peut être gâché, et il n'y a aucune chance que tu sois le seul à l'avoir immédiatement remarqué. Alors tu parles, parles et parles encore, ta seule arme contre son abattement. Tu fais de ton mieux pour lui montrer ce que tu vois, comme elle l'a fait pour toi. Tu vois quelqu'un d'extraordinaire, doux et fort, beau et talentueux. Tu vois ton miracle de feu, celle qui te fait oublier jusqu'à ta condition et ta tristesse. Tu donnerais n'importe quoi pour lui faire réaliser ce qu'elle représente, ce dont elle est capable, l'effet qu'elle a déjà sur toi. Tu te sens enfin utile en croisant son regard brillant de larmes, et son sourire touché. « Bien sûr, Moira, c'est vrai. Tu es une artiste, et grâce à toi j'oublie momentanément mon fauteuil, alors c'est à moi de te remercier maintenant. Pour ta danse, ton aide, et pour ce regard dénué de pitié ou de jugement que tu portes sur moi depuis que je te connais... Si je suis formidable, je ne sais vraiment pas ce que tu es. » Encore une chose que tu ne te croyais pas capable de dire, et vous y voilà pourtant. Ta langue se délie, parce qu'elle en a besoin et que c'est à peu près tout ce qui compte.

Assis face à Moira, tu ressens une pointe de fierté. Tu l'as rassurée, et tu l'as convaincue, tu le lis dans son regard. Tes longues tirades n'étaient pas inutiles, et tu le savais, car tout ce que tu as pu dire venait du fond de ton cœur et que si ta sincérité n'avait pas fonctionné rien ne l'aurait pu. Tu as encore tant de choses à lui dire, mais tu dois toi-même y réfléchir. Alors tu souris encore, trop heureux de la voir reprendre confiance. Trop heureux qu'elle puisse comprendre et voir ce dont elle est capable. « Je n'ai jamais su comment te le dire, si j'avais compris que cela pouvait à ce point compter pour toi je te l'aurais confié il y a bien longtemps. » L'important est que tu l'ais finalement fait, et que ça ait servi à quelque chose. Elle sourit à nouveau, entre ses larmes, avant se s'approcher et de te prendre dans ses bras. Comme elle peut, maladroitement, mais c'est le geste qui compte. Tu t'ajustes, mets un long moment à refermer tes bras sur elle, et cela te frappe: on ne t'a plus enlacé depuis très longtemps, parce qu'on ne sait pas comment. Comme si ton fauteuil était une barrière, un obstacle insurmontable. « De rien, je ne t'ai jamais dit que la vérité. » L'étreinte est longue, peut-être. Toujours trop courte, pourtant. Tu souris à la jeune femme, dont les joues se sont empourprées. Tu n'es pas mal à l'aise, ni même troublé, tu es ravi. Plus encore lorsque le sujet de ton prochain court-métrage semble intéresser ton interlocutrice au plus haut point. « Evidemment », fais-tu, un léger rire s'échappant de tes lèvres. « Ce n'est pas très joyeux, à vrai dire, mais ça me tient à cœur et j'y pense depuis un moment. Ça parlera de la pauvreté, je pensais à mon pays mais le fait est qu'elle est partout, et je veux l'exposer. Je veux qu'on la voit vraiment, et qu'on s'imagine la vivre, plutôt que de la regarder de loin avec un petit pincement au cœur qui passe aussitôt que l'on détourne le regard. Cependant, j'ai peur que ce soit un peu cliché. » Tu parles rarement de tes projets, de tes idées, probablement car tu n'as pas l'impression que cela intéresse les autres. « J'ai plus très envie d'aller en cours, ça te dérange de m'accompagner ailleurs ? » Vous en avez tous les deux besoin.
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